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Nous avons obtenu deux séries de documents : les graphiques et les données numériques lirées des graphiques ; nous allons les analyser successivement.
Les graphiques permettent de constater:
1° Des différences considérables et individuelles dans la forme des poumons et du cœur.
0 La mobilité et les déplacements du cœur dans les mouvements respiratoires.
3° Les rapports entre le mamelon, la pointe palpée et la pointe vue. |
Les variations du champ pulmonaire défient tout schéma; nous n'insisterons cependant pas sur ce point étranger au sujet et, si nous envisageons l'aire pulmonaire, ce sera dans ses rapports avec l'aire cardiaque.
Le cœur échappe également à une description d'ensemble; les données chiffrées qui donnent l'aire vraie È expriment brutalement le fait. Mais 1l y a plus : à aire égale, deux cœurs peuvent ne pas être semblables; el c'est ainsi qu'en sériant nos fiches nous avons ramené les diverses formes à trois grandes classes : cœurs ver licaux, cœurs obliques, cœurs transversaux.
Les cœurs verticaux, dont nous donnons quelques types (fig. 9, 10 et 11), constituent environ 1/12 de nos observations; cesont les n°%%2, 10,jf1 16,49; 4x,#53; 67, elc., et, chose curieuse, ils s’allient presque toujours à des aires pulmonaires élancées, dont la largeur moyenne est très sensiblement inférieure à la hauteur maxima; cette différence dépasse toujours 5 centimètres: elle peut attemdre jusqu'à 9 centimètres (n° 2).
Les cœurs transversaux sont plus nombreux, environ 3/12 de la statistique; ils sont franchement çou-
chés sur le diaphragme: les figures 12, 13, 14 sont les meilleurs exemples; ils correspondent à des thorax larges, peu élevés (v. n°° 6, 25, 28, 31, 42, 45, 55, 59, 65770; 62,84):
Entre ces deux formes extrêmes, nous avons une grande quantité de cœurs obliques, qui forment la majorité de nos observations 8/12 (v. fig. 4, 6,7, 8).
Ilest bien évident que si ces trois formes de cœurs font de l’hypertrophie, celle-ci se manifestera diversement. Tandis que, dans le cœur vertical, l’hypertrophie tendra presque certainement à projeter la pointe ‘en bas, par exagéralion concentrique de l'organe, dans le cœur transversal la pointe gagnera plus rapidement l’aisselle et s'abaissera moins qu’elle ne s'étalera ; ce n’est là évidemment qu'une hypothèse, que l'étude des tracés pathologiques éclairera certainement.
Une autre conséquence du simple examen de nos schémas est de nous renseigner sur la position de l’oreillette droite. Chez un certain nombre de sujets normaux, en particulier chez ceux qui présentent des cœurs transversaux, l'oreillette projette une ombre importante, convexe, pouvant dépasser l'ombre vertébrale, quelquefois de plusieurs centimètres. Cette notion. de topographie cardiaque a bien son importance : Mlle Lischnewsky, s'appuyant sur des données anatomiques el surtout radiographiques, a certainement exagéré, en affirmant « qu'à l’état normal, l'oreillette droite est cachée par la colonne vertébrale et n’est abordable par la percussion dorsale qu'à l’état de distension »; Friedreich avait vu bien plus juste :
« L'oreillette droite est, à l’exception de la pointe de
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o mamelon.
hointe du cœur à Ghalhalion .
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son auricule cardiaque, située tout entière dans la moitié droite du thorax, de telle sorte que ses deux tiers sont situés en dehors du bord droit du sternum..…. La limite supérieure de l'oreillette correspond à la moitié de l'extrémité antérieure du 2°. espace intercostal droit, son bord externe (bord cardiaque droit) part de ce point, situé à environ 2 centimètres du bord sternal droit et descend, en décrivant une ligne légèrement convexe en dehors, jusqu’à l'extrémité sternale du 5° cartilage costal droit, où il se termine et rencontre le ventricule droit ». Et, à l'heure actuelle, de ce que l'oreillette droite déborde de quelques centimètres le sternum, il ne semble pas que l’on soit en droit d’en conclure forcément qu'il y a dilatation de cette cavité cardiaque.
En dehors de la forme considérée en soi, nous avons à étudier les changements physiologiques de la forme. Il est assez difficile d'apprécier les changements dus a la systole ou à la diastole; cependant on arrive à voir que, dans la systole, le cœur devient plus globuleux, moins large, moins étalé que dans la diastole. Nous avons pris quelques tracés pendant l'expérience de Valsalva, et trouvé un léger agrandissement de l'ombre gauche vers la base, par suite de la stagnation du sang dans l'artère pulmonaire ; ce fait, déjà constaté par Grunmach, associé aux variations de forme et à l'ombre portée par l'oreillette droite, nous montre qu'il sera réellement possible d'éclairer la pathologie cardiaque ; en sériant les schémas concernant les diverses affections, on pourra avoir des types de déformation du cœur normal.
Le cœur ne change pas seulement de forme, 1] change encore de position suivant différents facteurs : et tout d'abord suivant l'attitude. Dans la posilion-horizontale du sujet, la partie gauche du cœur bascule en arrière sous l'influence de son propre poids, en pivotant probablement autour d'un axe constitué par son pédicule vasculaire et ses attaches diaphragmaliques; si bien qu’on a en projection un plus grand diamètre du cœur ; nous avons vérifié ce fat signalé par Grunmach. Cet auteur a montré en outre que, dans les hypertrophies, en particulier dans les hypertrophies du cœur gauche, on avait une diminution du grand diamètre du cœur dans la position horizontale, par accentuation du mouvement de bascule que nous invoquons. Il ne faut donc pas s'élonner des résultats négaufs de Moritz observant des dilatations aiguës du cœur à la suite de surmenage ou d'absorption d'une grande quantité d’alcool: ce professeur examinait ses sujets dans la position horizontale ; 1l est probable que ces résultats seront bientôt infirmés, si l’on opère dans la position verticale. Cette mobilité du cœur dans le sens antéro-postérieur est un fait très important au point de vue chirurgical: il indique en effet qu'il vaudrait.peut-être mieux opérer les plaies du cœur ou les péricardites dans la posihion assise que dans la position couchée. C'est peut-être là l'explication des difficultés opératoires rencontrées dans les péricardotomies par MM. Vallas et A. Pollosson, qui, ouvrant délibérément la cage thoracique et trompés par les pleurésies médiastines qui accompagnent si souvent les péricardites, crurent avoir ouvert le sac, alors qu'ils en avaient fait le tour. Cette mobilité de
l'organe n’est certes pas nouvelle : elle a été déjà affirmée par l'histoire des dextrocardies acquises ou par les sinistrocardies dues soit aux épanchements considérables, soit au contraire au retrait consécutif à des pleurésies.
Mas le fait le plus intéressant dans les changements de position du cœur nous est fourni par la physiologie respiratoire. Suivant que le sujet est pris en apnéé, en inspiration forcée ou en ‘expiration forcée, on voit que la pointe du cœur se déplace soit en haut, soit en bas dans des limites considérables, si bien que, frappé depuis longtemps de ce fait, M. Destot, exagérant sa pensée à dessein, avait comparé le cœur à un battant de cloche. S1 l’on a soin de prendre trois tracés successifs chez le même sujel,sain, à jeun et de bout, on voit que l'oscillaüon du cœur autour de sa position indifférente est à peu près égale : l'excursion inspiratoire est équivalente à l'exeursion expiratoire, el peut aller jusqu'à 4 et 5 cenümètres. On peut se demander si le déplacement inscrit est réel ou seulement apparent; les index de plomb marquant le mamelon et la pointe palpée permettent de conclure que les mouvements sont bien réels : les index s’éloignent du cœur dans l’inspiration et sont cachés par son ombre dans l'expiration.
À cette règle générale il faut apporter beaucoup de tempérament. Elle s'applique surtout aux cœurs obliques; dans les cœurs verticaux, l'expiration fait bien remonter la pointe du cœur, mais l'inspiration n'agil pas de la même façon : le tracé indique surtout que la pointe revient sur la ligne médiane et la courbe de la pointe est inscrite dans la courbe de l'apnée ; 1l semble