SCÈNE III ROSE, DANIEL
DANIEL
Alors Adolphe avait fait allusion à cela au téléphone ce matin ?
ROSE
Oui, vaguement.
DANIEL
Pourquoi ne m'en avais-tu rien dit î
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ROSE
Je craignais de t'agacer ; et je n'avais pas l'idée que maman viendrait.
Au fond, cela ne m'étonne pas. Il y a là un préjugé à peu près universel, et ce que j'admire, c'est seulement que tu en sois à tel point exempte.
ROSE
Voilà un compliment qui ne me fait qii'à moitié plaisir. Depuis le temps, ce serait malheureux si je ne m'en étais pas affranchie. Oh I il ne faut pas croire qu'au début je n'en aie pas un peu souffert.
DANIEL
Tu ne me l'as jamais dit.
ROSE
Enfin, tu t'en es bien douté... Quand j'ai retrouvé dans « les Apprêts » un mot que je t'avais dit... sur l'oreiller, cela ne m'a pas été très agréable. D'autant que tu le plaçais dans la bouche d'une personne assez peu recommandable. Et puis après, c'est justement là ce qui m'a aidée à triompher de ce malaise. D'ailleurs j'ai vu peu à peu que tu ne t'épargnais pas plus que moi. Dans «les Apprêts» par exemple... alors naturellement... Mais enfin là encore j'ai eu une gêne à surmonter.
DANIEL
Tout cela est très naturel, en somme.