ACTE TROISIÈME, SCÈNE V
JEAN
Oui, c'est une proposition qu'il m'a faite... Mais ce n'est pas des choses à dire à sa mère.
Je ne suis pas ta mère, Jean.
JEAN
Oh ! si... bien assez, en tous cas, pour que je n'aille pas te raconter cela.
ROSE
Tu crains que je ne sois choquée ?
JEAN
Je ïie sais pas, mais enfin...
ROSE
Il faut avoir plus de confiance en moi, mon petit.
JEAN
Du reste ce n'est pas difficile à deviner.
ROSE
Je n'ai aucune imagination.
JEAN
Ça... Eh bien ! Râblé a une petite amie, à laquelle il doit me présenter un de ces jours, peut-être demain, et elle a une sœur qui a un an de moins qu'elle et qui est très gentille aussi, à ce qu'il paraît.
ROSE
Ah !
JEAN
L'an prochain, tu comprends, je compte bûcher ferme, alors il me faudra bien quelques petites compensations. Râblé dit même que c'est nécessaire pour la santé...
ROSE
Tu as déjà des projets extrêmement précis pour l'an prochain, je vois, il ne faudrait pas les contrecarrer.
JEAN, naïvement
C'est vrai, je n'aime pas l'imprévu.
ROSE
Je suis heureuse de le savoir à temps.
JEAN
Seulement, encore faut-il que Ri ta me plaise, sans cela, il n'y a rien de fait.
ROSE
Elle s'appelle Rita ?.
JEAN
Oui.. Tu as l'air fâchée.
ROSE
Un peu écœurée, tout au plus. J'aurais souhaité pour toi une jeunesse propre...