‹ Le Cœur SénileChapitre 8 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En faisant, dans leur récent Traité des maladies du Cœur et des Vaisseaux, une entité morbide du cœur sénile, MM. Laubry et Routier ont pensé, comme beaucoup d’autres avant eux, que l’âge était pour le cœur une cause suffisante de fatigue, de lésions et de troubles. Ils ont estimé que cette étiologie un peu vague, et dont nous chercherons à atténuer les contours indécis, méritait de prendre rang parmi les facteurs de cardiopathie, infections, rhumatismes, tumeurs, et qu’à elle ressortissait avec des caractères tranchés, une partie des grands syndromes localisés ou diffus qui sont les modes d’expression habituels de la souffrance cardiaque.

C’est en nous appuyant sur les nombreuses observations que nous avons recueillies dans le Service de M. Laubry, sur celles plus nombreuses dont notre Maître a pu suivre l’évolution, s’échelonnant souvent sur plus de quinze ans, et qui ont fixé ses impressions, que nous avons tracé le tableau clinique du cœur sénile. Chemin faisant, nous avons pensé pouvoir marquer ses titres à une description spéciale dans l’ensemble des cardiopathies.

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Est-ce à dire que nous cantonnant délibérément dans une étude purement clinique, nous méconnaissions le côté anatomo-pathologique et les lésions qui ont individualisé le cœur sénile ?

Telle n’est pas notre pensée, mais il nous a semblé qu’à ce point de vue il restait peu à dire après de nombreux et mémorables travaux ; tout au moins nos investigations nécropsiques ou histologiques, d’ailleurs forcément restreintes, ne nous ont rien appris qui n’ait été vu et dit. Laissant donc à d’autres le soin de compléter ce domaine anatomique déjà bien défriché, nous avons amassé et comparé nos observations de vieillards, recueillies avec toutes les ressources de la technique cardialogique moderne. Si analytiquement, nous avons relevé des symptômes déjà connus, il s’est dégagé et confirmé pour nous des impressions synthétiques conformes à celles que M. Laubry exprime dans son Service et a déjà résumées à grands traits, à savoir : la signification toute relative des signes objectifs, la prééminence des troubles fonctionnels sur les signes physiques pour fixer la valeur du cœur chez le vieillard et apprécier le terme de sa résistance ; une tolérance souvent surprenante pour des lésions qui semblent profondes et une adaptation quasi-indéfinie à des signes qui souvent, chez l'adulte, sont les prémices de la mort ; enfin, une certitude telle dans la valeur des symptômes rapportés à l’évolution, qu’elle pèse fortement sur le pronostic et permel de le nuancer d’un certain degré d’optimisme.

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