TON
çon précise, mais ses effets sont cliquement indiscutables. Le traitement iodé présente également l'avantage d'avoir une action sur les manifestations syphilitiques tardives. Nous avons vu que celles-ci étaient fréquemment associées aux lésions évolutives séniles ; elles se trouvent donc visées en même temps dans l’administration de l’iode.
À propos de cette association fréquente de la syphilis, se posent les indications possibles du traitement syphilitique. Nous ne croyons pas qu’il faille y avoir recours, non pas qu'un traitement moyen soit mal toléré, mais l’action sur ses lésions est loin d’être manifeste.
La syphilis des vieillards est torpide et n’exige pas un traitement d'attaque. Il faut d’ailleurs éviter systématiquement les arséno-benzols, les sels de bismuth et de mercure en injections.
Dansles cas où un traitement anti-syphilitique semble commandé par des antécédents nets ou des accidents en évolution, on se contentera d'adjoindre à l’iodure de potassium donné à doses plus fortes, un traitement mercuriel sous forme de suppositoires.
B. — Il y à insuffisance ventriculaire gauche
Traitement hygiénio-diététique
La même règle de douceur et de prudence s'applique dans le cas d'insuffisance ventriculaire gauche. Un repos plus complet s'impose, mais on évitera l’alitement
toutes les fois qu’on le pourra. Les modifications circulatoires, surtout pulmonaires, qu’entraiîne la position couchée, sont préjudiciables aux vieillar1s. On alternera chez eux lelit et le fauteuil. On modèlera la sévérilé du régime sur l'intensité des signes fonctionnels, et en particulier des æœdèmes.
C’est dans ces cas que les cures temporaires de régimes d'exception seront de mise: diète lactée, diète hydrique, régime chloruré, etc...
Il est bon, dans certains cas, de les faire coïncider avec l’administration des toni-cardiaques, sans que ceci constilue une règle et une nécessité. Tout est affaire de circonstance et äès qu’on pourra d’ailleurs supprimer un régime d'exception, quelle que soit la gravité de l’insuffisance ventriculaire, ne fut-ce que temporairement, on le fera. +
Traitement médicamenteux
Lorsque l'insuffisance ventriculaire est bénigne, il faut se contenter, aussi longtemps qu’on le pourra, de petites doses et préférer les petites doses continues aux doses massives données à intervalles éloignés.
Huchard et Ch. Fiessinger ont insisté sur cette thérapeutique et en ont, à juste titre, marqué les bons effets. C'est la thérapeutique de choix chez le vieillard. On donnera, par exemple, 5 gouttes de digilaline au 1/1000° ou quinze gouttes de digibaïne quatre ou cinq jours par semaine. |
Si la digitale est mal tolérée, comme cela s’observe du fait de quelque déficience rénale, on laissera la préfé-
rence au Strophantus donné pendant les mêmes périodes, à la dose de 2, 3 et 4 milligrammes par jour.
Dans les jours suivants, on prolongera l’action de la digitale ou du strophantus par l’administration de théobromine à la fois diurétique et tonicardiaque. Le vieillard supporte admirablement des cures d’entretien à l’aide de cette double médication pendant des mois et des années.
Si l'insuffisance cardiaque est grave et si les médications précédentes n’ont pas d’action, on pourra tenter des méthodes d'administration massives, mais en sachant bien que, la plupart du temps, les résultats, si brillants soient-ils, qu’on est en droit d'attendre chez le vieillard sont éphémères. C'est ainsi que l’administration d’un milligramme et demi de digitale en trois ou cinq jours, après une période d'équilibre retrouvé, laisse souvent le vieillard insensible à l'administration d’une même dose de médicament et que chez luiles manifestations d’intolérance sont quelquefois rapides et définitives.
Cela ne veut pas dire que les médications héroïques. comme les injections intra-veineuses ne soient pas de mise dans certaines circonstances. Nous avons eu l’occasion de tenter, alors que l'espoir n’était plus permis, des injections intra-veineuses d’ouabaïne et de convallamarine, et nous lesavons vu suivies d’une survie qui n’était pas négligeable ; l’un de nos malades a ainsi subi, pendant huit mois, quatre séries de 15 injections d’ouabaïne. D'ailleurs, ces injections seraient elles moins bien supportées qu’il est toujours du devoir du médecin
d'user, à la dernière minute, de cette ressource suprême.
Quand il y a insuffisance ventriculaire aiguë, le traitement classique de l’æœdème aigu, compliqué ou non d’angine de poitrine, s'impose: saignées pratiquées avec prudence et sans que la quantité de sang ne dépasse deux à trois cents grammes. Ce ne sont pas les saignées les plus copieuses qui sont les plus efficaces et chez le vieillard nous en avons vu les dangers.
La saignée sera suivie d’une injection d’oubaïne : la cure d’ouabaïne après l’æœdème aigu s'impose. Elle est habituellement bien tolérée et atténue le pronostic de cet accident redoutable.
Lorsqu'il y a arythmie complète, il faut se garder de prescrire la quinidine, médicament dépresseur du cœur, très souvent mal toléré du tube digestif et cause possible d'accidents syncopaux. D'ailleurs, quand l’arythmie est simple, non compliquée d'insuffisance ventriculaire, le passage de la fibrillation à un rythme sinusal n'offre aucun intérêt, étant donné la parfaite tolérance de l’arythmie complète. Dans ces cas, tout dépend de la lenteur du rythme.
Si la fréquence des battements cardiaques est normale, on s’abstiendra de toute thérapeutique médicamenteuse. S'il y à tachy-arythmie, ou s’il y a arythmie à forme lente, comme la première est cause de troubles circulatoires et que la seconde est l'expression d’une insuffisance ventriculaire gauche, on donnera la digitale à petites doses, d’après les règles qui ont été formulées plus haut. Dans les tachycardies on peut sans