‹ Le Cœur à l'État Normal étude de Radioscopie OrthogonaleChapitre 8 sur 16 · SES APPLICATIONS · texte numérisé non relu

SES APPLICATIONS

L'intérêt majeur qui s’attachait à l’évalution exacte de l'aire cardiaque a été bien compris de l’école allemande. Moritz, à l’aide de son orthodiagraphe qui oblige le patient à occuper une position horizontale, a montré que les variations que subissait le cœur dans les différents états physiologiques sous l'influence d’un bain ,d’ingestion d'alcool, d'intoxication, de surmenage, n’élaient pas appréciables.

Des recherches récentes de Grunmach, il résulte qu'il faut adopter la position verticale pour l'examen des sujets sains ; que les tracés radioscopiques sont moins nets et légèrement différents lorsque le sujet tourne le dos à l'observateur; le cœur étant plus près de de la paroi antérieure, il est préférable d’exécuter les graphiques, en obligeant le sujet à appuyer le sternum contre le bloc de feuilles. Les tracés obtenus soit pendant l'expérience de Valsalva, soit pendant l'expérience de Müller (qui consiste à prendre le tracé pendant l’expiralion forcée) n’offrent qu'un intérêt médiocre ; celle de Valsalva est même dangereuse pour les cardiaques el c'est chez eux qu'elle serait utile à pratiquer. y

À une méthode nouvelle il faut fatalement constituer des bases et des fondements nouveaux; avant de juger de l'hypertrophie, il fallait établir d’une façon

DT

rigoureuse la valeur de l’aire cardiaque chez les individus sains, el nous nous sommes proposé celle quesüon en la limitant autant que possible à une même catégorie de faits bien étudiés. Chez les sujets sains, peut-on établir une aire cardiaque moyenne par la radioscopie? quels sont les facteurs qui peuvent faire varier en plus el en moins cette valeur moyenne? estl possible d'établir une base d'appréciation dn volume du cœur à laquelle on puisse rapporter les données pathologiques soit de dilatation soit de l'hypertrophie de l'organe ? quels sont les rapports entre les données cliniques et les données radioscopiques ?

Ce sujet comporterait des développements tels et des expériences si nombreuses que nous avons dû nous borner à indiquer les résultats portant sur 87 sujets adul- Les de vingt à vingt-trois ans, tous élèves de l'Ecole du Service de santé militaire de Lyon, presque tous de la même promotion, appartenant à la même classe sociale, ayant presque tous été soumis aux mêmes conditions d'hygiène et de développement, contrôlés par deux Conseils de revision en moins d’une année, le dernier, particulièrement sérieux, n'ayant précédé nos expériences que de quelques jours; en somme, tous sujels reconnus sains el aptes au service.

Chez chacun d’eux nous avons fait l'examen radioscopique orthogonal avec l'appareil de M. Destot ; pour avoir des expériences essentiellement comparables, même dans les détails, nous avons opéré aux mêmes heures. Chaque sujet était debout, en apnée, le mamelon et la pointe palpée préalablement marqués avec des index de plomb. Nous avons inscrit la projection

des deux poumons, des deux clavicules, du contour du cœur, du mamelon et de la pointe palpée; nous avons noté le contour de la pointe en inspiration forcée el en expiration forcée Enfin, sur nos fiches de réduction, nous avons inscrit les données suivantes :

19 Le poids: 2 La taille : T. 3° Le périmètre thoracique moyen =. 4° Le périmètre thoracique maximum en inspiration &;. d° La hauteur de la fourchette sternale à l'épigastre : H4. 6 La profondeur mesurée avec le thoracomètre d'Ollier du mulieu de H{ au point correspondant de la colonne vertébrale Pr. 7° La hauteur pulmonaire radioscopique maxima H,,. 8° La largeur pulmonaire radioscopique prise au milieu de M. ; L,. 9° Le diamètre transversal maximum du cœur: L,. 10° La hauteur du cœur: H, ; cette donnée arbitraire est la distance verticale comprise entre le point le plus bas où le cœur vient affleurer la courbe diaphragmatique et le point du bord gauche de la silhouette où l’on voit la courbe ventriculaire s'infléchir, 11° L'airel.cardiaquèapproché se Hé 12° L’are cardiaque vraie: X; il est très difficile de fixer la limite supérieure à laquelle on doit s'arrèter pour obtenir la imite supérieure du cœur. Si l'on prend des points de repère cutanés ou osseux, ceux-ci varient avec les sujets et n'ont point de rapports fixes avec le cœur, puisque celui-ci est mobile. Avec un grand écran on pourrait chercher les limites d'ondulation : mais elles sont presque insaisissables. Pourtant il est possible, en suivant le bord gauche du cœur, d'arriver à trouver un point qui correspond au hile des vaisseaux ; la différence d’inclinaison de l'aorte par rap-

FAN LR port aux ventricules permet assez facilement d'arriver à préciser ce point. Il n’en est pas de même à droite, où il n'existe aucun point de repère précis : 1l est difficile d'étabhr une limite entre l'oreillette droite et le hile des vaisseaux, puisque celle-ci déborde le point d’implantation vasculaire; de plus, chez certains sujets, le bord droit n'émerge pas à droite du sternum et, lombre de cet os, combinée avec l'ombre de la colonne vertébrale rend encore la recherche du point droit pleine de difficultés. Aussi doit-on arriver falalement à une donnée arbitraire et c’est pour cette raison que nous regardons comme limite supérieure du cœur une ligne horizontale qui passe par le point gauche précédemment défini; aller au dela comme précision nous semble actuellement impossible. L’appréciation numérique de l'aire du cœur est facile grâce au papier quadrillé au millimètre carré, qui a un autre avantage, celui de fournir toutes les ordonnées et abcisses nécessares pour établir les schémas de réduction.

Les résultats de nos recherchès ont été présentés par M. Destot à la Société médicale des hôpitaux de Lyon le 7 novembre 1902 et à la Société nationale de médecine de Lyon le 19 novembre 1902. Nous les exposons ici plus amplement.

Dans le tableau général qui suit, nous avons indiqué dans la première colonne les aires cardiaques par ordre croissant et toutes nos données numériques sont ainsi ordonnées par rapport à 2; nous n’avons pas fail figurer les tracés de courbes car, en général, elles présentent de trop grandes oscillations et n’offrent pas beaucoup plus d'avantages qu'une succession de chiffres,

Page 1