ACTE TROISIÈME, SCÈNE III
tente. Le plus beau rôle peut-être, mais rien qu'un rôle. (Brusquement) Toi, est-ce que tu crois que tu as joué un rôle dans ma vie ? Non, et sais-tu pourquoi ?
DANIEL
Mais...
ROSE
Tout simplement parce que je t'ai aimé. (Eue éclate en
sanglots)
DANIEL, allant à elle
Mon cher trésor, est-ce que je ne t'aime pas, moi ?
Voyons...
rose *
Ah ! je connais : « Sans toi... » Ne recommençons pas, je t'en supplie...
DANIEL, la caressant
Mais enfin que s'est-il passé ?... cette pièce, c'est avec ton consentement que je l'ai écrite.
ROSE
M'aurais-tu pardonné de te l'avoir refusé ?
DANIEL C'est une autre question. (Rose a un rire douloureux)
Du moment où tu me l'as accordé...
ROSE
Évidemment, c'est très logique, seulement...
DANIEL
Maintenant laisse-moi te dire que toi qui parles sans cesse de tendresse, de sollicitude...
ROSE
Sans cesse ! Oh Daniel !...
Trouves-tu très charitable de me causer cette grande peine en un pareil moment ?
ROSE
C'est vrai, je te gâte ton bonheur, je sors de mes • attributions. Pardon !
DANIEL
Peux-tu croire que la vue de ton désarroi ne me bouleverse pas ?
ROSE
< Ce n'est pas du désarroi, tu te trompes. Pour la première fois, je vois les choses comme elles sont. Hein ! si une fois moi aussi j'émettais une volonté... ce serait inattendu, avoue.
DANIEL, comme s* il reculait devant la menace, et avec un effort pour
garder son sang-froid
Est-ce que c'est en voyant ma pièce à la scène, que tu as été prise de cette espèce de révolte ? (Un silence) Est-ce que c'est cela ?... A la générale, tu étais très