‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 69 sur 77 · SCÈNE V ROSE, JEAN · texte numérisé non relu

SCÈNE V ROSE, JEAN

JEAN

C'était chic, l'autre jour, de te voir arriver. Je n'y comptais pas, tu sais.

ROSE

C'était pourtant assez naturel» Mais dis-moi, mon petit Jean, il m'est venu une idée à l'instant... J'espère bien que je me trompe... tu n'as pas été dire à ce Râblé que l'auteur de la pièce était ton père ?

JEAN, gêné

Mais pourquoi est-ce que tu me demandes ça brusquement ?

ROSE

C'est une crainte qui m'est venue, à l'instant, quand tu as parlé de lui.

JEAN

Tu comprends > Râblé a toujours été si épatant avec moi...

n6 LE CŒUR DES AUTRES

ROSE

Alors, tu le lui as dit ?

JEAN

Sans lui, j'aurais passé de sales moments à Saint- Louis.

ROSE

Ce n'était pas une raison, Jean.

JEAN

Un jour il m'a dit : « C'est drôle comme tu lui ressembles à ton parrain, il est donc de ta famille ? » J'ai eu peur de m'embrouiller, si je mentais, et puis il m'a semblé que ce ne serait pas chic de lui refuser cette preuve de confiance, quand lui me dit toujours tout.

Ce secret n'était pas le tien : du moins pas uniquement.

JEAN

N'est-ce pas, Râblé est plus qu'un copain pour moi, c'est un ami.

ROSE

Il aurait suffi d'un peu de volonté pour m'épargner cette impression pénible.

JEAN

A toi ?... (Un silence) Avec cela, il est fou de théâtre, il passait son temps à me parler de papa (Rose a un mouvement), de sa nouvelle pièce.

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