TRAITEMENT
Toutes les considérations tirées de l’évolution des cardiopathies séniles, de l'incertitude du pronostic, des ressources infinies que le vieillard trouve dans son tempérament, et dans la nature, doivent commander le régime alimentaire êt les prescriptions thérapeutiques.
Deux principes doivent dominer.
La prudence et la réserve :;
Eviter toute perturbation brusque dans la vie du vieillard, se souvenir que des habitudes, même les plus contraire aux principes médicaux, sont pour lui une seconde nature, faire taire ses sentiments personnels, tels doivent être les guides de la conduite du médecin qui agira d’ailleurs différemment, selon qu'il s’agit ou non d'insuffisance ventriculaire.
A. — Ilny a pas d'insuffisance
ventriculaire gauche
Rien ne vient alors gêner l'application des principes e] Î précédents au point de vue régime et médication,
Traifement hygiénique
Il est bon de ne modérer l’activité du vieillard que si elle est excessive. Le mettre en garde contre des marches trop rapides, des ascensions intempestives, une vie sexuelle exagérée, mais rien ne s'oppose à une certaine dépense intellectuelle, à des promenades, à des exercices physiques modérés. Mêmes précautions à l'égard des émotions, bien que cette fatigue morale soit difficilement évilable. Autant que possible, il faut amener le vieillard à vivre sa vie paisible et au ralenti : il faut ly amener doucement,avec persuasion, et surtout progressivement.
Ces précautions à l’égard des habitudes prises par le vieillard doivent avoir leur répercussion sur les cures physiothérapiques, thermales ou climatériques.On interdira les cliinats extrêmes qui entraînent des réactions vasculaires défavorables à l'équilibre circulatoire. On déconseillera formellement les traitements hydro-minéraux (balnéations, douches, cure de diurèse) qui mettent le cœur et la circulation à une épreuve indésirable.
Traifement diététique
A l'égard du régime, le médecin ne doit faire preuve, ni de parti prs,ni d'esprit de système. Il tiendra compte des désirs, des goûts, et, encore une fois, des habitudes du vieillard.
D'une façon générale, la constatation d’une cardiopathie bien tolérée ne doit rien faire modifier, sauf si l’on
constate de véritables excès préjudiciables à la santé, une nourriture trop abondante, un régime trop carné, un éthylisme invétéré, mais là encore il ne s’agit pas de Suppression, mais de modération.
On a loujours tendance à prescrire des régimes lactés restreints ou déchlorurés, voire hypo-azotés. Ce sont là des régimes d’exceplion et dans leur traitement des cardiopathies, MM. Laubry et Routier en ont fait le procès lorsqu'ils sont maintenus d’une façon systémaque.
Nous avons vu récemment une dame de 82 ans atteinte d’arythmie complète parfaitement tolérée, ‘mais dont la tension de 22,11 avait effrayé à ce point le médecin que la suppression de la viande avait élé radicale et que l2 régime hypo-azoté avait été maintenu pendant de longs mois.
Cette femme, qui n'avait jamais eu de troubles digestifs, dont l'appétit, jusque-là bien conservé, n’était diminué que par l’absence du goût des aliments qu'on lui offrait, était dans un état d’affaiblissement dû à la fois à la carence alimentaire, à l’exaspération et à l’insomnie qui ne laissaient pas d’être inquiétants.
Depuis un an, la reprise d’un régime normal, c’està-dire comprenant un repas de 100 grammes de viande à midi tous les jours, lui a rendu à la fois la confiance, les forces et l’espoir.
S'il est nécessaire, de par l'examen des éliminations urinaires, l'examen du sang, Ou pour toutes autres considérations, de prescrire se régimes d'exception, il est facile de le faire pour-un temps limité et de reprendre
alternativement avec ces régimes un régime normal. On a fait à la fois œuvre de bon sens et de véritable conseiller médical.
Traifement médicamenfeux
Le traitement de base del’artério-sclérose est l’iode, qu’on prescrira de multiples façons, soit sous forme d’iodures alcalins avec une préférence pour l’iodure de potassium, soit sous forme d'iodures organiques dont le plus simple est la combinaison d’iode et de lait.
Ces deux catégories de médicaments iodés se prescrivent par voie buccale. On donne de 20 à 50 gouttes de teinture d’iode en moyenne, de façon à peu près continue, par exemple dix jours par quinzaine.
Il'existe une combinaison organique d'iode injectable qu'on mettra à profit chaque fois que le traitement par ingestion sera mal supporté : c’est l'huile iodée, dont la résorption est très lente, inexistante même, d’après certains auteurs. On retrouve en effet la plus grande partie du liquide injectée dans les tissus sous forme de tache opaque à la radioscopie. Quoi qu’il en soit, les minimes parties absorbées ont une action réelle, grâce à la haute teneur en iode de la préparation.
Nous avons en effet recueilli de nombreuses observalions de malades n'ayant pu tolérer, en raison des douleurs gastriques provoquées, le traitement buccal iodé et dans lesquelles les injections d'huile iodée s'accompagnaient chaque fois de réelles sensations de bienêtre:
Le mode d'action de l’iode n’est pas connu d’une fa-