Roscher. Lexikon, I, col
6. Dans un concours organisé il y a quelques années par un jour*
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comme Glirislophc (Colomb, des explorateurs comme Livinostone. Tout le monde connaît les Iutos de l'amour parfait, Héloïse et Abélard, Roméo et Juliette dont les tombeaux hypothétiques sont un but de pieux pèlerinages'. Il n'y a pas jusqu'aux vices et aux crimes qui n'aient trouvé des personnifications héroïques. Cartouche et, plus récemment, le bandit italien Musolino ont été glorifiés par la légende, le roman populaire, parfois même par de grands poètes. C'est que l'aptitude à faire le mal, lorsqu'elle atteint la perfection, excite l'admiration à l'égal de la vertu. Elle représente aussi bien une catégorie de valeurs que la prédisposition au bien. D'autre part, tous ceux qui ont à se plaindre de l'ordre établi sont enclins à voir dans les criminels des révoltés, des champions de leur cause, des redresseurs de torts. Ce sont ces justiciers que l'imagination populaire célèbre dans Robin Hood et Schiller dans ses Brigands.
Le héros est un témoin et un champion. — Mais la plus grande perfection ne suffît pas à elle seule à l'acquisition du titre de héros.
Le héros est avant tout le représentant, le témoin et partant \e .champion de l'ordre d'êtres ou de choses dont il incarne la valeur par définition.
Un exemple topique est le martyr chrétien. Il est le témoin, jj-àoT-jp, de la foi. On ne le vénère pas seulement comme modèle des vertus exigées d'un parfait fidèle. Il est glorifié surtout parce qu'il est un homme qui a prouvé son attachement à la religion chrétienne et par cela même a
Tial de Paris et dans lequel il s'agissait de nommer les plus grands hommes du xix» siècle, Pasteur obtint la première place sur la liste à l'immense majorité des votants.
\. La ville de Vérone vient d'acheter la « maison de Juliette » comme monument de cette héroïne.
rendu un lômoignage éclatant de la foi qui anime sa communauté. Celle-ci a désormais de qui se réclamer.
L'exemple du martyr concourt au triomphe prochain du Rovaume de Dieu. Sa mort est une victoire de l'esprit éclairé par la Foi sur la faiblesse de la chair'. II est un champion qui démontre |)ar le fait la valeur de la religion nouvelle.
Les personnages de la fiction épique et dramatique euxmêmes ne sont des héros que dans la mesure où par leurs luttes et leurs souffrances ils sont les témoins d'une idée ou d'une passion. C'est à ce titre que Dante nomme Tristan, Paris, Paolo et Francesca parmi la foule de ceux qui sont damnés pour avoir trop aimé "^ Les preux de Charlemagne ont affirmé par leurs exploits la gloire de la chevalerie. Toute une classe de caractères humains est résumée dans Otello ou lago, dans le roi Lear ou le père Goriot.
En somme le rapport entre le héros et la valeur qu'il représente est comparable à celui qui existe chez Platon entre l'essence des choses et leur représentation phénoménale. Le héros réalise la valeur et, en même temps, il en fait la preuve. 11 est, pourrait-on dire, une valeur active.
Reconnaissance sociale du héros. — La valeur en question est une valeur sociale. Le héros est le représentant d'un groupe ou d'une chose sociale.
Ainsi les héros des sociétés à base familiale sont des ancêtres. A Athènes, par exemple, chaque o-A-r^ avait la statue de son ancêtre sur la place publique. On proclamait devant ces statues les noms des membres des cpuXai qui avaient bien mérité de la patrie ou bien qui s'étaient cou-
1. Cf. l'analyse de la notion du martyr gloriCé dans Lucius, op. cil., p. aO ss.