‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 31 sur 87 · IL ERIGE PLUSIEURS CHAPELLES · texte numérisé non relu

IL ERIGE PLUSIEURS CHAPELLES

La première «chapelle que le Curé d*Ars fit construire s'ouvre au nord de l'église, vis-à-vis celle de 1^ Sainte Vierge. Il Ta dédiée à son patron saint ^'^an. Baptiste. C'est une croyance traditionnelle ^^ïis le pays que son érection se rattache à un fait ^^rveilleux, contemporain des premières années ^u ministère de M. Vianney. Un jour, dit la chro- ^^que, pendant la messe, il vit le saint précurseur ^^boutau coin de Tautel, du côté de l'Évangile, hii ^^Uant entendre qu'il voulait être particulièrement honoré dans l'église d'Ars, et que, par son intercession, beaucoup de pécheurs reviendraient à Dieu.

Quoi qu'il en soit de cette apparition, il y eut une ^utre circonstance non moins extraordinaire qui accompagna la construction de la chapelle de Saint- Jean-Baptiste. Quand elle fut finie, le bon prêtre, qui donnait tout aux pauvres sans jamais rien garder, se trouva fort embarrassé avec ses ouvriers : il n'avait pas d'argent. Avouer son insolvabilité et demander un délai était chose facile, mais qui ne le menait pas loin. Sa ressource, lorsqu'il se voyait sous le poids de quelque grande complication, était de faire une promenade dans la campagne, son rosaire à la main; la prière et le grand air le soulageaient un peu. A peine, cette fois, avait-il dépassé les dernières maisons du village et suivi le bord des champs, qu'il vit arriver à lui un cavalier, lequel, arrêtant sa monture et le saluant respectueusement lui demanda avec intérêt des nouvelles de sa santé :

«Je ne ^aispas mal, répoudit l'homme de Dieu, I (( mais je suis bien ennuyé. — Eh quoi ! vos parois- « siens vous font-ils de la peine? — Non, Monsieur. 1 ^ « au contraire, ils ont plus d'égards pour moi que 1 « je n'en mérite ; c'est autre chose qui me donne de « l'ennui. Je viens de faire bâtir une chapelle, et je « n'ai pas de quoi la payer. » L'inconnu sembla réfléchir, puis, comme M. Vianney se disposait à prendre congé par discrétion, il l'arrêta, et tirant de sa poche vingt-cinq pièces d'or : « Monsieur le Curé, « dit-il, voilà pour payer vos ouvriers. Je me recom- « mande à vos prières... » Et il disparut au grand trot de son cheval, sans laisser à M. Vianney le temp j^ de se reconnaître.

Son ancien compagnon d'étude à la cure d'Écully. le vénérable abbé Loras, vint bénir la nouvelle chapelle ; le concours fut énorme à cette fête. « On eût dit, selon la remarque naïve de Catherine, que le saint précurseur avait passé dans toutes les paroisses environnantes, appelant les populations à Ars. » Quelques jours après la cérémonie, M. Vianney dit à ses paroissiens : u Si vous saviez ce qui s'est passé « dans cette chapelle, vous n'oseriez pas y mettre

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