‹ Le Cœur SénileChapitre 11 sur 42 · ONE · texte numérisé non relu

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des glandes génitales le primum movens, des influences hormoniques dont la suppression ou le déséquilibre marquent l’entrée dans Ja sénilité. On connaît l’action de l'insuline et de l’adrénaline. Mais si toutes ces interventions glandulaires demeurent mystérieuses dans leur essence, on ne peut pas ne pas être frappé de leur coïn-. cidence au cours de certaines insuffisances bien nettes, non Seulement avecuneinvolution générale sénile, mais avec des troubles cardiaques qui entrent dans la symptomatologie du cœur sénile, insuffisances qui semblent prouvées par des effets thérapeutiques indubitables. Ceux-ci, que Laubry et Walser ont signalés dans les myocardies thyroïdiennes de la ménopause, se voient à un âge où d'habitude on n’évoque pas l’action endocrinienne, et cependant il est des syndromes hypo ou hyper-thyroïdiens'tardifs et qui réagissent plus ou moins à l’opothérapie. Nous n’assimilons pas les troubles cardiaques dont ils sont responsables à ceux du cœur sénile, mais nous les rappelons pour montrer qu'on aurait tort de croire l'influence glandulaire éteinte avec l’âge.

Il n’est pas jusqu'aux maladies infectieuses qu'il ne faille incriminer, mais iei une discrimination s'impose. Les infections aiguës passagères, telles les fièvres éruptives, la grippe, la dyphtérie, la thyphoïde, méritent à peine d’être invoquées. Les infections à manifestation prolongée, nous voulons parler de la tuberculose et de la syphilis, auraient peut être un rôle plus marqué.

La tuberculose, considérée comme peu importante par les uns, rejetée par Huchard, est au contraire admise

par Pic comme un facteur étiologique des plus fréquents. Dans 600 observations de vieillards, avec 213 autopsies, Pic relève 60 cas où, dit-il, la tuberculose élait incontestablement la cause efficiente, unique, de l’athérome. Cette affirmation nous paraît exagérée : que la tuberculose soit notée fréquemmentchez le vieillard, cela n’est pas niable, qu’elle soit la cause de lathérome, cela n'est pas prouvé, qu'elle seit en relation avec les lésions du cœur sénile, cela est encore plus douteux.

Il n’en est pas de même de la syphilis “onton connaît l’affinité pour les artères et qui, chez les sujets jeunes ou d'âge mur, a sa pathologie spéciale ; mais là ne s’arrête pas son éflet : ou ses lésions régressent laissantdes cicatrices indélébiles ou des tares indubitables ou bien elles s'arrêtent et se fixent avant la vieillesse, mais elles appellent plus tard les lésions athéromateuses dont elles favorisent le développement, ou bien enfin la syphilis atténuée poursuit son action lente, plus ou ou moins discrète, aboutissant après nombre d'années à des lésions dont la nature originelle est à peine connue.

Quoi qu’il en soit, nous la notons dans nos observa-. tions d’une manière indiscutable, dans plus d'un tiers des cas, Etant donné les cas douteux, les antécédents parfois ignorés du malade lui-même ou volontairement inavoués, cette proportion doit être en réalité beaucoup plus élevée.

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SYMPTOMATOLOGIE

Tous les auteurs qui ont écrit sur le cœur sénile ont été d'accord pour en marquer le polyÿmorphisme symptomatique, pour multiplier les formes cliniques qu'il revêlail el nous ne saurions nous garder de nous dérober à cette tradition en adoptant toutefois une classification initiale qui n’est pas celle communément observée. Remarquons que cette classification obéit assez à la répartition et au siège des lésions qui caractérisent le cœur sénile, les unes endocarditiques, et qui restent longtemps telles, les autres myocardiques, mais qui sont tantôt parcellaires ou régionales, tantôt diffuses. Nous aurons ainsi trois grands groupes de forme parmi les cardiopathies du vieillard :

les formes valvulaires ; les formes arythmiqnes ;

les formes d’insuffisance ventriculaire.

La symptomatologie du cœur sénile est avant tout une symptomatologie physique. C’est par hasard, ou à l’occasion d’un examen général, parlois au cours d’une affection intercurrente, ou d’un examen du cœur à

propos d’une intervention chirurgicale, que l’on est amené à découvrir l’affection cardiaque.

Exception doit être faite pour certaines formes d’insuffisance ventriculaire qui ne sont pas les moins graves, auxquelles nous réservons de ce fait une étiquette spéciale, et où prédominent les troubles fonctionnels bruyants d'accompagnement de l'insuffisance ventriculaire gauche.

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