‹ Le Cœur des ObèsesChapitre 10 sur 18 · RUE · texte numérisé non relu

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À la phase de décompensation, on note une augmentation de la matité précordiale, et l’auscultation révèle un bruit de galop droit plus rarement un souffle d'insuffisance tricuspidienne.

La tension artérielle est normale ou abaissée, les veines périphériques sont distendues, surtout les veines jugulaires. Le foie est hypertrophié.

Il existe un œdème notable des membres inférieurs. Les

accidents cardiaques de la malade de notre observation 11 appartenaient certainement à cette dernière forme. Cette forme particulière d'insuffisance cardiaque apparaît irréductible aux moyens habituels. Cependant le professeur Labbé insiste sur l'efficacité même à cette période des cures de jeûne. Il cite le cas d’une malade âgée de 50 ans, en état d’asystolie irréductible, sur laquelle aucun médicament n'avait plus de prise. Un jeûne prolongé de plusieurs jours combiné à l’emploi de la digitale et des autres diurétiques put triompher de cette asystolie. Ces cas sont exceptionnels, au dire même de M. Labbé. j

LA TENSION ARTERIELLE DANS L'OBESITE

Comment se comporte la pression artérielle dans l'obésité? L'opinion des auteurs est assez partagée à ce point de vue.

Bouchard admet que sur 100 malades obèses la pression est normale ?8 fois, abaissée 11 fois, augmentée 61 fois.

Pour Lenoir, la proportion d’hypertendus est de 55%.

Kisch n’a observé de l'hypertension que dans 24% des cas, et pour Romberg et Dunin, l’obésité simple n’élève pas la pression.

Van Noorden a rarement vu lhypertension manquer chez des hommes obèses. Par contre, il l’a vue souvent absente chez les femmes atteintes d’obésité anémique. Il admet que les élévations de pression de 3 à 4 cm. de mercure sont fréquentes chez des obèses sans lésions rénales. Smith et Willins ont noté de l'hypertension seulement chez 60 malades sur 136 cas observés.

Aubertin et Coursier ont étudié la pression chez des obèses vus en clientèle et chez ceux observés à Brevannes, alors que chez les premiers la tension était normale dans 62% des cas, chez les seconds elle était augmentée d’une façon moyenne dans 46% des cas et d’une façon forte dans 43%, Cette différence tiendrait, suivant les auteurs, à la sédentarité, à l’alimentalion défectueuse et à l’intempérance du milieu. Tarday rapporte une statistique de 104 malades, chez 59 la tension était inférieure à la normale. Elle était 40 fois entre 15 et 20 cm. de mercure et seulement D fois supérieure à 20. Il ajoute qu'il n’a trouvé aucun parallélisme entre le degré de l'obésité el celui de l'hypertension.

Ni

De l’ensemble des statistiques que nous avons données cidessus, 1l résulte que l’hypertension est loin d’être la règle.

Il semble d’ailleurs que le sujet n’ait été qu'imparfaitement traité. Souvent il n’est fait mention que de la pression maxima, la minima étant passée sous silence.

L'âge des sujets n’est pas mentionné en regard du degré de pression artérielle. C’est là cependant un point capital.

Enfin et surtout trop peu d’observations indiquent comment évolue la tension à mesure que l’obèse prend de l’âge. M. Leray est un des rares auteurs qui ait insisté sur ce point.

Il distingue une première phase aux environs de la trentième année où la tension artérielle est habituellement voisine de la normale, une deuxième phase entre trente et quarante ans ou lhypertension apparaît plus fréquemment et plus rapidement chez l’homme que chez la femme. Cette hypertension est modérée, bien supportée eb un traitement opportun de l’obésité la réduit souvent d’une façon assez rapide.

Enfin une troisième phase d’hypertension artérielle confirmée où interviennent d’autres facteurs que lobésité.

Nos observations nous ont donné les résultats suivants, sur 13 cas étudiés à cet effet : 6 fois nous avons trouvé une tension supérieure à 1) centimètres, mais seulement dans 3 cas la pression diastolique était supérieure à 10.

Sur ces 6 hypertendus, 5 avaient plus de 40 ans.

3 avaient une albuminurie chronique permettant de soupconner une lésion rénale.

Tous ces malades ont été suivis les uns quelques mois, les autres plusieurs années. Ceux qui se sont soumis à un traitement régulier ont vu leur tension diminuer dans des proportions assez importantes, en même temps que leur poids décroissait. La chule de la lension n'a jamais élé de beaucoup plus de 3 ou 4 cm8 de mercure. I nv avait pas de rapports précis entre la diminution du poids et celle de la tension actuelle. Les malades qui ont abandonné, le régime, ou augmenté de poids de nouveau ont vu leur tension artérielle remonter au chiffre initial. Ceux qui ne présentaient aucun risque de lésion rénale — évidente — et qui ont continué leur régime sérieuse-

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ment ont vu leur tension se stabiliser à une valeur inférieure à leur valeur initiale.

Deux observations ont retenu jarticulièrement notre attention.

L'observation n° 5 : la femme avait à l’origine une tension de 20-10 1/2, avec présence de 60 centigrammes d’ailbumine dans les urines, une urée à 0,34, elle pesait 106 kilogrammes. Mise au régime, elle perd 4 kilogrammes et la tension baisse immédiatement en un mois à 16-9. Elle perd encore 4 kilogrammes et la tension passe à 15-10, Six mois après, alors qu’elle perdait encore ? kilogrammes, la tension remontait à 17-19. Puis un an 1 /? après elle augmente de poids et parallèlement, sa tension revient à 20-10. Elle présente alors une albuminurie de 1 gr. 30. Un traitement mixte, institué à la fois contre l’obésité el la néphrite, a fait baisser immédiatement la tension artérielle, alors qu’il existait déjà des lésions rénales.

L'observation n° 13, nous a également paru intéressante. Une obèse, à tension élevée de 18-10, est suivie depuis 18 ans réguhèrement.

Ne voulant pas suivre de régime, sa tension s’est élevée proeressivement à 23-13 et, depuis deux ans seulement, on note la

présence d’albumine dans ses urines, d’une façon continue.

De nos observations nous noterons que l'hypertension n’est pas constante chez les obèses. Elle semble, cependant, assez fréquente. Beaucoup d’obèses hypertendus présentent des lésions rénales cliniquement constatables. Mais il n’y a pas forcément association de ces deux syndromes. L'apparition des troubles rénaux survient chez certains après une phase plus où moins longue d’hypertension, et le maximum de fréquence de cette association se trouve chez les sujets âgés.

Nous remarquons également que chez tous les obèses hypertendus on peut, en leur faisant suivre un régime approprié, obtenir une baisse de Cension de quelques centimètres. Chez certains cette baisse se maintient, chez d’autres sujets, elle n'est que provisoire. Nous verrons au chapitre pathogénie, ce que nous pensons de l’hypertension actuelle des obèses.

LE CŒUR DE L'OBÈSE DANS LES INFECTIONS LES INTOXICATIONS ET LES TRAUMATISMES

Si d'observation courante l’obèse n'atteint pas une très grande longévité, il n’en est pas moins vrai qu'il peut arriver à un âge assez respectable, sans trop de tourments, surtout s’il s'observe et se soumet à une hygiène convenable. Mais il faut que les circonstances s’y prêtent. Le cœur de l’obèse ne semble pas avoir la plasticité du cœur normal, qui lui permet de s'adapter à des situations nouvelles, lui demandant plus de travail à accomplir. Il est en état permanent de méiopragie qu'il survienne une maladie infectieuse, même peu grave en soi, un traumatisme et nous voyons un cœur qui, Jusque là, tenait, s'effondrer tout d’un coup.Chez un obèse tout état pathologique peut avoir les conséquences les plus graves. Ceci est également vrai pour les interventions chirurgicales. Elles doivent être évitées autant que possible. Le traumatisme opératoire doit être réduit au minimum car, malgré toutes les précautions prises, la mort subite où rapide par défaillance brusque du cœur, peut être observée.

On a noté, depuis longtemps, la gravité du pronostic chez les obèses atteints de maladies infectieuses, en particulier dans la pneumonie et dans la fièvre typhoïde.

Influence possible du traitement sur l'apparition d'accidents cardiaques.

Il faut signaler l'influence défavorable que peut exercer sur le cœur des obèses, la prescription d’un régime d’amaigris-

sement trop sévère, comportant une trop grande restriction

Morichau-Beauchant. 2

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