Cf. Herodot., II
APPENDICE II
dans dos considérations de jeûne, on méconnaît les idées religieuses de l’antiquité, et surtout celle qui a rapport au caractère sacré des animaux, qui leur venait de leur consécration à une divinité dont ils reflétaient le caractère. Le porc était un animal sacré ; et, comme il était consacré à une puissance infernale, il fut l’objet d’une religieuse terreur, qui n’avait pas complètement disparu chez les Juifs d’une époque moins reculée1 2. Le caractère sacré du porc dans les religions syro-phéniciennes est indiqué dans Lucien : « Le porc est à leurs yeux un objet d’horreur; ils ne l’offrent pas en sacrifice et ne mangent pas sa chair. Toutefois, quelques-uns prétendent que c’est un animal sacré. » Les deux opinions semblent contradictoires ; mais on les retrouve également au sujet d’autres animaux sacrés, comme par exemple les colombes et les poissons de la Déesse syrienne, et elles sont aussi notées dans la quœstio 5 du Suputoataxov de Plutarque : « utrum suem venerantes Judæi, aut potins aversantes, carne eius abstineant ? » Les Crétois considéraient aussi le porc comme un animal sacré, ce qui s’explique aisément par la domination phénicienne dans cette île’. En Cypre, les porcs étaient consacrés à Aphrodite; ils ne devaient point manger d’immondices, alors qu’au contraire on y contraignait les bœufs à certaines époques; on les nourrissait avec des figues3. Quand on dit que les Phéniciens, les Syriens, les Cypriens et les Egyptiens s’abstenaient de manger la chair du porc, il faut faire une restriction ; en effet, à des époques déterminées, on sacrifiait des