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moteurs les plus importants de l’introduction et du
développement du sport en France ; d'autre part, ce fut un médecin, membre du Corps hospitalier de l’Assistance Publique de Paris, le D’ Paul Michaux, chirurgien des hôpitaux (1854-1923).
À l’époque même où Pierre de Coubertin en-
treprenait la Restauration des Jeux Olympiques, c’est-à-dire dès 1897, Michaux entreprenait de dé: velopper la culture physique, la gymnastique et l'usage des sports dans les patronages catholiques. Quelques chiffres montreront la marche ascensionniste de la Fédération gymnastige et sportive des patronages de France (F.G.S.P.F.) et donneront une idée de son importance dans le développement du goût sportif dans notre pays.
En 1899, Michaux présentait à Paris 1.200 gymnastes ; en 1900, Ceux-ci étaient au nombre de 1.800 ; ils étaient 2.500 en 1903, 4.000 en 1904. Ils seront sept ans plus tard 10.000 à Nancy en 1971 : on les compte 15.000 à Strasbourg en 1921. En 1923, c'est au nombre de 30.000 qu'ils défileront à travers Paris. |
Le 2 août 1914, 60.000 des membres de la F.G. S.P.F. étaient appelés sous les drapeaux, De 1914 à 1918, ils étaient 120.000 à être mobilisés. À l’armistice, 25.000 d’enire eux avaient été tués, 70.000
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blessés. En 1923, à la mort de Michaux, la Fédération comptait 300.000 membres actifs, répartis en 2.300 sociétés, 55 unions régionales. À l'heure actuelle, 1938, le nombre des membres a doublé : i! se monte à 600.000.
Il était impossible au début de cette thèse consacrée aux sports, et entreprise avec la collaboration empressée et bienveillante d’un certain nombre d'entre eux, de ne pas mentionner brièvement le souvenir de cet homme de bien, de ce médecin trop méconnu, et de signaler son rôle dans le dévelop: pement du sport en France.
Bien entendu, en même temps, bien qu'à un rythme moindre, d'autres groupements se fon:
daient et généralisaient ainsi le goût du sport parmi la jeunesse.
Bientôt les matches, les grandes rencontres internationales, après avoir attiré la foule, ont fait comprendre aux jeunes que leur place n'était pas
dans les tribunes, mais sur le stade. L'appel a été
entendu principalement dans les grandes villes où le besoin de s’ébattre au grand air est plus impérieux que partout ailleurs.
Les médecins ont compris dès le début l’inté-
rêt qu'il y avait à étudier la question. Il suffit en
effet de considérer l’importante bibliographie mé-
SAS D (des
dicale sportive pour s’en rendre compte. Mais le problème est complexe et les conclusions sont fré-
quemment divergentes.
L'étude du sport peut se faire de deux tre res. On peut la concevoir comme une étude de physiologie expérimentale : c’est alors au Laboratoire que se fait le travail. On peut aussi en faire une étude pratique en se plaçant dans les conditions où le sport est habituellement exercé, sur le terrain. C'est cette dernière étude que nous avons entreprise. Basée certes sur la physiologie, elle permet davantage d'aboutir à des conclusions pratiques,
On conçoit mal que le sport, qui a pour but final un développement harmonieux de l'individu, un accroissement de ses forces physiques, psychiques et mêmes morales, puisse aboutir à un résultat diamétralement opposé à celui que l’on était en droit d’en attendre. C’est pourtant malheureusement un fait qui est loin d’être rare. Aussi est-ce au médecin qu'incombera, presque uniquement, le soin d'éviter un pareil mécompte, par les directives qu'il suggéra comme par la surveillance qu’il exercera. L'orientation de ses études le rend apte, plus que tout autre, à connaître le fonctionnement de l’organisme humain, à savoir la mesure de ses besoins, à estimer la limite de ses possibilités. |
Nous ne nous sommes pas contenté de vingttrois observations que nous avons pu recueillir dans ‘te Service de notre maître, le D' René Bénard, ou de celles qu'il avait pu prendre comme médeciu consultant d’un de nos grands Réseaux de la S.N. C.F., observations qu'il a bien voulu nous communiquer, et que l’on trouvera à la fin de ce travail.
Selon son conseil, nous nous sommes rendus sur les terrains même de sport et dans les salles de gymnastique ; aussi pouvons-nous joindre aux 23 observations précitées, les observations de 60 spor: tifs se répartissant en 47 gymnastes, 8 coureurs à pied et 5 joueurs de rugby, dont les âges s’échelonnent entre 10 et 6o ans, mais avec une grande prédominance entre 15 et 30 ans.
| La réaction du sport sur l'organisme a fait l'objet de nombreux travaux. Le sujet n'en est pas moins extrêmement vaste et complexe. L'une des raisons de cette complexité tient pour une part importante aux conditions mêmes dans lesquelles doit se faire l’observation. Lorsqu'un sujet malade vient nous consulter, il se prête facilement, cela se conçoit, à notre examen, car il espère que de cet examen peut découler un diagnostic dont dépendront directement son intérêt et sa santé. Mais qu’un sujet bien bâti et bien portant soit sollicité par un médecin de se laisser examiner uniquement dans l’in-
térêt de la science : on comprendrait aisément qu’il soit tenté de répondre à cette sollicitation par une fin de non-recevoir. Et il y a lieu d'ajouter, d’auire part, que les milieux sportifs sont assez fermés. Aussi est-ce pour nous un devoir de rappeler ici la bienveillance avec laquelle nous vimes s'ouvrir devant nous les portes du Bon-Conseil, et de la Nicolaïte, l’un et l’autre de la F.G.S.P.F., du Club Olympique d’Aubervilliers et du Racing Club de France ; en remerciant leurs directeurs, il nous est agréable d'y ajouter notre gratitude pour la bonne grâce avec laquelle 60 de leurs membres se prêtèrent à notre examen.
Vouloir tirer des conclusions précises et définitives d’un examen pratiqué dans des conditions forcément déplorables d’un petit nombre de sportifs serait une erreur. Contribuer à l'étude du retentissement du sport sur l'appareil cardio-vasculaire, et en dégager des directives pratiques pour surveiller, doser, et éviter le résultat néfaste du sport : telles furent nos intentions.
Ce travail se divise naturellement en trois parties :
I. — Le retentissement normal, habituel du sport sur l'organisme ; nous étudierons dans des
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chapitres différents : l'examen clinique, le pouls, la tension artérielle, la radioscopie et l’électrocardiogramme.
IT. — Le retentissement anormal, relativement assez rare, qui sera l’étude des cœurs forcés.
III. — Les directives pratiques, à savoir : les épreuves d'aptitude cardiaque à l'effort, la sélection, la surveillance et le dosage du sport. Ces considérations précèderont les observations, les conclusions et la bibliographie.