‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 12 sur 87 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

j. M. Vlanney eommenee ses études chez le Curé

d'écnlly.

Cependant Dieu s'était levé, il avait jugé sa Ga%ise ; ^t voilà qu'une fois encore les chrétiens redisaient, -dans la langue des prophètes, ces chants de trioniphe •destinés à convaincre d'impuissance les persécuteurs de tous les siècles. Après avoir vu leurs sanctuaires abattus, leurs autels profanés, leurs prêtres proscrits •et égorgés, le libre exercice du culte était devenu pour gux le sujet d'une joie immense, que ceux-là seuls peuvent comprendre qui ont été torturés dans leur conscience, ce dernier asile de la liberté et de la dignité humaine.

On était au lendemain du 1 brum^re , les temples étaient rouverts. La commune d'ÉcuUy fut une des premières à recueillir le bienfait du nouvel ordre de choses; et ce qui combla de joie tous les habitants du pays, c'est que Mgr de Mérinville, chargé, au nom du cardinal Fesch, de réorganiser le diocèse

de Lyon, eut rbeureuse idée de récompenser cette religieuse population, en plaçant à sa tête Tabbé Charles Balley, un des confesseurs de la foi (^'elle avait abrités durant les jours mauvais. 4||

Dès son arrivée, le nouveau curé se vit en relation avec tout ce que la ville, et les campagnes voisines avaient de familles recommandables ; tant était grande la confiance qu'il avait su inspirer par ses talents, ses vertus, la noblesse et la fermeté de son caractère. L'œuvre des premières communions, retardée par la longue interruption du ministère régulier, attira aussitôt son attention.il organisa les catéchismes; ses recommandations transformèrent chaque maison en sanctuaire, où les enfants recevaient de la bouche de leurs parents les éléments de la doctrine chrétienne; il achevait ensuite à Téglise ce qui avait été commencé au foyer de la famille. G'«6t ea chaiKe principalement qu'il donnait carrière aux ardeurs de son zèle ; sa sainte âme se répandait tout entière en des discours où Ton ne savait ce qu'il fallait le plus admirer, de la science qui éclaire, de l'onction qui pénètre, ou de la force qui entraîne.

Ainsi les temps d'épreuves et le deuil de l'Église étaient oubliés^torti des retraites ténébreuses où, pour le malheur de tous, on l'avait quelque temps réduit à se cacher, Je Sauveur revenait au sanctuaire de son amour, dans la paix des saints tabernacles; il remontait, sur les mêmes autels d'où il avait béni les ancêtres; on retrouvait p»ès de lui les?

douces émotions des anciennes fêtes chrétiennes. La famille Vianney, grâce à ses nombreuses relations tvec ÉcuUy, était de celles qui participaient le ghis à ces joies divines; mais nul, dans lafamille, n'«B jouissait autant que notre Jean-Marie. Dès ce jour, il commença à être d'ÉcuUy; il n'y avait pas une cérémonie religieuse, dans cette paroisse privilégiée, à laquelle il n'assistât. La distance n'était pas un obstacle : qu'était-ce qu'une lieue? On en aurait fait dix en ce temps-là pour entendre une messe... u Permettez-moi, disait-il à son père souffrant, d'al- (( 1er encore aujourd'hui àÉcully. Je dirai tant de « Pater et d'Aue, qu'il faudra bien que vos douleurs « cessent. »

Des rapports ne tardèrent pas à s'établir entre le nouveau curé et le pieux enfant de Dardilly. Il y a une attraction des âmes, comme il y a une attraction des corps. Le spectacle de là ferveur de ce saint prêtre à l'autel fit une grande impression sur le jeune Vianney ; il voulut le voir, lui parler ; et le premier effet de ces entretiens fut de développer en lui un désir qui y germait depuis longtemps. De bonne heure, le sacerdoce s'était présenté à sa pensée comme le sommet de réchell% sacrée dont il commençait à dresser les degrés mystérieux dans son cœur; ce n'avait été d'abord qu'un instinct, mais à l'âge où il était arrivé, c'était une vocation : « Si j'étais prêtre im jour, disait-il, je voudrais gaa gner bien des âmes au bon Dieu. »

M. Balley n'eut pas plutôt fixé sur Jean-Marie son œil doux et pénétrant, habitué à lire au fond des consciences, qu'il se prit d'une particulière et tendre affection pour cette nature simple et droite; il l'encouragea à demeurer ferme dans sa résolution : « Soyez tranquille, mon ami, lui dit-il, je me (( charge de vous. »

Le patronage du curé d'Écully était trop précieux pour que les parents de Jean-Marie missent à l'accepter l'ombre d'une hésitation. En peu de jours tous les préparatifs furent faits, et le nouvel élève fut installé dans la famille de sa mère, à ÉcuUy.

Soit par le malheur des temps dans lesquels s'écoula sa jeunçsse, soit aussi par les desseins de ses parents sur sa carrière et son avenir, arrivé à l'âge où la plupart des jeunes gens achèvent leurs études classiques, Jean-Marie ne savait presque rien. Cotte considération , qui en aurait peut-être arrêté d'autres, ne découragea point son maître. Quelquefois, le pauvre enfant était à bout d'eff((frts et de volonté ; l'incertitude et la défaillance le prenaient; il demandait la permission d'aller voir ses parents. M. Balley la lui refusait doucement : « Où veux-tu a aller? lui disait-il avec bonté. Tes parents, voyant « l'inutilité de'^on travail et de leurs sacrifices, ne « demanderont pas mieux que de te garder à la «maison. Alors, adieu tous nos projets! adieu tt le sacerdoce et le salut des âmes I... » Ces paroles rendaient le jeune homme à lui-même, à son tra-

vailt à ses résolutions; elles amenaient toujour=="^? uft redoublement d'application et d'efforts qu^i* e Dieu ne laissait pas sans récompense.

Se trouvant si dénué des facultés sans lesquelles — î? il ne pouvait espérer voir s'ouvrir pour lui 1^^ ^ sainte carrière à laquelle il aspirait, notre jeun^ c* homme songea à recourir à l'emploi des moyens s surnaturels, pour triompher des obstacles qui en treivaient la marche de ses études. Après avoir pri: s conseil de son directeur, il fit vœu d'aller à pied, demandant l'aumône, au tombeau de saint Françoi: Régis, afin d'intéresser en sa faveur l'apôtre du Viva rais, 6t d'obtenir la grâce d'en savoir assez pou:

devenir, lui aussi, un bon et fidèle ouvrier du Sci

g«ieur. Il partit, mais il eut le long de la route bierT^ dc« affronts à essuyer ; il lui arriva souvent de vi^lr refuser le gîte que la pitié accorde au derniei des mendiants. Parce qu'on trouvait qu'il n'avai' lias l'air d'un pauvre, on le prenait pour un voleuï^ etun vagabond. *

Tant de générosité, en regard de si incessante^ épreuves, devait avoir sa récompense ; ses prière^ lurent exaucées. Saint François Régis lui obtint d^ Bien la grâce qu'il désirait, au point d'étonner soej maître et ceux qui avaient le plus désespéré du succès. A dater de ce jour, les difficultés s'évanouirent 5 Harbre de la science eut des fruits moins amers, et ViAhve qu'on avait cru incapable ne trouva plu^ rif^n qui fût au-dessus de son courage.

Plus de cinquante ans après, à l'occasion d'une aumône à un pèlerin, le Curé d'Ars faisant allusion à son voyage de la Louvesc : « Il vaut mieux, disait- <c il, donner que de demander... Je n'ai mendié a qu'une fois dans ma vie, en allant au tombeau de « saint François Régis; je m'ensuis mal trouvé: on <t me prenait pour un voleur, et on ne voulait m'ac- <c corder ni paia, ni abri. )>

Aussitôt que Jean-Mârie eut pris possession de la chambre qui lui était destinée chez ses parents d'Écully, son premier soin fut de conclura avec la maitreisse de la maisoa certains arrangements relatifs au mode de vivre dont il entendait ne pas se clépartir : « Ayez bien soin, lui dit-il, de me tremper « ma soupe avant d'y avoir mis du beurre ou du tt lait. » Quand la ménagère avait été fidèle à sa consigne, il l'en récompensait par l'air de contentement i\épandu sur sa. figure, lagaité de sa conversation et la promesse éd quelgue pieux présent ; si elle y manquait , il lui en flfeait de vifs reproches; elle le voyait «sombre, ennuyé, mangeant sa soupe^ dit-elle, comme si chaque morceau eût dû Véirangler. »

Dans sa nouvelle résidence , le jeune Vianney continuait d'être l'ami des pauvres ; il amenait coucher à la ferme tous «eux qu'il rencontrait. Allant une fois d'Éeully eu Dardilly , il eu vit un qui n'avait point de chaussures ; il lui donna ses 8|pu«liers neufs, et, arrivé chez lui les pieds nus, il fut

rait sur aucune liste. Le fait de cette omission, d'abord secret, transpira peu à peu, tomba dans le domaine public et parvint aux oreilles de l'autorité, qui, sans information préalable, lui expédia, un beau jour, sa feuille de route pour Bayonne.

Ce qui rend ici visible à tous les yeux cette sagesse éternelle qui sait, prévoit et dirige les événements d*ici-bas, c'est que l'ordre du départ arriva au jeune étudiant, non pas immédiatement après la conscription, en cette terrible année de 1806, où. Napoléon ayant pour la quatrième fois sur les bras l'Europe coalisée, la France tout entière était debout et avait besoin de ses enfants, mais à l'heure où, maîtresse de tous ses ennemis, elle s'abandonnait à l'ivresse des fêtes avec son héros, qui lui rapportait de Vienne la victoire et la paix.

Néanmoins cette feuille de route fut, comnie on peut le penser, un coup de foudre pour la famille. Jean-Marie seul se montra ferme et courageux : ce qui l'affligeait le plus était la douleur des siens. Après quelqpues tentatives pour conserver à sa vocalion le pieux élève de M. Balley, son père se décida à lui faire un remplaçant, au prix de 3,000 fr.; niiîs, deux jours après la eonclusion de cette affaire, le jewne homme avec qui Ton avait traité se ravisa et viïit déposer, sur le seuil de la maison Vianney, sa» MKent et son sac.

|jp efforts que Jean- Marie avait faits jusque-là pour surmonter son chagrin l'avaient brisé; il tomba

malade. L'autorité militaire ne le voyant p«s arriver au jour indiqué envoya ses agents, qui proposèrent de l'emmener à l'hôpital de Lyon ; il fallut donc se résigner au départ de cet autre Bca^jamin. Ce fut le 28 octobre 1 809 qu'il ^tra à THÔtel-Dieu ; après quinze jours de repos et de soins, on le crut assez fort pour supporter les fatigues du voyage, et, le 13 novembre, il fut évacué sur Roanne. Il n'avait pas fait, la moitié du chemin que, rompu par les cahots de la charrette sur laquelle il était igisant, transi de froid et trop faible pour aller à pied, un nouvel accès de fièvre le saisit; force fut de le déposer à l'hôpital de Roanne. Pendant les six semaines qu'il y passa, il reçut la visite de toutes les jwr- ^onnes de sa parenté, accompagnées de leurs amis des deux villages.

Ces marques répétées d'eMime et presque de vénération excitèrent d'abord l'intérêt des bonnes sœurs Augustines qui desservaient l'hospice; c'étaient chaque jour de leur part des attentions nouvelles : tantôt elles lui prêtaient un bon livre, tantôt «lies lui faisaient passer quelques gouttes de vin vieux , ou bien elles prélevaient à son intentio% 5ur le dîner de la communauté, les morceaux les plus délicats. Ces bons soins hâtèrent son retour à la santé ; il lut appelé bientôt à faire partie d'un détachement qui se formait, à la destinatidi de l'Espagne. **

Le matin du 6 janvier, jour fixé pour le départ de

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de rfaôte que le ciel leur envoie ; ils lui servent à souper, et pendant qu'il mange et que le mari lui tient compagnie , la femme met des draps blancs à Tunique lit qui fût dans la maison ; quelque résistance que Jean-Marie -se crût obligé de faire, il fut contraint de l'accepter; ses nouveaux amis allèrent coucher au fenil : c'était un jeune ménage vivant tout petitement de son travail ; le mari était sabotier. Le lendemain il dit à son hôte qu'il était pauvre, qu'il ne pouvait pas le garder, qu'il n'avait pas assez d'ouvrage pour occuper un compagnon, mais qu'il allait le mener dans un endroit où il serait en sûreté. Jean-Marie se laissa persuader; l'unique grâce qu'il demanda à son protecteur, fut de ne pas le livrer à la gendarmerie,

La maison* du sabotier était à quelque distance d'un village appelé les Noës : c'est là que notre fugitif fut conduit, et le personnage auquel on le présenta était précisément le maire de la commune. Il accueillit fort bien le jeune Vianney, lui répéta qu'il n'aurait rien à craindre, et qu'il allait s'occuper de lui trouver un gîte.

Il y avait aux Noës une bonne mère de famille restée veuve avec quatre enfants, que tout le monde dans le village aimait et respectait. « J'ai connu « bien des saints et des saintes, a dit depuis le « Curé d'Ars en parlant de sa biçnfaitrice ; mais « M. Balley et la mère Fayot sont les deux plus

« belles âmes que j'aie rencontrées. » Peut-être la reconnaissance est-elle pour une bonne part dans cette appréciation ; quoi qu'il en soit, on aime à Ty trouver, et l'éloge n'y perd rien.

Le maire des Noës pensa que Jean-Marie ne serait nulle part aussi bien que dans cette maison, sous la garde de cet humble dévoiiment de chrétienne et de mère. Et, en effet, Claudine Fayot reçut le fugitif comme un enfant qu'elle aurait attendu. « Soyez tranquille, mon ami, dit le maire en se re- « tirant, nous répondons de votre sûreté. Les gen- « darmes ne viendront pas vous chercher ici. Quand (( vous aurez peur d'eux, vous n'aurez qu'à frap- « per à ma porte ; elle vous sera toujours ouverte. »

Pourtant le bon maire était moins rassuré qu'il n'affectait de le paraître; les gendarmes allaient partout, et ils allaient plus particulièpement dans ce village, qui, par sa position isolée au milieu des montagnes et sur la lisière d'une forêt, pouvait facilement servir d'asile aux réfractaires. Afin de donner le change aux agents de la force publique, on eut l'idée de faire cacher au fugitif son vrai nom de Jean-Marie sous celui de Jérôme.

On ne saurait dire toutes les attentions que sa nouvelle mère adoptive eut pour Jérôme pendant le temps qu'il demeura chez elle ; elle ne le distingua de ses propres enfants que par la part plus large qu'elle lui fit dans sa tendresse. Ayant remarqué qu'il mangeait fort peu, elle allait jusqu'à se lever

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à peu; il se mit à travailler la terre. «Toute besogne lui était bonne, dit Jean-Marie Fayot, et il savait se plier à tout » Au temps des fauchaisons, il se multiplia pour rendre service à un plus grand nombre de personnes, au point qu'il tomba malade d'une fluxion de poitrine et garda le lit pendant une semaine ou deux.

La population des Noës comprit que ce jeune iomme était un trésor; elle s'y attacha et craignit Je lepeisilre. Pour le mettre à l'abri des investigaîons et des coups de main de la police, quand on '^doutait une descente, on plaçait des vedettes sur ^s hauteurs, qui dénonçaient de loin, par des » jgnaux convenus, la présence des gendarmes. Un * "Dur qu'ils faisaient une battue générale, Jérôme fut »« cacher dans un grenier à foin, au-dessus d'une écurie. Il étouffait dans cette atmosphère double- ZKient échauffée, et par l'entassement du fourrage, it par le voisinage de l'étable; il pensa être asphyxié. Cette situation violente dura longtemps. M. Viaiypey *% disait qu'il n'avait jamais tant souffert. Ce fut dans ce moment qu'il promit au bon Dieu, s'il sortit éé cette terrible passe, de ne plus se plaindre à l'avenir, quoi qu'il lui arrivât, u J'ai bien à peu près tenu parole, » ajoutait-il avec sftnplicité.

Le Curé d'Ars aimait à parler de soiSséjour aux Noës. Jusque dans les dernières années de sa tieillesse, le souvenir des bons habitants du village qui lui avait servi d'asile, pendant ses mauvais jours.

revenait à sa pensée. C'est aux Noës qu'il aurait voul être nommé curé; c'est là peut-être, si l'évêque Belley avait consenti à sa retraite, qu'il eût fini sa vi(

La reconnaissance de M. Yianney pour la veu^ Fayot ne s'affaiblit jamais; au commencement son ministère, il était dans l'habitude de lui écri tous les ans. Sa mère adoptive lui rendait son amitiorsqu'elle apprit sa promotion au sacerdoce, eL 1 ^ pensa mourir de joie. Ayant su, quelques semaiû--^ ^ après, qu'il était vicaire d'ÉcuUy, elle se Hit aussit^^'^ en route pour l'aller voir. Elle arrive à la cure, milieu d'une réunion d'ecclésiastiques, parmi te quels se trouvaient les grands vicaires du diocè^ traverse ce groupe imposant sans se déconcerte elle était trop au sentiment qui remplissait son pour éprouver la moindre gêne et le moindre ei barras; elle avise son Jean-Marie, son enfant bieX^ aimé ; elle le Tecooiiaît sous sa soutane, va droit lui, lui saute au <xni et l'embrasse à plusieurs piljjkes. Le Ctl^é d'Ars prenait plaisir, dans ïéÊèiimit^ ^ à rappeler cette petite aventure, et tout en riant de J^* lïlDl^melle embrassade de sa bonne mère Fayot, i ^ ^-fâa rougissait encore aimablement.

Il n'y a rien de nous dans le récit qu'on vient d^ lire. Nous l'avons composé avec les souvenirs de no^ conversatllns d'Ars. M. Vianney ne craignait pas d^ dirf à qui voulait l'entendre qu'il avait déserté, et il s'étendait avec complaisance sur toutes les péripéties de sa fuite et de sa retraite aux Noës. Un jour

u'on lui parlait de sa croix d'honneur, il dit en isant une petite moue très-significative :.« Je ne ^< sais pas pourquoi l'empereur me l'a donnée , à <:< moins que ce ne soit parce que j'ai été déserteur.)) Quand on y regarde de près, ce grave épisode de Va vie du Curé d'Ars ne laisse planer sur lui aucun soupçon de culpabilité. Cette omission involontaire d'une formalité qui, si elle avait été remplie comme elle devait l'être, aurait eu pour effet son exemption légale àd service nailitaire ; cette maladie, cette absence non calculée, au momeijt de l'appel et du départ de la colonne, cette simplicité avec laquelle il se présente au bureau de recrutement, Vinterveution du jeune inconnu qui fut pour lui l'ange de Tobie, la connivence du représentant de la loi, le bon maire des Noës, toutes ces circonstances extraordinaires ne laissent pas de place à une responsabilité personnelle dans le fait de sa désertion. Il est évident que, depuis le commencemenqusqu'à la fin de cette histoiffe, il a eu, pour tout disposer ^tout contre, un. grand complice : là Providence .

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