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compte à son tour deux saisons de trois mois. Celles-ci sont subdivisées en demi-saisons de (iiiarante-cinq jours et en périodes de quai-anle jours*.
Le premier jour de chaque saison est une fête solennelle. Ce sont : Samhain^ ou Samhtnn, qui tombe le l" novembre et ouvre la période hivernale de six mois*; Beltaine, premier jour de la période correspondante d'été et qui coïncide avec le l'"*" mai 3; Lugnasad' et Oimelc, ou Imbulc'^^ fêtes qui marquent le début de l'automne et du printemps et qui sont célébrées, la première au l""" août et la seconde au l"*" février.
Les demi-saisons et les périodes de quarante jours com-
\. Suivant M. Lolh, arl. cité, l'année celtique a encore compté des mois de vingt-sept jours. Mais on n'en trouve pas trace dans l'épopée irlandaise ni dans les documents sur les fêtes ou les dates critiques des Gôidels. Pour les périodes de quarante et quarante-cinq jours cf. cidessous.
:i. Cf. Giossary ta the Calendar of Oengus the Culdee, éd. Whitley Stokes dans Tkree Irish glossaries. p. 137; cf. Fëlire Oenqusso, éd. de la Henry Bvadshaw Society, au i" novembre : cf. aussi H. d'Arbois de Jubainville, Les Assemblées publiques de l'Irlande (Extrait du Compte- Rendu de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Letlres), Paris, Picard, 1880, p. 20.
3. La fétc du 1" mai, le May Day des Anglais, porte encore le nom de Bellene en Ecosse et en Irlande, cf. The Folk-Lore Journal. Sur la date ancienne, cf. Kuno Meyer, llibernica Minora, dans Aiiecdota Oxoniensia {Mediaeval and Modem Séries, part. VIII). O.xford, 1884, p. 49. — Un autre nom de Beltaine était Cetsoman : Sanas Cormaic, édit, Kuno Meyer, p. 24, an mot Cétsamun.
4. C'est la fête actuelle de Lamnas, Lamnastide. Sur la date ancienne cf. O'Curry, On llie Manners and custonis of Ihe ancieni Ii-ish, Dublin, 1873, II, p. bSi s. et p. 547 : Joyce, A Social histoj'y of ancieni Ireland, Londres, 11)03, II, p. 380. Un autre nom de Lugnasad était Brontrogain.
0. Satias Cormaic , éd. Kuno Meyer, sub Oimelc. — Dans la Tâin Bô Càalnge les mots co laite n-imbnilc de la version du Livre de Leinster (éd. citée lignes :!J900, 31S6, 4J'j:i) sont remplacés par go taille n-earraig/i, « jusqu'au printemps » dans la version du Ms. Sloive (Windisch, Tdm, glossaire, au molimbulci et cossin celdin in n-imbulc (ibid. 1. 24T3) est dans Stowe : cossin cetàin ier b-fel Brigde (ibid., p. 345, note 9), « jusqu'à mercredi après la fôte de Brigit », c'est-à-dire, après le 1" février; Cf. Fëlire liai Gormdin, édit. Whitley Stokes, p. 28 (1" février) .
menccnt également par des fêtes. On les désigne par les noms de leurs saints patrons'.
De toutes ces fêles celles de Samhain, de Beltaine et de Lugnasad ont été les dates de grandes solennités, dès le plus ancien temps auquel les textes nous permettent de remonter. On ne sait en revanche rien sur la manière dont les païens célébraient Imbulc, qui devint plus tard la fête ecclésiastique et populaire de sainte Brigit, ni sur les autres fêtes, dont certaines sont devenues depuis d'importantes solennités chrétiennes.
Nous étudierons les trois grandes fêtes irlandaises conjointement, afin de pouvoir comparer les représentations qui leur sont attachées.
1. Ce sont d'abord, en comptant à partir de Samhain ; le 12 décembre, quarante et unième jour, la Saint-Finnian ; quarante et un jours après, le 22 janvier, lanniversaire de la mort des filles de saint Comgall. puis, après deux nouvelles périodes pareilles, la fête de saint Ciaran de Saighir, le 5 mars, et celle de saint Ruadan, ou Rodan, le 15 avril. Quarante jours après Beltaine on a la Saint-Columcille, le 9 juin, et, de même, après Lugnasad, la fête de saint Ciaran de Clonmacnois, dit mac in t-sair (fils d'artisan). Cf. Félire Oengusso, éd. de lyOb, pp. 251, 37, 80, 106. 139, 193. Les fêtes de demi-saison sont : la Sainl-l'atrick, fixée au 17 mars dans les Martyrologes, mais dont Tirechân, p. 333, dit expressément quelle doit être célébrée in medio neris et pendant trois jours, c'est-à-dire du 15 au 17; la Saint-Moling, qui tombe au 17 juin [Félire. p. 141) et la fête de saint Coeman Brecc, le 14 septembre (ibid., p. 194). — L'importance de ces fêtes ressort d'abord de ce qu'elles sont placées sous l'invocation des plus grands saints irlandais, dont plusieurs, les saints Finnian, Columcille, Ciaran, Comgall. Ruadan, sont nommés entre les « douze apôtres de l'Irlande » (Félire, Notationes, p. 168 et Prologue, vers 181 ss., p. 25) et autour desquels la floraison légendaire est la plus touffue. De plus ce sont des fêles non seulement ecclésiastiques, mais populaires, dans les rites desquelles on relève des survivances du paganisme (cf. à ce sujet Wood-Martin, Traces of elder faiths in Ireland, Index, aux noms des saints en question). Saint Molingestle patron de Luachra Dedad, un lieu d'assemblée périodique païenne des plus importantes dans le sud de l'Ile. (Cf. plus loin, chap. IV.) Enfin certaines de ces fêtes sont la date de mythes païens. C'est à la Saint-Columcille que finit la bataille entre les Tùatha Dé Danann et les Fir-Bolg (elle commença le premier jour de la sixième semaine après Beltaine et dura quatre jours). Une autre bataille a eu lieu à la Saint-Finnian, bataille qui est le sujet d'un récit, Cath Almaine, dont le caractère de mythe festival sera démontré plus loin, p. 127 ss. Pour la Saint-Patrick, voir ci-dessous.
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Caractère géiséral des assemblées de fête en Irlande. — Les fôtes sont en Irlande roccasion de grandes assemblées populaires, qui concentrent, pour ainsi dire, toutes les manifestations de la vie sociale'.
EUles sont d'abord de grandes solennités religieuses^.
C'est aux assemblées de fôte qu'ont lieu les foires et les échanges. La vie économique y atteint son maximum d'intensité*.
On y conclut aussi des mariages, en particulier des mariages temporaires, pour un an'.
Les assemblées sont encore le moment où les litiges sont soumis à l'arbitrage des brethemain^ les juristes de profession. C'est pendant ces réunions qu'on modifie les lois anciennes et qu'on en édicté de nouvelles. On y procède de même au règlement de toutes les questions politiques'.
Enfin les fêtes donnent lieu, comme de raison, à de grandes réjouissances publiques, parmi lesquelles les auditions des poètes et des musiciens*, les banquets et les jeux athlétiques tiennent le plus de place,
Une trêve marque le temps de la fête. Il est interdit de s'y rendre en armes \
La participation à l'assemblée festivale est obligatoire.