ROSE JEAN
Ce n'est pas
une
raison.
ROSE, d'une voix tremblante
Il n'y a rien contre toi dans la pièce de ton père.
JEAN
D'ailleurs il n'est pas question de moi, paraît-il, et c'est vrai que moi je ne prends pas comme Gilbert des leçons de chant en cachette.
ROSE
Eh bien, justement, puisque Gilbert ne te ressemble pas...
JEAN
C'est asîsez dommage que je n'aie pas sa délicatesse, hein ?
ROSE
Tu n'as donc pas de sujet d'amertume ?
Oh ! mais Gilbert, c'est moi quand même. Si je n'existais pas. Et toi... Il y a même sur celle qu'il
appelle Thérèse des détails qui m'ont fait te reconnaître.
ROSE
Moi ?
JEAN
Oui,toi,j'ensuissûr...Etjesais maintenant comment les choses se sont passées autrefois. Vous étiez comme Maurice et Thérèse ; vous n'aviez pas d'enfants, et comme Thérèse, c'est toi qui as insisté... Je n'ai plus besoin qu'on me donne d'explication à présent.
ROSE
Peux-tu supposer que ton père ait vraiment calqué sa pièce sur la réalité ?
JEAN
Quoi, alors c'est un mélange ? Il y a une partie qui -est vraie et le reste est inventé ? Quand tu lis, tu peux te dire : « Ceci c'est un mot de moi... non, ça, c'est ajouté... »
ROSE
Voyons, mon petit, il faudrait tout de même te rendre compte. Créer, ce n'est pas combiner du vrai avec du faux.
JEAN
Moi, il m'a changé parce que je n'aurais pas bien fait à la scène. Je manque de chic.