‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 73 sur 77 · ACTE TROISIÈME, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME, SCÈNE V

JEAN

Tu vois, j'aurais mieux fait de ne rien te dire ; pourquoi as-tu insisté de cette façon-là ?

ROSE

Ce qui est triste pour moi, là-dedans... (elle s'arrête)

JEAN

Quoi ?

ROSE

J'avais pensé... non, rien...

JEAN

Je n'aime pas quand tu as cet air-là.

ROSE

Je regrette bien.

JEAN

Tu m'en veux, hein ?

ROSE

Je ne crois pas. Tu es comme tu peux.

JEAN

Je ne ressemble pas assez à Gilbert, hein ?

Ne me parle pas de Gilbert, veux-tu ? (Avec K e/fort) Je m'étais un peu trompée sur tes sentiments. Je croyais que tu avais eu un vrai chagrin, à propos de cette pièce, et même que cela durait peut-être encore. J'exagérais.

Tant mieux, au fond. Je craignais aussi que cette vie d'internat ne te déplût beaucoup. Je cherchais ce que je pourrais faire pour toi. Là encore, je me tourmentais sans motif. Encore une fois, tout cela est très heureux. Seulement alors, une idée qui m'avait traversé l'esprit perd sa raison d'être. Ne me demande pas ce que c'est, va, ce n'est pas la peine.

JEAN

Mais si, qu'est-ce que c'est ?

ROSE

C'était pour l'an prochain, justement. Mais à présent que je connais tes plans...

JEAN

L'important c'est que tu ne m'en veuilles pas.

ROSE

Il ne faut pas répéter cela tout le temps, Jean.

JEAN

Moi, n'est-ce pas, je n'ai que toi...

ROSE, avec une ironie grave

Non, mon petit, heureusement, ce n'est pas vrai... Tu as Râblé, tu auras bientôt... Rita... il faut l'espérer... et puis tous ces concours en perspective, cela occupe l'âme, tout cela.

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