‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 28 sur 87 · GOMMENT IL ORNE SON ÉGLISE · texte numérisé non relu

GOMMENT IL ORNE SON ÉGLISE

iXrs, Aussi, dès l'année qui suivit son installation, Voulant la célébrer avec toute la pompe possible, il It (Jes frais considérables pour mettre sur pied une 4foupe de beaux petits anges habillés de blanc. Il se tiÇFpelait que Notre-Seigneur avait aimé les enfants. Il lui semblait qu'en présentant les siens au bon Wattre, en ies rangeant sur son passage au jour de mm triomphe, il lui rendait un hommage selon son cœur. Il se plaisait à les parer lui-même de leurs inniques blanches, et, avec cet air de bonté qui ga- ^eles cœurs : « Allqns, mes enfants, leur disait- il, jc voas sere« bien sages. Vous penserez que vous êtes « devant le bon Dieu et que vous tenez la place « des anges. Vous lui direz du fond du cœur : « Mon -a Dieu, je vous aime I » Pour plaire à Notre-Sei- « gneur, il faut que votre âme soit blanche comme « les habits que vous allez prendre. » Animée par ocs paroles, la petite phalange assistait à la procession avec une bonne grâce dont les mères étaient fières et la paroisse édifiée.

Eq apprenant ce que son Curé avait fait en vue de relever Thonneur du culte dans sa petite église, le vicomte d'Ars ne voulut pas rester en arrière d'un si beau zèle, car lui aussi aimait la gloire de la maison de Dieu ; il envoya de Paris, pour Tome* ment du nouveau mattre-autel , six chandeliers, deux grands reliquaires et un tabernacle en cuivre doré, d'un excellent travail. Vinrent ensuite un dais éblouissant, de riches bannières, de superbes

chasubles, et enfin un grand ostensoir en vermeil A l'aspect de toutes ces magnificences, on se flgure la joie du saint homme. Ceux qui en ont été témoins le voient encore riant, pleurant, joignant les mains, levant les yeux au ciel, appelant les bénédictions divines sur le bienfaiteur de son église, allant et venant dans la paroisse, rassemblant les grands 6t les petits, et voulant les amener tous, pour jouir avec lui de la vue de ces trésors. Pendant quelques jours, il chercha comment il marquerait à Dieu sa reconnaissance. « Mes frères, dit- il le dimanche « suivant, vous avez vu ce que M. d'Ars vient de « faire pour nous. Eh bien! j'ai formé le projet « de vous mener en procession, à Fourvières, ren- (( dre grâce à la très-sainte Vierge et lui faire honi- « mage de ces richesses. » Ori pense si cette propo* sition fut du goût de tout le monde. Au jour indiqué pour la cérémonie, avant Taube, la population en habits de fête remplissait Téglise. Le pasteur y était déjà; il avait tant à demander! c'était un monde de joies, de pressentiments, d'espérances qui s'éveillaient dans son âme.

On se souvierit encore à Trévoux de l'impression produite par l'arrivée de cette procession champêtre. Mais ce qui frappa pour le moins autant que l'or étincelant des bannières, ce fut le Curé d'Ars luimême, avec ses traits pâles et mortifiés et l'air de sainteté répandu sur sa figure. Après une petite halte sur les bords de la Saône, on partit en deux

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