‹ Le cœur droit: dans le rétrécissement mitralChapitre 18 sur 27 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

Je veux parler des thrombus qui se forment dans

les cavités droites du cœur aussi bien que dans l'oreil-

lette gauche. Quand on ouvre le cœur d’un sujet mort

de rétrécissement mitral, il est très fréquent de trouver soit dans l'oreillette droite, soit dans le ventricule, soit même dans ces deux cavités, des caillots volumineux, quelquefois récents, souvent anciens, intriqués dans les colonnettes, plus ou moins adhé rents à l’endocarde, parfois ramollis, d'autres fois

ayant subi un commencement d'organisation fibreuse.

Ces caillots se forment ainsi dans les cavités cardiaques par suite de la stase sanguine ei fréquemment aussi par suite de l’inflammation de l'endocarde du cœur droit ; j'ai dit au chapitre précédent que l’inflammation de la tunique interne des vaisseaux favorisait

les coagulations sanguines; ici une autre condition

également favorable s'ajoute à celle-là, la lenteur de

la circulation, et ce fait que, par suite de leur dilata-

tion, les cavités ne se vident jamais complètement.

Ces thrombus une fois formés, que vont-ils deveair ? Ils seront pour le malade la cause des plus grands dangers. Parfois il est vrai, ils séjourneront dans les cavités cardiaques et ne donneront lieu à aucun acci-

dent, si ce n’est que par leur volume ils pourront oblité-

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rer plus ou moins complètement les orifices des veines caves ou de l'artère pulmonaire et diminuer encore la circulation sanguine. Le plus souvent ils seront entrainés, ou du moins une partie du caillot se détachera, formera embolie et sera lancée dans l’artère pulmonaire. Si l’embolus est petit, il viendra oblitérer une des branches de l'artère, et le sang s’extravasera dans le système de l'artère oblitérée, produisant un infarctus hémorrhagique en forme de coin dont la base reposera sur les périphéries du poumon. De là ces hémorrhagies tardives des affections mitrales. C’est ainsi que chez les mitraux qui ont présenté des hémoptysies tardives, on trouve dans les peumons des infarctus récents ou anciens, souvent en très grand nombre. Ges infarctus déterminent autour d’eux une zône d’inflammation, et amènent à leur niveau l’épaississement de la plèvre, la formation de fausses membranes ou des épanchements pleurétiques. Mais si l’'embolus est volumineux, il peut ‘ oblitérer complètement l’orifice tricuspide ou l’orifice

pulmonaire, déterminant ainsi la mort subite.

Dans l'artère pulmonaire peuvent de même se former des thrombus, par suite de la stase sanguine dans ce vaisseau par le fait de la dilatation du ventricule

droit. Nous en citons plus loin une observation inté-

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