‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 112 sur 249 · Annah. of Vlsler, s. a · texte numérisé non relu

Annah. of Vlsler, s. a

L\ I.Kf.ENDF, DE SAINT PATRICK 67

trait qu'à la peste des années 664-tîG8 V La Vie de Patrick par ïirechân a donc été rédigée après cette date" .

La seconde des deux Vies a été rédigée par Muirchu Maccu Machlhéni^, un ecclésiastique du Leinster. Muirchu écrivait par ordre de Tévêque Aedh de Slébte en Leinster, et il lui dédia son œuvre*. Celle-ci ne peut

1. Tirechân, p. 311 : « post mortalitates noiiissimas ». Ann. of Ulst. s. a.

2. Ms.. Livre d'Armagli. Éditions utilisées : du P. Edmund Ilogan dans Documenta desanclo Palricioex Libro Armachano,Analecla Dollancliana, li. p. 35 ss. et p. 213 ss.; de Whitley Stokesdans TripartileLife. II, p. 30iss. Nos références se rapportent aux pages de cette dernière édition. — Sur la Vie cf. Hogan, introduction à son éd. ; Whitley Stokes, Tripartile Life, I, Inlr.. p. xci ; Bury, Tirechân s Meinoir on saint Patrick, Engl. flistor. flei'..avriH9Ui, et. le même, Life of saint Patrick,]). 248 ss. Il y a une étude de M. Gwynn sur Tirechân dans son édition du Livre d'Armagh, Introd., ch. m, que nous n'avons pu consulter. Mais les principaux résultats en sont mentionnés par M. Bury, op. cit., loc, cit., et p. 229 et p. 230. — Cf. aussi les ciudes surle iiyj'e d'Armagh, mentionnées plus loin.

3. Deux Mss. : Livre d'Armagh {A), où manquent quelques chapitres, et un Ms. de la Bibliolhèrpio Royale de Bruxelles {B}, complet. Dans ^ il y a une liste des chapitres (pii permet d'identifier ceux de B. — Éditions : Hogan, loc. cit., p. o^l ss., texte complété d'après les deux Mss. ; Whitley Stokes, Triparlite Life, 11, p. 269 ss., texte de A collationné avec B ; ibid.. p. 496 ss. les chapitres manquants sont réimprimés d'après l'édition Hogan. — Nos renvois sont faits à l'édition Stokes, sauf pour les chapitres qui manquent dans A. Nous renvoyons en ce qui concerne ceux-ci à l'édition Hogan et nous les indiquons : Muirchu B. — Études sur le texte et l'auteur: préfaces des éditeurs : Gwynn, op. cit., cité dans Bury, Life of -mini Patrick, pr 239 s. ; Bury, The tradition of Mtnrchu's text. dans Hermathena XXVIII ; le même, Life of saint Patrick, p. 255 ss.

4. Miirchu maceni Machthéine est nommé dans une liste d'évêques, d'abbés et de rois présents au synode de Birr en 697 :Kuno Meyer, Cdin Adamndin dans Anecdola Oxoniensia, (Mediaeval aud Modem Séries), Oxford, 1903, p. 18. — La région où il exerçait son ministère est déterminée par sa connexion avec Aedh (cf. note suivante), par l'existence d'une localité nommée Kilmurchon (Église de Muirchu) dans le comté Wicklow. Colgan, Acla >'.S, p. 463 et n. 31, enfin par le fait que son père Machthéne, dont il traduit le nom par « Cogitosus », rédigea une Vie de sainte Brigit de Kildare, patronne particulière du Leinster. Sur Cogitosus cf. Charles Graves dans Proceedings of the Roy. Ir. Acad., VIII. p. 269 ss.; lispo.silo, ifj., XXX. C„ p. .321.

Muirchu, p. 269. — Slébte, act. SIelty sur la Barrow, Queen's County, était un centre religieux de premier ordre dans le sud-ouest de l'Irlande. — Les rapports do Muirchu avec Aedh permettent d'établir avec certitude les raisons qui présidèrent à la rédaction de la

donc être postérieure à 699, date de la mort d'Acdh'.

Ces deux Vies se font suite. Celle de Muirchu suit un ordre chronologique à partir de la naissance du saint jusqu'au moment où il parvient à la cour du roi suprême d'Irlande, centre du paganisme. Patrick y remporte un triomphe définitif, couronnement logique de ses labeurs. Tirechân commence son œuvre par le récit de cet événement, et narre l'une après Tautre les tournées de mission entreprises par la suite.

Les deux Vies se complètent d'autre part au point de vue de l'extension géographique du culte de saint Patrick. Muirchu habite le Leinster. Mais il ne situe dans cette province qu'un épisode de la légende. La plus grande partie de son œuvre est remplie de traditions de TUlster oriental et central et du voisinage de Tara. Tirechân rapporte des légendes du royaume de Meath, et surtout du Connaught'. Il en connaît quelques-unes du Thomond et des parages de Kildare.

Enfin Patrick est chez Muirchu un saint dont les faits et

Vie. Aedh a été en effet un des grands artisans de l'unité ecclésiastique irlandaise. Il alla à Armagh pour se soumettre à son autorité et « offrit son église à Patrick pour toujours » (Notice de A, dans Triparlite Life, II, p. 346). Il a été au synode de Birr, en même temps que Muirchu. C'est dans le nord de l'Irlande que notre auteur alla d'autre part se documenter. La Vie de Muirchu a donc pour cause la réconciliation des églises irlandaises. Elle a pour but de faire connaître en Leinster le patron métropolitain : Bury, Life of saint Patrick, p. :26l s.

1. Chronicon Scotorum. éd. W.-M. Hennessy IRoll's Séries), London, 1866, p. H2, s. a. 696 (correction d'O'Flaherty : 699). Mais les An7i. of Ulster donnent l'an 700 comme date de la mort d'Aedh. — M. Bury. art. dans The Guardian, cité dans Life of saint Patrick, p. 256, envisage la possibilité que seul le premier livre de Muirchu ait été rédigé avant la mort d'Aedh. La solution de la question dépend de la valeur qu'on attribue à la notice finale du livre premier : « haec. Muirchu... dictante Aiduo... conscripsit ».

2. Sa tribu appartenait aux Hûi Amalgada de Connaught. Tirechân, p. 300, raconte qu'Enda, fils d'Amalgaidh. fit cadeau à saint Patrick de son fils Conall et de sa part d'héritage. « Per hoc dicuntaliiquia serui sumus Patricii usque in prœsenlem diem. »

gestes uni lieu à lu cour du roi suprême et là où étaient localisées les institutions centrales, tandis que Tirechân nous montre la place qu'il occupe dans la vie locale. Les deux faits auxquels aboutit la mission de Patrick chez Muirchu sont l'implantation du clu'islianisme à la cour du roi suprême et la fondation du siège métropolitain d'Armagh. Tirechân mène son héros d'un territoire à un autre et le montre organisant partout la vie religieuse locale.

Si nos deux auteurs se complètent ainsi, c'est qu'ils ne procèdent pas l'un de l'autre, ni d'un archétype commun.

Pour le constater il suffît de comparer les passages de Muirchu et de Tirechân qui traitent d'un même fait légendaire.

Suivant Muirchu, Patrick parvint à convertir le roi suprême. Tirechân, au contraire, affîrme que le roi s'obstina ù rester païen. 11 ne peut s'agir ni chez l'un ni chez l'autre d'une erreur dans l'interprétation d'une même source, puisque tous deux ils motivent la décision du roi^

Les acteurs et le lieu de la légende qui raconte la mort subite d'une princesse convertie, sont différents dans les deux Vies. Suivant Tirechân, il y a deux jeunes filles, F'édelm la Rousse et Ethnc la Blanche, filles du roi suprême Loegaire. La scène se passe à Gruachan, en Connaught. Chez Muirchu la princesse se nomme Monesan. Son père est un roi saxon. Le lieu n'est pas indiqué, mais il est certain qu'il n'est pas situé en Connaught".

1. Muirchu, p. 285 : « melins est me credere quam mori », dit le roi. Tirechân p. 308 : * non potuit credere {scilicet. rex) »... « Nam Neel pater meus non siniuit mihi credere, sed ut sepeliar » d'après les rites païens.

2. TlrechAn, p. 314 s. ; Muirchu li, p. 577, chapitre : « De morte Moneisen Sa.xonis3ae ». Muirchu dit que Monesan fut enterrée à l'endroit même de sa mort. Une chapelle fut construite sur sa tombe. Au temps de l'auteur on avait récemment transporté les reliques de la sainte dans une église voisine.

Vies AjsTÉRiEunES a Muirchu et Tirechan. — Celte diversité s'explique par la nature des sources où puisèrent Muirchu et Tirecliân.

Ils se réfèrent tous deux à des écrits hagio<^rnphiques antérieurs. Tirechan mentionne un hvrc qu'avait possédé l'évoque Ultan et où il trouva une partie de ses renseignements ^

Or, ces écrits constituaient une littérature déjà riche et par conséquent pleine de contradictions. Muirchu s'en plaint amèrement*, et l'étude critique du texte de nos deux auteurs démontre qu'il avait raison.

Il résulte des travaux de M. Bury que les sources de Muirchu et Tirechdn n'avaient point la forme d'une narration continue'. Tout au plus peut-on supposer cette continuité à la source où Muirchu puisa la matière de ses premiers chapitres. C'étaient des recueils d'actes*, plus ou moins chronologiquement ordonnés, et d'origines les plus diverses. On y trouvait des poésies ^ Généralement c'étaient des légendes locales. La langue de ces collections était l'irlandais.

Les notes du Livre d'Armagh dites Additainenta Fer-

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