‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 18 sur 77 · SCÈNE III ROSE, DANIEL · texte numérisé non relu

SCÈNE III ROSE, DANIEL

DANIEL

Alors Adolphe avait fait allusion à cela au téléphone ce matin ?

ROSE

Oui, vaguement.

DANIEL

Pourquoi ne m'en avais-tu rien dit î

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ROSE

Je craignais de t'agacer ; et je n'avais pas l'idée que maman viendrait.

Au fond, cela ne m'étonne pas. Il y a là un préjugé à peu près universel, et ce que j'admire, c'est seulement que tu en sois à tel point exempte.

ROSE

Voilà un compliment qui ne me fait qii'à moitié plaisir. Depuis le temps, ce serait malheureux si je ne m'en étais pas affranchie. Oh I il ne faut pas croire qu'au début je n'en aie pas un peu souffert.

DANIEL

Tu ne me l'as jamais dit.

ROSE

Enfin, tu t'en es bien douté... Quand j'ai retrouvé dans « les Apprêts » un mot que je t'avais dit... sur l'oreiller, cela ne m'a pas été très agréable. D'autant que tu le plaçais dans la bouche d'une personne assez peu recommandable. Et puis après, c'est justement là ce qui m'a aidée à triompher de ce malaise. D'ailleurs j'ai vu peu à peu que tu ne t'épargnais pas plus que moi. Dans «les Apprêts» par exemple... alors naturellement... Mais enfin là encore j'ai eu une gêne à surmonter.

DANIEL

Tout cela est très naturel, en somme.

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