‹ Le Cœur des ObèsesChapitre 9 sur 18 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Nous avons étudié 15 malades.

Leurs âges se décomposent de la facon suivante :

Nous trouvons 1 sujet dans la 3e décade, 2 dans la 4€ décade, 4 dans la 5° décade, 6 dans la 6€ décade et 2 dans la 7€ décade. Les 5e et 6° décades réunissent donc à elles seules 10 cas sur 15. Nous nous sommes trouvés en présence de 10 femmes peur o hommes. Leurs poids sont variables, mais nous prenons comme minimum un excès de 1% sur le poids normal. Ils sont venus consulter pour des troubles divers. Mais tous se plaignent d’une diminution de leur activité. Leurs mouvements gênés par cet excédent de masse corporelle entraînent de l’essoufflement, parfois des palpitations.

L’examen ne révèle pas les mêmes troubles organiques. Six de ces malades présentent une hypertension avec ou sans signe d'atteinte rénale.

Six autres peuvent être considérés comme ayant un appareil cardio-vaseulaire cliniquement normal. Tous ces malades sont suivis depuis de longues années. Il semble qu'actuellement on puisse se faire une opinion sur leur état et sur l’évolution de leurs symptômes.

Trois des cas observés sont décédés. Le premier avait, lors du premier examen, des lésions de néphrite chronique avancée, il est mort un an et demi après d’asystolie. La deuxième a également été emportée par une insuffisance cardiaque. L'issue fatale de la troisième eut pour cause un accident sans rapport avec son obésité.

Re Pire

Examen clinique du cœur de l’obèse.

A qui veut étudier le cœur de l’obèse, une distinction s’impose. Les signes ne sont pas les mêmes aux divers stades 6volutifs. L’obèse est d’abord un sujet bien portant, c’est ensuite un petit malade et ce n’est souvent que tardivement qu’il devient un grand malade, d’où les trois périodes auxquelles il convient d'examiner l’appareil circulatoire.

Le cœur de l’obèse bien portant.

Notre observation n° 10 en est un exemple typique. Elle concerne un sujet atteint d’obésité qui vint consulter la première fois à l’âge de 25 ans pour des troubles nerveux et qui ne se plaignait de rien d’autre.

Un examen complet du cœur fut pratiqué. Il ne présentait rien d’anormal. La pointe du cœur, il est vrai n’était pas perceptible, quelle que fût la position adoptée, les bruits du cœur étaient lointains et paraissaient légèrement assourdis, mais ce sont là des constatations normales en pareille circonstance, l’épaisse couche de graisse constituant une sorte de matelas, qui amortit le choc de la pointe et qui éloigne les bruits. Il n’accusait qu’une gêne respiratoire minime et se montrait capable d’une activité normale. Ce sujet est surveillé depuis 1928. Son poids reste stationnaire et son cœur se maintient normal, la dyspnée n’augmente pas. En somme, chez le Jeune obèse, la dyspnée est le seul signe qui puisse faire penser à une fatigue du cœur. Mais elle peut être attribuée aussi à d’autres causes, en particulier à la diminution de la capacité respiratoire, c’est ainsi que van Noorden a observé des améliorations très nettes après une gymnastique respiratoire appropriée amenant un relèvement de cette capacité. Leven, de son côté, prétend que la dyspnée qui s’observe à la suite des repas est d’origine réflexe et relève des troubles dyspeptiques.

Combien de temps peut se prolonger la période de tolérance. Cela dépend essentiellement du genre de vie et du traitement que l’on peut imposer à l’obèse. Si le poids peut être maintenu dans des limites convenables, cette période où l'existence est normale peut se prolonger presque indéfiniment.

L'insuffisance cardiaque légère des obèses.

L'augmentation de la dyspnée, la tachycardie, les extrasystoles sont les signes indiquant que le cœur commence à faiblir.

L'augmentation de la dyspnée attire surtout l'attention du malade. Elle se produit au moindre effort rendant la marche même en terrain plat particulièrement difficile.

La tachycardie est permanente, le chiffre des pulsations se maintient aux environs de cent, même au repos et augmente notablement par l'effort. Les extrasystoles apparaissent perçues ou non par le malade. Par leur répétition et leur intensité, elles peuvent constituer une gêne importante.

Parfois 1l existe des douleurs au niveau de la région précordiale et deux de nos malades présentaient des symptômes angineux.

À cette période, l'examen du cœur ne donne pas de signes bien nets. Les bruits paraissent assourdis et lointains. Mais nous avons vu qu'il en était ainsi à l’état normal chez Îles obèses.

Plus significatives sont l’arythmie et l'accélération des bruits. À cette période, on ne constate encore ni souffles, ni galop.

L'examen de la circulation périphérique vient confirmer la défaillance cardiaque.

Déjà, à ce moment, on note de la cyanose même au repos. Elle porte sur les lèvres, les pommettes, les oreilles et les extrémités des membres qui restent violacées. Les pieds et les mains se refroidissent. L’œdème des membres inférieurs

apparaît le soir. Les bases des poumons sont congestionnées, le foie déborde les fausses côtes et devient douloureux. Les troubles qui viennent d’être décrits peuvent d’ailleurs rétrocéder sous l'influence du traitement médicamenteux. Souvent, ils s’'aggravent et les obèses entrent dans la période de la grande insuffisance cardiaque.

La grande insuffisance cardiaque des obèses.

Elle peut se produire lentement, progressivement comme les insuffisances d’autre nature et on peut se demander alors si des facteurs cardiaques autres que l’obésité n’interviennent pas. Mais elle peut également survenir très rapidement chez des sujets jeunes et alors il semble bien que l'obésité joue un rôle de premier plan. Notre observation 11 a trait à un cas de ce genre.

On a décrit deux formes d’asystolie chez les obèses. La première revêt l’allure de la décompensation ventriculaire gauche telle qu’on l’observe chez les hypertendus ou chez les sujets atteints d'insuffisance rénale et de fait, ce sont bien ces deux facteurs qui entrent en jeu. A l'examen, le ventricule gauche est hypertrophié, le deuxième bruit est éclatantetilexiste un galop diastolique, la tension artérielle est élevée autant la maxima que la minima. La décompensation se produit souvent brutalement se traduisant par une angine de poitrine, un œdème aigu du poumon qui mettent en danger immédiat la vie du malade.

La seconde forme d’asystolie est plus progressive et paraît en rappork avec une myocardite où les troubles semblent souvent prédominer sur le ventricule droit. La dyspnée devient presque continue s’exagérant au moindre effort même pour un simple mouvement et s'accompagne d'une exagération de la cyanose qui existait au stade précédent. L’examen du cœur ne décèle souvent que l’assourdissement des bruits et leur accélération. La tachycardie est tantôt régulière, tantôt avec extrasystoles et parfois arythmie complète.

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