GOMMENT IL ORNE SON ÉGLISE
?llie; des flots d'encens parfiimentlè sanctuaire; Gs chants remplissent les voûtes et les cœurs, outes les richesses , toutes les pompes réservées ux princes dans leurs palais sont offertes ici aux eux du chrétien. Elles relèvent et glorifient son Jumble existence et lui apprennent que, dans l'ÉîHse et là seulement, les petits et les pauvres sont traités comnàe de nobles enfants de Dieu.
Le Curé d'Ars comprenait cette sainte poésie du ^liiïxanche ; il en avait respiré les parfums dès son ^ï^faiice, il en avait joui pendant son vicariat. Il ^^vait que Téglise est tout pour le peuple : sa vie, ^^ fu, son espérance ; que les statues et les tableaux ^^ïit sa bibliothèque, où il lit à livre ouvert This- ^<>ire de ses destinées. Quand il vint à Ars, il trouva ^^ pauvre petite église bien nue et bien froide ; son ^ceur souffrit de ce dénûment. Il consentait bien. Pour sa part, à n'avoir rien ; mais il voulait pour ^n Maître le luxe et l'éclat des ornements sacrûs. Il avait la passion du beau dans les choses qui touchaient au culte divin : « Oh 1 j'aime bien, disati-ii « à chaque nouvelle acquisition, augmenter le mé- « nage du bon Dieu I Gomment ne donnerait-on pas <« à Notre-Seigneur tout' ce qu'on a de plus riche et « de plus précieux? Quelle ingratitude ce serait de « se montrer avare envers un Dieu qui se montre si c< prodigue I N'a- t-il pas donné tout son sang pour a nous sur la croix? ne se donne-t-il pas à nous tout (( entier dans la sainte Eucharistie? i»
L'abbé Viauney conçut, dès le principe, un fte dr restauialion pour son église, et il commença jai Tautel ; rancicn était plus que rustique et tombai dr vétusté ; il eu fit faire un neuf à ses frais. Celui une grande joie pour lui d aider les ouvriers àpla- :ci' son bel autel. Cette première réparation en demandait luie autre. Les boiseries du chœur contrasr taieiit par leur délabrement avec les dorures et les briUanti'S couleurs de Tautel. Le menuisier se fit décorateur, et on le vit, pendant plusieurs mois, le pinceau à la main, essayer de redonner aux vieilles moulurcb et aux antiques panneaux un peu de fraîcheur et d'éclat.
Ces travaux occupaient l'activité naturelle du (^Airé d'Ars et le sauvaient du désœuvrement et de Tinertie, dont il redoutait les dangers pour son &me depuis qu'il était en Dombcs.« L'air mou de ce pays 'i m'inquiète, disait-il en soupirant. J'ai peur de me ({ damner faute de travail. » Ténioin du zèle de son pasteur, la population compit que tout est grand dans le culte du Seigneur; elle le récompensa de son amour pour la maison de Dieu par un concours de plus en plus empressé. Aux jours des grandes solennités, la petite église commençait àofbîr UD aspect imposant.
Dans la couronne des fêtes chrétiennes, celle du Saint-Sacrement est au premier rang; elle est restée populaire en France, malgré l'affaiblissement de la foi ; elle était chère entre toutes à la piété du Curé