‹ Le cœur droit: dans le rétrécissement mitralChapitre 22 sur 27 · D. # mill. ; cloison, 40 mill · texte numérisé non relu

D. # mill. ; cloison, 40 mill

Capacité, — V. G. 25% ; V. D. 40

‘OBSERVATION XVHI (Rendu, Bull. Soc. Anat. 1871.)

Em... B., 39 ans, bijoutier, — Homme d’une bonne santé, quoique chétif de constitution. Aucune diathèse dans son ascendant. Abus de boissons. Il y a deux ans, il a commencé à éprouver de lanhélation et quelques battements de cœur ; depuis plusieurs mois ces symptômes vont croissant ; il s'y joint de l’œdème des jambes.

A son entrée à l'hôpital le 7 juillet 1874, asystolie très prononcée ; dyspnée incessante, palpitations au moindre eftort.

Bruit de souffle systolique à la pointe ; pas de frémissement cataire : dilatation veineuse très prononcée dans la

région sous-claviculaire gauche ; pas de dilatation aortique.

— Pouls petit, serré, régulier. Veines jugulaires peu

- distendues. Pas de cyanose. — Poumons : râles muqueux et

sibilants ; obscurité à droite. Crachats apoplectiques depuis quelques jours. |

Foie hypertrophié, sensible à la percussion. Pas d’albumine dans les urines. Le malade meurt après avoir lutté

contre l’asystolie.

Autopsie. — Cœur hypertrophié ; adhérences-généralisées du péricarde aux organes voisins, et des deux -feuillet

-entre eux.

Do —

Les parois du ventricule gauc'e, épaissies, atteignent

2em 5 environ, Cavité ventriculaire restreinte. Le rétré-

cissement mitral. est tel qu’il est impossible d’y faire pénétrer

une plume à écrire ; il.a la forme ‘d’une fente presque linéaire, Les piliers de la valvule mitrale ainsi que leS muscles papillaires sont indurés, racornis et rétractés.

L’orifice aortique est rétréci, sans insuffisance.

Le cœur droit est très hypertrophié ; ‘dilatation considérable de la cavité ventriculaire. La valvule tricuspide participe à l’épaississement de tout l’endocarde ; elle est tachetée de plaques blanches. Il y avait très certainement de l'insuffsance de cette valvule. WE ;

Oreillette gauche énorme ; parois hypertrophiées ; orifices des veines pulmonaires très dilatés. — Oreillette droite trés dilatée, remplie de caillots mous.

L’artère pulmonaire, très dilatée à partir de l'infundibulum, présente à 3 centimètres au-delà un énorme caillot fibrineux, ancien, slratifié, jaunâtre, adhérent à la paroi qu’il obstrue presque complètement. Ce caillot se continue dans les deux branches de l’artère pulmonaire, surtout à gauche où on peut le suivre jusque dans les bifurcations, artérielles de 2 et 3° ordres.

Les conséquences de ces obstacles à la circulation se

traduisent pour les poumons par les lésions suivantes $

DU. Ve

à gauche, adhérences complètes, pseudo-membraneuses: pas d’épanchement pleural : — à droite, épanchement de près d'un litre. À la coupe le poumon gauche offre une induration grise de tout le lobe supérieur. Le tissu pulmonaire est complètement hépatisé, grisâtre, caséeux ; il est creusé de cavités multiples, ulcéreuses, dues au ramollissement des infarctus caséeux. Tout le lobe supérieur n'est qu'une collection d’infarctus caséeux en voie de régression. — Le reste du poumon est congéstionné et très emphysémateux. Le poumon droit, dans toute son étendue, est réduit à une seule masse dure, hépatisée, tombant au fond de l’eau, granuleuse à la coupe. Elle est d’une couleur noirâtre et présente l’aspect type de l’apoplexie pulmonaire. Foie gros, irrégulier, induré, d'apparence muscade type ; -pas d’infarctus.

Reins congestionnés.

OBSERVATION XIX. (Budin, Bull, Soc. Anat. 1873.)

Marie S., 21 ans ; entrée à l'hôpital le 16 septembre 1872 (Hôp. Saint-Antoine, service de M. Gombault.) — Jamais de rhumatismes. — Depuis plusieurs années, par moments, la malade est prise de battements de cœur violents. Depuis

quelque temps, douleurs dans la région précordiale.

FOUE

Voussure au niveau du bord gauche du sternum : l'étendue

de la matité est augmentée ; la pointe du cœur est abaissée.

À l’auscultation, grande irrégularité : des battements, des

redoublements, des faux pas se succèdent d’une façon presque continue. À la pointe, bruit de souffle qui se prolonge pendant presque toute l’évolution cardiaque.

. Depuis quelques mois, les règles sont supprimées ; la malade ne pouvait se lever. sans être prise de battements de cœur violents. Les membres inférieurs étaient œdématiés, mais l’œdème disparaissait par le repos au lit. Pas d’albumine dans les urines.

Vers la fin de janvier, la malade d't garder. le lt; .:l'œdème envahissait les membres supérieurs : on constatait dans les veines du Cou un pouls veineux très marqué.

Au commencement de février, des douleurs vives apparaissent à la région précordiale, s’irradiant dans l'épaule gauche ; la dyspnée augmente crachats hémoptoïques abondants ; râles crépitants et muqueux dans le côté gauche dela poitrine ; l’æœdème des membres “inférieurs et supérieurs augmente : un peu dalbumine dans les urines. L'état s'aggrave jusqu'au 29 février, époque où la malade

succombe.

… Autopsie. — OEdème marqué des membres inférieurs,

moindre aux membres supérieurs et à la face.

Dans les plèvres. un peu de liquide séreux, surtout à

droite où il existe quelques fausses membranes.

Cœur. — Péricarde très volumineux, contenant du liquide, — Cœur très hypertrophié, surtout le ventricule droit qui est énormément dilaté, L'oreillette droite est intacte, mais l'orifice tricuspide est très dilaté (132 millim. de circonférence au lieu de 99): la circonférence de l'artère pulmonaire mesure 78 mill. au lieu de 68, chiffre normal — Dans le cœur gauche, oreillette dilatée à parois épaissies et très résistantes. Orifice mitral très rétréci, admettant à peine une plume d’oie.

Foie muscade type.

Le poumon gauche est le siège de nombreux infarctus

hémoptoïques occupant la périphérie de l'organe.

OBSERVATION XX. (Hervey. Bull. Soc. Anat. 1873).

F.., 15 ans. Entrée le 13 novembre 1873 à lhôpital Necker (service de M. Potain). À eu la gourme ; rougeole à 4 ans; jusqu'en 1870, bien portant ; à cette époque, bronchite avec hémoptysies fréquentes et abondantes, qui se reproduisirent quelques mois plus tard. Pas de rhumatismes. Actuellement, battements de cœur ; bouflissure du visage ;

ascite considérable ; œdème des membres inférieurs. Pouls

petit ; la pointe du cœur bat dans le 6° espace intercostal, trés en dehors du mamelon ; au niveau de la pointe, frémissement très marqué.

Au 4er temps, à la pointe, souffle qui se propage surtout le long du bord droit du sternum... Foie volumineux,

débordant les fausses côtes ; on y perçoit des soulévements

marqués, isochrones au pouls. Pas de soulèvement anormal

des jugulaires. Rate volumineuse. Epanchement dans les plévres. Albumine dans les urines.

Mort subite le 27 novembre. = #

“Autopsie. Les plèvres, le péricarde et le péritoine ren-

ferment une quantité considérable de liquide. Poumons un peu congestionnés dans les parties déclives. Au sommet du poumon gauche, deux infarctus de forme pyramidale. Rate volumineuse. Foie muscade, irrégulièrement bosselé. |

Cœur droit énorme ; les parois du ventricule droit sont

résistantes, très hypertrophiées ; celles du ventricule gauche

mollasses, d’une coloration pâle. Dans le ventricule droit

les piliers et les colonnes charnues sont volumineux et saillants, dans le cœur gauche ils sont grêles et aplatis. L'orifice tricuspide mesure 124 millimètres : T'orifice pulmonaire et ses valves sont sains, Oreillette droite très spacieuse ; les faisceaux musculaires y font un relief

inaccoutumé. Dans l’auricule on trouve deux caillots anciens,

ramollis, et qui sont sans doute l'origine des infarctus observés dans le poumon gauche. On a pu loger exactement dans cette oreillette l’un des reins du sujet.

Orifice mitral très rétréci ; les valves soudées, indurées, circonscrivent un orifice très étroit qui admet à peine une

plume à écrire.

OBSERVATION XXI. Personnelle.)

A.. Julie, mécanicienne, 22 ans: entrée à l'hôpital le 3 Juin 1893. Père inconnu : mère bien portante. La malade a eu à 8 ans une attaque de rhumatisme articulaire aigu.

A son entrée à l'hôpital, la malade présente un œdème assez considérable des membres inférieurs, de la cyanose de la face et des doigts. La dyspnée est forte ; il y à de la congestion aux deux bases des poumons. Le foie est gros et douloureux à la pression. Les urines sont rares et contiennent un peu d’albumine.

Cœur. A la palpation, frémissement cataire présystolique ; à la percussion, le cœur est hypertrophié. A l’auscultation, souffle aux deux temps à la pointe, dédoublement du second temps à la base.

La digitale ne produit aucun effet ; les urines augmentent pas, l’'œdème et la dyspnée persistent. La malade meurt le

7 juin avec des phénomènes d’asphyxie.

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