CHaPiTRE Il LE POULS
La numération des pulsations constitue l’examen le plus facile à pratiquer ; c'est à lui que l’on aura le plus souvent recours. L'étude du pouls sert de base à un grand nombre d'épreuves d'aptitude cardiaque à l'effort. Il est possible au sujet de compter lui-même ses pulsations pendant l'effort, une course de fond par exemple, alors que tous les autres examens seront pratiquement irréalisables. Les chiffres ainsi obtenus complèteront ceux que le médecin notera de son côté avant et après l’effort. Ces mesures sont rapides à pratiquer ; elles sont facilement acceptées par les sportifs. Pour cette raison, nous avons toujours noté la fréquence par 15 secondes, comme tous les auteurs d’ailleurs, malgré l’erreur possible qui en résulte pour l'évaluation par minute : c'est ce chiffre que nous indiquerons, en ajoutant entre parenthèses le chiffre de pulsations par minute, notation avec laquelle le médecin est plus habitué. Nous avons toujours opéré sur le su-
jet couché, horizontalement, aussi bien avant qu'après l'effort et ce pour éviter la tachycardie orthastatique. |
Au repos la prineipale cause d'erreur est l'émotivité du sujet. Martinet et Lian conseillent d’attendre le moment.où l’on obtient deux fois de suite le même nombre. Ceci est suffisant dans la majorité des cas, mais en présence d’un chiffre élevé il est prudent de chercher à obtenir 3 ou 4 fois de suite le même nombre après un repos de quelques minutes lorsque cela est possible. Chez les gymnastes examinés, dans 57 % des cas le pouls était compris entre 15 et 20 (60-80) et dans 70 % entre 15 et »» (6a-88). Dans 2 cas seulement les chiffres étaient supérieurs à 25 (r00) : l’un des sujets âgés de 1x ans 1/2 avait 28 (142), l’autre de 14 ans 26 (104). Ces fréquences élevées sont facilement expliquées par la jeunesse et surtout l’émotivité particulière: ment intense de ces deux adolescents. Le chiffre minimum a été de 15 (Go) chez un gymnaste de 26 ans: | : |
Chez les joueurs de rugby les chiffres étaient analogues ; par contre chez les 8 coureurs ils étaient plus bas : deux d'entre ceux-ci avaient 14 (56) — c'étaient des coureurs de cross-country —, deux autres 15 (60) et un cinquième 16 (64). Dans l’ensem-
on
ble les chiffres diminuent avec l'âge ; le fait est bien connu (AÀ.-B. et A. Fessard et Laugier). Comparés aux chiffres obtenus chez des non-sportifs ils sont sensiblement analogues. En dehors des cas où l’ou trouverait, chez un sujet de plus de 18 ans, un pouls dépassant go à 100, il ne nous semble pas utile de vouloir tirer des conclusions de l’existence de ce seul chiffre de pouls.
La recherche de la tachycardie orthostatique nous a donné des résultats normaux, l’'augmentation étant de 1 à 6 pulsations par 15 secondes (eu moyenne 4). Le réflexe oculo-cardiaque nous paraît plus intéressant. Malheureusement, ne l'ayant pas recherché systématiquement, nous n'avons pu vérifier si la vagotonie était l’état habituel du sportif ‘comme on l’admet généralement, RAA LAS
Après l'effort la fréquence augmente toujours. En prenant le pouls juste après un exercice aux agrès, l'augmentation a été en moyenne de 5 (20). Dans deux cas elle était de 9 (36) ; la fréquence étani passée de 0 à 2g (80-116) et de 19 à 28 (76-112) après des exercices particulièrement violents, On est assez étonné de cette faible augmentation, surtout lorsqu'on la compare par exemple à la tachycardie obtenue après l'épreuve de Lian chez une personne étrangère au sport. Cela prouve que nos gymnastes étaient particulièrement bien entraînés à des exer-
cices relativement courts d’une part et dans lesquels la souplesse et l'élan, d'autre part, diminuent dans une forte proportion le travail musculaire effectué. L'épreuve de Lian, qui pour un sportif ne represente pas un effort considérable, donne chez les gymnastes des chiffres nettement plus élevés que les exercices les plus violents aux agrès. Ceci montre l'importance de la spécialité du sportif, les gymnastes n'ayant aucun entraînement pour la course ; cette remarque nous conduira à d’utiles déductions pour les épreuves d'aptitude. \
En athlétisme les chiffres sont beaucoup; plus élevés. Boigey, Bellin du Coteau, Chailley-Bert ont souvent trouvé un pouls dépassant 200, atteignant même 240 par minute après un cross country ou un hoo mètres dont l’arrivée était très disputée. Nous avons également vérifié ces faits, l'augmentation étant beaucoup plus importante chez les coureurs que chez les gymnastes. La plus forte tachycardie que nous ayons constatée a été celle d’un coureur de 80oo mètres, âgé de 23 ans, dont le rythme est passé de 20 à 42 (80-168). Tout ce que l’on peut conclure en présence d’une tachycardie d'effort dépassant 200 pulsations par minute c’est que ce dernier était disproportionné avec l’état physique du sujet au moment de l'épreuve. De tels efforts seront à éviter et leur répétition sera interdite.
S'il faut noter avec soin cette tachycardie d’effort, la principale utilité du pouls réside dans le temps nécessaire pour le retour au calme (fréquence du repos) : c’est ce que nous verrons avec plus de détail au cours du chapitre que nous consacrerons à l'étude des épreuves d'aptitude cardiaque à l'effort.
CHaAPiThEe Ill