PRÉFACE XXIX
OÙ il s'est borné. Mais nous avons tenu à montrer à la fuis la valeur et la généralité des inductions où peut acheminer l'analyse d'un fait même très particulier. L'analyse des faits particuliers discerne dans leurs éléments des faits générau.x. M. Czarnowski a conduit la sienne de telle sorte que l'histoire de saint Patrick, héros chrétien et national de l'Irlande, donne l'idée de rapports généraux existant entre les héros et les structures sociales, entre la hiérarchie des héros et la hiérarchie de ces structures. Ce ne sont pas seulement des faits importants, mais des faits nouveaux. C'est le terme de l'analyse et il s'arrête là, car son étude est purement analytique, au seuil de l'étude comparative à laquelle il faut nécessairement recourir pour généraliser les conclusions et fournir la preuve. Xous venons de montrer en quoi cette étude pourrait consister.
Mais pourquoi ce grand détour d'analyse? Fallait-il prendre un saint comme type de héros national, pour aboutir à des conclusions dont le principal intérêt est qu'elles peuvent valoir pour l'ensemble des héros ? Mais le cas normal n'est pas toujours le plus instructif. Ici le détour était bon, sinon nécessaire. Ane vouloir choisir qu'un champ d'observations, la Grèce, l'Inde et la Chine mises à part, la société celtique offrait peut-être le meilleur'. En Irlande, les héros prévalent sur les dieux, un peu crépuscu-
1. L'importance du culte des héros chez les Celtes avait été observée par les anciens; c'est ce qu'indique, semble-t-il, ce passage de Tertulien, de Anima, 57 : Nasamonas propria oracula apud parentum sepulcra.... captare... Celtas apud virorum fortium busta eadem de causa obnoctare ut Nicander afflrmat.