ACTE TROISIÈME, SCÈNE VI
DANIEL, suivant toujours sa pensée
Naturellement, il y a une promesse que je ne peux pas te faire. Dans tout ce que j'écrirai, tu comprends, il y aura toujours un peu de ma vie, c'est-à-dire de la nôtre... (Mouvement de Rose). Quant à renoncer à créer, tu sais bien qu'en un sens je n'en aurais même pas le droit ; d'ailleurs tu ne te pardonnerais pas de m'y avoir contraint. Maintenant retirer « l'Enfant Taciturne », c'est matériellement impossible, je t'ai expliqué pourquoi. Il serait question que je le donne pour une tournée. Si tu y tenais absolument... enfin ce serait à voir.
ROSE
Merci, mon chéri, me voilà au moins fixée sur l'étendue des concessions que tu es disposé à me faire. Je craignais qu'elles ne fussent excessives. Je suis rassurée, je te le répète... Et puis ne me dis-tu pas que c'est presque pour moi que tu refuses de faire ce que je te demandais ? ,
DANIEL
Pour nous deux.
(Un silence, )
Il se trouve d'ailleurs... enfin tu peux voir que je suis devenue beaucoup plus raisonnable.
DANIEL
Je n'attendais pas moins de ton admirable bon sens.
ROSE
Alors, tu crois que tu as compris ?
DANIEL Tu a$ réfléchi. (Il a un geste qui signifie : c'est tout simple).
ROSE
Ce n'est pas tout à fait cela. C'est encore une fois quelque chose que j'ai vu. >
DANIEL
Tiens !
ROSE
Tout à l'heure avec Jean...
DANIEL
Ah! oui, Jean... Et alors ?
ROSE
Je n'ai pas de détails à te donner.
DANIEL
Je suppose que je devine...
Je ne crois pas.
DANIEL
C'était à prévoir... Je t'ai toujours dit que c'était un médiocre.
ROSE, avec véhémence
Que m'importait son intelligence... Les hommes trop