‹ Le curé Meslier [microform]Chapitre 1 sur 29 · DES BELI6I0NS · texte numérisé non relu

DES BELI6I0NS

Gomme il n'y a aucune secte particulière de religioaqui ne prétende être véritablement fondée surTaiitoritéde Dieu, et entièrement exempte de toutes les erreurs et imr postures qui se trouvent dans les autres; c'est à ceux qui prétendent établir la vérité de leur ^ecte, à faire voir qu'elle est d'institution divine, par des preuves et des '^ témoignages clairs et convaincants: faute de quoi, il faudra tenir pour certain au'elle n'est que d'invention humaine, pleine d'erreurs et de tromperies; car il n'est pas croyable qu'un Dieu tout-puissant infiniment bon, aurait voulu ■■ donner des lois et des ordonnances aux hommes, et qu'il n'aurait pas voulu qu'elles portassent des marques i>lus sûres 'et plus authentiques de vérité, que celles des imposteurs qui sont en si grand nombre. Or, il n'y a auchn de nos christicoles, de quelque secte qu'il soit, ^ui puisse, faire voir, par des preuves claires, que sa religion soit véritablement d'institution divine; et, pour preuve de cela, c'est que depuis tant de siècles qu'ils sont en contestation sur ce sujet les uns contre les autres, même jusqu'à se persécuter à feu et à sang pour le maintien de leurs opinions, il n'y a eu cei)endant encore aucun parti d'entre eux, qui ait pu convaincre et persuader les autres par de

:x^tèl§ témoignages de vérité ; ce gui ne serait certainement ;^^oîrit/ s'il y avait; de paTtetîdfàutre des raisons pu des "iv-prenyes claires et sûres d^une institution divine. Car, -^ comme personne d'aucune secte de religion, éclairé et de honne foi; ne prétend tenir et favoriser l'erreur et le^men- ^^ songea et qu'au contraireî chacun de «on côté prétend soutenir la vérité, le véritable moyen de bannir toutes erreurs ; et de réunir tous les hommes en paix dans les mômes ; sentiments et dans une même forme de religion, serait de produire ces preuves et ces témoignages convaincants de -la vérité, et de faiire voir par là que telle religion est véri- :: tablement d'institution divine, et non pas aucune des autres. Alors chacun se rendrait à cette vérité; et personne n'oserait entreprendre de combattre ces témoignages, ni soutenir le parti de l'erreur et de l'imposture, qu'il ne soit en même temps confondu par des preuves contraires; 'mais, comme ces preuves ne se trouvent dans aucune religion, cela donne lien aux imposteurs d'inventer et de soutenir hardiment toutes sortes de mensonges.

--Voici encore d'autres preuves qui ne feront pas moins clairement voir la fausseté des religions humaines, et surtout la fausseté de la nôtre.

Toute religion qui pose pour fondement de ses mystères etqui prend pour règle de sa doctrine et de sa morale, un principe d'erreurs, et qui est même une source funeste de troubles et de divisions éternelles parmi les hommes, ne peut être qu'une mauvaise religion. Or, les religions humaines, et principalement la catholique, posent pour fondement de leur doctrine et de leur morale un principe d'erreurs. Donc, etc.

Je ne vois pas qu'on puisse nier la première proposition -de cet argument ; elle est trop claire et trop évidente pour pouvoir en douter.

Je passe à la preuve de la seconde proposition, qui est que la religion chrétienne prend pour règle de sa doctrine et de sa morale ce qu'ils appellent foi, c'est-à-dire une . Tcrèance aveugle, mais cependant ferme et assurée de quelques lois ou de quelques révélations divines, et de quelque divinité. Il faut nécessairement qu'elle le. suppose ainsi; car c'est cette créance de quelque divinité et de quelques révélations divines qui donne tout le crédit et toute l'autorité qu'elle a dans le monde; sans quoi on ne ferait aucun état de ce qu'elle prescrirait. C'est pourquoi il n'y apointde religion qui ne recommande expressément à ses sectateurs d'être fermes dans leur foi. Delà vient que tous les christicoles tiennent pour maxime que la foi est le commencement et le fondement du salut.

€t qu'elle est lar racine de ioute justice et^

ficatipn, cojiaBLe il estniîir ùé^ oiaâs le^ cohcilç de^f^Mo^fe^ '^:

sess. 6, 'cbàp-viiiv' ■■■■/;. :^. ■ ■'■'■"■ '■-'^^'%:^'^: ::^^

Or, Ù est évident qu'une créance ayeuglè de toot.ç^^^ se propose sous le nom et Uaùtorité de Dieu^ esVùri:prinfei cipe d'erreurs r*^ ^"^ »«rtv,o«««.«« t>«.,- »v„«^,^û ^^i^ot^ww,^/

roh yôil; qu'il n*3 qui né prétende :

et ne se dise particulièrement inspiré et envoyé- dé 13>ieii.' I^on seulement cette foi et cette créance aveugle, q;îi'ÛSi£ posent pour fondement de leur doctrine, est un principef; , d'erreurs, etc.; mais elle est aussi une source funésie;^qev troubles et de divisions parmi les hommes, poii"*; lé notàînr— tf tien de leur religion. Il n'y a point de méchanceté qu'il» ^ n'exercent les uns contre les autres sous ce spécieux. pré- (texte. - '" €i

Or, il n'est pas croyable qu'un Dieutout-puissantvinfi- ,5 niment bon et sage, vouMt se servir d'un tel mroyen m ;? d'une voie si trompeuse pour faire connaître ses yolôrités ' aux hommes; car ce serait manifestement vouloir les lu- '; duire en erreur ei leur tendre des pièges, pour leur faire ; embrasser le parti du mensonge. Il n'est pareillement pa? .v^ croyable qu'un Dieu qui aimerait l'union et la paix,- lé:" bien et le salut des hommes, eût jamais établi, pour fou- \ dément de sa religion, une source si fatale de troubles: §t -fi. de divisions éternelles parmi les hommes. Donc, dès relt- : gions pareilles ne peuvent être véritables, ni avoir été v instituées de Dieu . -;::?,

Mais je vois bien que nos christicoles ne manqueront ;: pas de recourir à leurs prétendus motifs de crédibilltéVét ' qu'ils diront que, quoique leur foi et leur créance sbleijit aveugles en un sens, elles ne laissent pas néanmoins d'être appuyées parde. si clairs et de si convaincants témorghage» ^^ de vérité, que ce serait non seuleiuent une imprudénçjei . ,'mais une témérité et une grande f61ie^:^de ne pas vouloii : s Y rendre. Ils réduisent ordinaireinenit tous ces prétendu» motifs à trois ou quatre chefs. ^^ ^

Le premier, ils le tirent de la prétendue sainteté, de leur religion, qui condamne le vice et qui recommandeia pratique de la vertu. Sa doctrine est si pure, si siniiple,'à ce qu'ils disent, qu'il est visible qu'elle ne peut venir que delà pureté et delà sainteté d'un Dieu infinimentbon fet sage. ;

Le second motif de crédibilité,, ils le tirent de rinnocençe et de la sainteté de la vie de ceux quii*ont embrassée avecamour, et défendue jusqu'à souffrir la mort et lés plus cruels tourments, plutôt que de l'abandonner : n'éïantpfi»

'^ ^croyable qu^^ de si graads personnages se soient laissé

v tromper dans leur créance, qu'ils aient renoncé à tous les

avantages de^ vie» et se soient exposés à de si cruelles

; persécutions, pour ne maintenir que des erreurs et des

^- impostures.

Ils tirent leur troisième motif de crédibilité des oracles et des prophéties qui ont été depuis si longtemps rendus en leur faveur, et qu'ils prétendent accomplis d'une façon à n'en point douter.

Enfin, leur quatrième motif de crédibilité» qui est comme le principal de tous, se tire de la grandeur et de la multitude des miracles faits en tout temps et en tous lieux ■ en faveur de leur religion.

Mais il est facile de réfuter tous ces vains raisonnements, et de faire connaître la fausseté de tous ces témoignages. Car, lo les arguments que nos christicoles tirent de leurs prétendus motifs de crédibilité, peuvent également servir à établir et confirmer le mensonge comme la vérité; car l'on voit efifectivement qu'il n'y a point de religion, si - fausse qu'elle puisse être, qui ne prétende s'appuyer sur de semblables motifs de crédibilité; il n'y on a point qui ne prétende avoir une doctrine saine et véritable, et, au moins en sa manière, qui ne condamne tous les vices et ne recommande la pratique de toutes les vertus ; il n'y en a point qui n'ait eu de doctes et de zélés défenseurs, qui ont souffert de rudes persécutions pour le maintien et la défense de leur religion ; et enfin , il n'y en a point qui ne prétende avoir des prodiges et des miracles qui ont été faits en sa faveur.

Les mahométans, les indiens,les païens, en allèguent en \ faveur de leurs religions, aussi bien que les chrétiens. Si nos christicoles font état de leurs miracles et de leurs prophéties, il ne s'en trouve pas moins dans les religions païennes que dans la leur. Aussi l'avantage que l'on pourrait tirer de tous ces prétendus motifs de crédibilité, se trouve à peu près également dans toutes sortes de religions.

Gela étant (comme toutes les histoires et la pratique de

toutes les religions le démontrent), il s'ensuit évidemment

que tous ces prétendus motifs de crédibilité dont nos chris-

' ticoles veulent tant se prévaloir, se trouvent également

\ dans toutes les religions, et par conséquent ne peuvent

servir de preuves et de témoignages assurés de la vérité

de leur religion, non plus que de la vérité d'aucune La

conséquence est claire.

2o Pour donner une idée du rapport des miracles du paganisme avec ceux du christianisme, ne pourrait-on pas

dire, par exemple, qu'il y aurait plus de raison de^roii^:&^| PhÛostrate en ce qu'il récite de la vie d'Apollonius, giie^îy de croire tous les évangélistée ensemble dans ce qù'ilsjiiftx^^ sent des miracles de Jésus- Christ ; parce que l*on sait àa H-:-' moins que Philostrate était un homme d'esprit, éloquent r'% et disert, qu'il était secrétaire del'impératrice Julie, femme ^ 0[ dePempereurSévèrcet que ça été à la sollicitation de cette ^.*^ impératrice qu'il écrivit la vie et les actions merveilleuse^^; \:g: d'Apollonius ? marque certaine que cet Apollonius s'était yj rendu fameux par de grandes et extraordinaires actions^ J:^ puisqu'une impératrice était si curieuse d'avoir sa vie par .c^ écrit : ce que l'on ne peut nullement dire de Jésus-Christ, '. ni de ceux qui ont écrit sa vie; car ils n'étaient que dés .i ignorants, gens de la lie du peuple, de pauvres inercenair^;< res, des pôcneurs qui n'avaient pas seulement l'esprit de !>' raconter de suite et par ordre les faits dont ils parlent, .:. et qui se contredisent même très souvent et très grossie- C: rement. r ^1

A l'égard de celui dont ils décrivent la vie et les actions, ,r'^ s'il avait véritablement fait les miracles qu'ils lui attri- .^ buent, il se serait infailliblement rendu très recommàn- .. ç; dablepar ses belles actions : chacun l'aurait admiré, et on :^ lui aurait érigé des statues, comme on a fait en faveur des - ^^ dieux : mais, au lieu de cela, on l'a regardé comme : un ; ^ homme de néant, un fanatiç^ue, etc. <:^

Josèphe l'historien, après avoir parlé des plus grands ,c; miracles rapportés en faveur de sa nation et de sa religion, >^ en diminue aussitôt la créance et la rend suspecte, en di-.^ sant qu'il laisse à chacun la liberté d'en croire ce qu'iL voudra; marque bien certaine qu'il n'y ajoutait pas beaucoup de foi. C'est aussi ce qui donne lieu aux plus judicieux de regarder les histoires qui parlent de ces sortes de choses comme des narrations fabuleuses.

Tout ce que l'on peut dire à ce sujet nous fait clairement voir que les prétendus miracles se peuvent également imaginer en faveur de la justice et de la vérité.

Je le prouve par le témoignage de ce que nos christicolès mêmes appellent la parole de Dieu, et par le témoignage de celui qu'ils adorent ; car leurs livres, qu'ils disent contenir la parole de Dieu, et le Christ lui-môme qu'ils adb-. rent comme un Dieu fait homme, nous marquent expressé-' ment qu*ilyanon seulement de faux prophètes, c'est-à-dire , des imposteurs qui se disent envoyés de Dieu, et qui parlent en son nom, mais qui nous marquent expressément encore qu'ils font et qu'ils feront de si grands et si prodigieux miracles quepeu s'en faudra que les justesn'en soient séduits.

10 ' TESTAMENT - . .,

Dé plus, ces prétendus -faiseurs de miracles veulent gUfOn y ajoute foi, et non ànceiix que font les autces d^m parti 'contraire au leur, se> détruisant les ; uns ; les .autres* :^^^'X^^ de ce? prétendiùs prophètes nommé ^édéeiaS,

seToyànt contredit par un autre prophète appelé Michée^ celui-là donna un soufflet à celui-ci, et lui dit plaigamraent: t Par quelle voie l'esprit de Dieu a^t-il paSiSé de moi pour aller ù toi ? »

ils des

ont pas

"'ont dit

être les premiers auteurs dé ices narrations le sbntvérita-

;, . bîëmenit ; 2<> s'ils étaient gens de probitéj dignes de, foi,

sages «t éclairés , et s'ils n'étaient point prévenus en fa-

veur de ceux dont ils parlent si avantageusement ; 3^ s'ils

©nt bien examiné toutes les circonstances dés faits:

; qu' ils rapportent, s'ils les ont bien connues; et ;s'ils lesirap-

portent bien fidèlement; 40 si les livres ou les histoires

anciennes qui rapportent ito us ces grands miracles, n'ont

;,rpas été falsifiés et corrompus dans la suite du temps,

C comme quantité d'autres l'ont été.

- Que l'on consulte Tacite et quantité d'autres célèbres

. iiistoriens, au sujet de Moïse et de sa nation i on verra

, qu'ils sont regardés comme une troupe de voleurs et de

bandits. La magie et l'astrologie étaient |)Our. lors les>

seules sciences à la mode ; et comme Moî&e était, ditr-on,

■■'; instruit dans la sagesse des Egyptiens, il ne luifUit pas

;.; difficile d'inspirer de la vénération et de l'attachement

'pour sa personne aux enfants de Jacob rustiques, et iguo^.

; rarits-, et de leur faire embrasser, dans la misère où. ils

■ étaient, la discipline qu'il voulut bien leur donner.' Voilà

■ qui est bien différent de ce que les juifs et nos^christicoles

nous en veulent faire accroire. Par quelle règle certaine

connaltra-t-on qu'il faut ajouter foi à ceux-ci plutôt

qu'aux autres ? 11 n'y a aucune raison vraisemblable;/

Il y a aussi peu de certitude, et même de vraisemblance, sur les miracles du nouveau Testament que sur ceux .de , l'ancien, pour pouvoir remplir les conditions précédentes; Il ne servirait de rien de dire que les histoires qui rapportent lés faits contenus dans les Evangiles, ont été cegardées comme saintes et sacrées, qu'elles onti toujours été fidèlement conservées, sans aucune altération; des .vé- . rites qu'elles renferment; puisque c'est peut-rètre par là ^ môme qu'elles doivent être plus suspectes, et d'autant plus corrompues par ceux qui prétendent en tirer a^an^ tage, ouqui craignent qu'elles ne leur soient :pa3 assez , favorables : l'ordinaire des auteurs qui transcrivent: ces

P'est «€i q^e Jn<)S cilifisUpôlBS |iquôi}ms ne saur^tèût| i^ puisque, s^nspâ^èjT de plusieiw;» autres gi*^li^spéq^iQ|l^ii^ geai <;ui Q»ï\ jlçéconnii les addilbions, Jes retrânc^^i^&fitillt'i iesiiaUificaUons qui ont été l^es en différente i^tipïi^à^ <}^vguUi parait, à. îèuî? ;pîpriture isaiiite, leur sainl^ôr^il^i^ ^iiueux docteur parmi eux. ditloiyaaéHement^èn plu^i^^ endroits dé ses Prologues, qu'elles ont été corrôriipu^s^iBtl ^fôlsifiées, étant déjli dé son temps entre les njalns |Uiî^|^S^ tes 30!rtes4e personnes, qui y ajoutaienjt et en rktrailLbhai^|itt# tout ce que bon leur semblait; en sorte qu'il y àvîuti<^^? il, autant d'exemplaires différents qu'il y avait lie; dlîKi-S rentes copies. '. ■ ^ ^ : '^"r^'^i-p^-

Touchant les livres de l'ancieu TV^tovient én^ parficio^^ Esdras, prêtre delà loi, témoigne lui-même aygtifr^jnij^ et remis dans leur entier lés prétendue livres sa(ârés^def$s'f loi, qui avaient été en partie perdus, et len partie^ coércnB^S PUS/ Il les distribua en XXII Uvres* selon 1er nombre :^|}{tlettres hébraïques, et composa plusieurs autwa^lt^^sî^ dont la doctrine np devait se communiqner qfl.^*aix':?<s)q3afiv §ages* Si ces livres ont été partie perdras, pajPtîéçoï©>îM-ro pus, comme le témoijgnent Esdràs et je docteur sa^jtjïéwi" rôme ------- - - -

sur ce les avoir

délUeu même^ il n'y a aucune certitude cle celjà, et i^ilÈ^

a point d'içBjposteur qui n'en puisse dire autant. - -- /{ Ir-^ |

Tous les livrés de la loi de Moïse et dés prophètes iqjOrîMti^

Çut trouver, furent brûlés du temps d'jâ^tipc^^s/t^l.èx la^mtul, régardé par les juiifô icommenn livre sainj^jet^^fs^cré, et qui contient toutes les lois divines, àveiiîiêiiain^ tences et dits notables dés rabbins, leur expï)sitli(iii tiiiif>sur lés lois divines qu'humaines, et une (juantité^'prpâi-^' gieus^ d'autre? secrets et mystères dé là langue hlbraî(^i-; est regardé par les chrétiens comme un livre ^afcJt d"B^téveries, de fables, d'impostures et d'impiétés. ËaVMiiièef 1559^ ils firehit brûler à jElome, par le commàndèniénif4es inquisiteurs dé là foi, douze cents de ces Tàimucfir itçi^OLirés dans une JjibljôtJieqiie de la viUè,4e.Grémohef ' ~

J^fts ph^igie^n^, qui faisaient pàjmi lés jaUs nnêCfa^ pieuse secte, né recev^ent que lés cinq livrés de IVÏoîsjGl^ et rejetaient tous les prophètes. Parmi lés chrétién?,:^àr^ cion (^ ses sectateurs rejetaient l^s livres de î^oisé ètrries^^ .PTX>phé|;es, et introduisaient d'autres ébritares à la iàotQdé i^^ Garpocrate et ses sectateurs en faisaient de même, réjé©

S^jtaïent tout rancîén Testaïhéhtveîmaintenaient gué Jêa^

-Èlirist- n'était qu'un homme cpûime lés autres. Lès inàir-

:;vcionites et les souverains réprouvaient aussi tout ràhcieu

:^'^éstament comme mauvais, et réjetaient aussi la plus

rij^ahdé partie des quatre Evangiles et les Ëpitres de saint

~ 'Paul. Les ébionites n'admettaient que le seul Evangile de

J saint Matthieu, rejetant les trois autres^ et lesEpitres de

{ jBaintPaul. Les marcionites publiaient un Evangile sous

le nom de saint Matthias pour confirmer leur doctrine.

^ -^Lés apostoliques introduisaient d'autres écritiires pour

: ;m^ erreurs, et pour cet effet se servaient de

k icértàins actes, qu'ils attribuaient à saint André et à saint

Thomas.

> Les manichéens écrivirent un Évangile à leur mode, et -rejetèrent les écrits des prophètes et deis' apôtres. Les etzàïtés débitaient un ceiiiain livre qu'ils disaient être venu 'rdu ciel; ils tronçonnaient les autres écritures à leur fantaisie. Origène môme, avec tout son grand esprit, ne laisiàit pas que de corrompre les Ecritures, et forgeait à tous coups des allégories hors de propos, et se détournait par ^ ce moyen du sens des prophètes et des apôtres ; et môme f avait corrompu quelques-uns des principaux points de la idoctrine. Ses livre» sont maintenant mutilés et falsifiés : çé ne sont plus que pièces cousues et ramassées par d'autres qui sont venus dejpuis; aussi y rencontre-t-on des '/'] erreurs et des fautes manifestes. Les allogiens attribuaient ■ à l'hérétique Corinthus l'Evangile et l'Apocalypse de saint Jean ; c'est pourquoi ils les rejetaient. Les hérétiques de nos derniers siècles rejettent comme apocryphes plusieurs ;' ivres que les catholiques romains regardent comme sainiS; et sacrés, comme sont les livres de Tobie, de Judith, ' d'Esther, de Baruch,Ie Cantique des trois enfants dans la fournaise, l'Histoire de Suzanne- et celle de l'idole de Bel, la Sapience de Salomon^ l'Ecclésiastique, le premier et le second livre desMacchaî)ées ; auxquels livres incertains et douteux on pourrait encore en ajouter plusieurs que l'on attribuait aux autres apôtres, comme sont, par exemple, les Actes de saint Thomas, ses Circuits, son Evangile et son Apocalypse; l'Evangile de saint JBarthélemy, celui de saint Matthias, celui de saint Jacques, celui de saint Pierre, et celui des apôtres; comme aussi les Gestes de saint Pierre, son livre de la Prédication et celui de son Apocsdypse; celui du Jugement, celui de l'Enfance du jsauveur, et plusieurs autres de semblable farine, qui sont tous rejetés comme apocryphes par les catholiques romains, même par le pape Gèlase et par les SS. PP. de la - communion romaine.

de qui confirme d'auiarii pluô qûll h V à aucun 4àind^^'. meut de cértituclô" toucKwit l'auiorita que l'on préteuftï^^ donner à ces livres, c'est que ceux qui en maintiennent^ là divinité sont obligés d'avouer qu'ils n'auraient aucùnév^j certitude pour lés fixer, si leur foi, disent-ils, ne les eh- assurait et ne les obligeait absolument de lecroire àià^; 5r Or, comme la foi n'est qu'un principe d'erreur et d'impôs^ ture, comment la foi, c'est-à-dire, une créance aveug^é^C' peùt-éllè rendre certains les livres qui sont euxr-mômés lô ; ft fondement de cette créance aveugle?^Quelle pitié et quelle démence I

Mais, voyons si ces livres portent en eux-mêmes quelquèL caractère particulier de vérité, comme par exemple, d'é-; rudltion, de sagesse et de sainteté, ou de quelques autres perfections qui ne puissent convenir qu'à un Dieu, et si les miracles qui y sont cités s'accordent avec ce que Tp» devrait penser delà grandeur^ delà bonté, de la justice et de la sagesse infinie d'un Dieu tout-puissant.

Premièrement, on verra qu'il n'y a aucune érucÙtion, aucune pensée sublime, ni aucune production qui passe lés forces ordinaires de l'esprit humain. Au contraire, on ^ s^ n'y verra, d^un côté, que des narrations fabuleuses, commet ; sont celles de la formation de la femme tirée d'une côte de^; ^ l'homme, du prétendu paradis terrestre, d'un serpent qui ~ parlait, qui raisonnait, et qui était môme plus rusêque' l'homme; d'une ânessequi parlait et qui reprenait son maître de ce qu'il la maltraitait mal à propos : d'un déluge universel, et^'une arche où des animaux de toute espèce -r étaient renfermés; de la confusion des langues et de ladi- je vision des nations; sans parler de quantité d'autres vains, récits particuliers sur des sujets bas et frivoles, que des.jv auteurs graves mépriseraient de rapporter. Toutes. ces narrations n'ont pas moins l'air de fables que celles que l'on a inventées sur l'industrie de Proméihée, sur la boité de Pandore, ou sur la guerre des géants contre les dieux; " et autres semblables, que les poètes ont inventées pour amuser les hommes de leur temps.

D'un autre côté, on n'y verra qu'un mélange de quaur tité de lois et d'ordonnances ou de pratiques superstitieuses touchant lés sacrifices, les purifications del'ancienne loi, le vain discernement des animaux, dont elle suppose' les uns purs et les autres impurs. Ces lois ne sont pas plus respectables que celles des nations les plus idolâtres.

On n'y verra encore que de simples histoires, vraies ou £ausses/de plusieurs rois, de plusieurs princes ou particuliers qui auront bien ou mal vécu, ou qui auront fait

TESTASISNT

igûél£fiiès belles ou ^lauyaisjBS actions^; |>àrmi}d^ : «œllops basses et frivoles oui y sont rapportées ànssl. > -Pour faire tout cela, u,; est visible qtt*il'iiei fallut pas avoir un. grand génie, ni avoir dés révélàUons^iyiiieei; Ge - n'est ipas faire honneur à' un Dieu.,

Enfin, on ne voit, dans ces livres, quelles disçpi;rs, la conduite et Jes actions de ces renpinmés prophètes, qui, se jdisaient être tout particulièrem,énit inspirjés de Dieu.'. Qn verra leur manière d'agir et déparier, leurs songes, leurs /illusions, : leurs rêveries ; et il sera facile de juger qu'ils /ressemblaient beaucoup plus à des visionnaires et à des fanatiques, qu'à des personnes sages et éclairées.

Il y a cependant, dans quelques-uns de ces livrègi plusieurs bons enseignements et de belles niaxime^ de mqriadè, coinme dans les Proverbes attribués à ^alonion dansle livre de la Sagesse et de l'Ecclésiastigue ;. mais ce Même Sâlojnon, le plus sage de leurs. écrivains, est aussi le plus incrédule: il doute méoie de l'immortalité de l'âme, et il conclut ses ouvrages par dire qn'il n'y a rien djB bon aue , déjoiiir en paix.de son labeur, et de vivre avec ce que 1 on aime.

D'ailleurs, combien les auteurs qu'on nomme profanes, Xénophon, Platon, Gicéron, l'empereur An tônin, l'empereur Julien, Virgile, etc., sont-iits au-dessus de ces livres qu'on nous dit inspirés de Dieu! Je crois pouvoir <fire. que, quand il n'y aurait, par exemple, que les Fables a'Esope, .elles sont certainement beaucoup plus ingénieu- >ses et plus instructives que ne le sont toutes ces grosisières et basses paraboles qui sont rapportées dans les EvangUés.

Mais ce qui fait encore voir que ces sortes de livrés ne

Ï)euvent venir d'aucune inspiration divine, c'est qu'Outra a bassesse et la grossièreté du stylé, etie défaut d'ordre, -dans la narration des faits particuliers qui y sont très mal circonstanciés, on ne voit point que les auteurs s'àe- •eordent; ils se. contredisent en plusieurs choses ; ils n'avaient pas même assez de lumières ini dé talents naturels pour bien rédiger une histoire.

Voici quelques exemples des contradictions qui tse trouvent: entre eux. L'évangéliste Matthieu fait descendre Jésus-Christ du roi David par son fils Salomon, jusq^fà Joseph, père au moins putatif -de Jésus-Ghrist ; et lûuo le fait descendre du même David par son fils Nathan jusqjii'à Joseph.

Matthieu dit, pariant de Jiésus, que le,bruit ^tant, ré- |)andu dans Jérusalem qu'il était né un nouveau iroi des juifs, çt que les mages étant venus le chercher pour l'ailç*

DE^''i«à3Bf^;Misi;iER . ^^;'C''']~':-^'y^0i^t}

rèK lé/ roivHérôdtëi^iCRMgii^

iw Im sôtât q«el^a& la xîouxoniie*^t égorger; tôùsilel ^Bn&uaits<no«yeliemenfr nés depuis? d&às. ans, daiî^^toiisél^ïî?^! environs dé Bèthléen^ où balui avait dit:quece;nou;yeaiiiÏ!:iy5| roi devait naître^ et qoiey Joseph et la mère de^Jéscu^ ayant été avertis en songe par un ange, de ce maaiwas îî^i: dessein, ils s'enfuirent incontinent en Egypte, OTÎtôi|s;^5^0| cleineurèrent j usqu*à la mort d'Hérode, cpii n'arriy* «ïttè; ^§, plusieurs années après I '"'-fp-^^'^

ÂU5 contraire, Luc marque que Joseph et la mèmjy de rj^ Jésus> demeurèrent] paisiblement durant six semaines dânirlfl l'endroit où leur enfant Jésus fut né >; qu'il y fut circoncis î|; suivant la loi des juifs, huit-jours après sa naissance ;:;fl4-^^:^ que, .lorsque le temps prescrit par cette loi pour laipuiifi^-^ ;;>5 <sa4,ion de sa mère fut arrivé^ elle et Joseph son maeiifâ^::>çj.|? portèrent à Jérusalem pour le présenter àsDieurdanSiàim ^>^'| temple, et pour offrir en même temps un sacrifice, ceilqiÛA-îJ «tait ordonné par la loi de Dieu ; après quor ils - s*€ai v^"'f^ retournèrent en Galilée dans leur ville de Nazareth^ djûL tv| leur enfant Jésus ^croissait tous les jours en grâce ek^ ; ;^r5 iragesse:; et que tson père et sa mère allaieijit tous lésrigaisà -r fS Jérusalem, aux:: jours solennels de leur fête d^ Pâques.^ sie^ Men que Luc ne. fait aucune mention de leur fuiten^eh^ - v^ Egyçte, ni de la cruauté d!Iiérode envers les enfants ide^laï^s province de Bethléem. r f;^ ;-^

A l'égard de la .cruauté d'iSèrodo, œmme les historiens '^e-fi 4e ee. temps-là n'en parlent ]^oini,.non plus^ que Josèplié 4 l'historien qui écrivit la vie de cet Hérodé, et que^lèsi" • ■ «utres ^ vangélistes n'en font Aucune: mention : il est ^irv ?^;; dent que le voyage de ces mages conduits par une étoile^' > . Hcemassacre des petits enfanta et cettte fuite en .Egypte^jiiB: B sont.qu'un mensonge, absurde. Car il n'est pas croyable <';que Josèphe quia blâmé les vices de ce roi; eûtïàïSBf^' 4^ sous sileoce une action si noire et si détestable, si ce; que > eetévangéiiste dit eût été vrai. -^ ; V

Sur la durée du temps de la vie publicjue de Jésus^-Chdsti 3' suiyant ce qjue disent les trois premiers évangélisteSj il ; ne pouvait y avoir eu guère plus de trois mois depuisL^oii -.'x baptèone jusqu'à sa mort; en supposant qu'il avait trente ans lorsqu'il futJjaptisé par Jeau^ comme dit Luc; et qu'il ; { fût né le-^5 décembre i^ Gar, depuis: ce baptême, qiii: fait l'an .i5.de ïibère^Gésar et l'année qu'Anne; et idaiphé ^ét^ent grands prêtres, jusqu'au premier Pâques! suiyaait ; qui était dans le mois de mars^ il n'y avait qu'environ ; tr<ois>moâs ; siuiyantee que^disent les trois premier^ èvAit- 1 gélistesj il fut crucifié la veille du premier Pâques sui^vaat, après son baptême, et la; première fois qu'il vint /àJèjSE^^

•J16;>'--. \ ,' ^. ;; -■ ^TESTAMENT ^^■■:':'' -" -^V-^/ :r'--.\'^

sàlemavec ses disciples; car tout ce au'ils disent dé soà baptême, de ses voyages, de ses miracies, dé seè prédicatioiiSj'et de sa mort et passion, se doit rapporter nécessairement à la môme année dé son baptême, puisque ces évangélistes ne parlent d'aucune autre année suivante; et qu'il parait même, par la narration qu'ils fout de ses - actions, qu'il les a toutes faites immédiatement après son ^ baptême, consécutivement les unes après les autres, et en fort peu de temps, pendant lequel on ne voit qu'un seul intervalle de six jours avant sa transfiguration, pendant lesquels six jours^on ne voit pas qu'il ait fait aucune chose»

On voit par là qu'il n'aurait vécu, après son baptême, qu'environ trois mois, desquels, si l'on vient à ôter six semaines de quarante jours et quarante nuits qu'il passa dans le désert immédiatement après son baptême, il s'en> suivra que le temps de sa vie publique, depuis ses premières prédicatious jusqu'à sa mort, n'aura duré qu'environ six semaines; et, suivant ce que Jean dlt^ il aurait -au moins duré trois ans et trois mois, parce qu'il parait, par l'évangile de cet apôtre^ qu'il aurait été, pendant le cours de sa vie publique, trois ou quatre fois à Jérusalem à la fête de Pâques, qui n'arrivait qu'une fois l'an.

Or, s'il est vrai qu'il y ait été trois ou quatre fois depuis son baptême, comme Jean le témoigne; il est faux qu'il li'ait vécu que trois mois après son baptême, et qu'il ait été crucifié la première fois qu'il alla à Jérusalem.

Si Ton dit que ces trois premiers évangélistes ne parlent eJBfectivement que d'une seule année, mais qu'ils ne marquent pas distinctement les autres qui se sont écoulées depuis son baptême, ou que Jean n'entend parler que d'une seule Pâque, quoiqu'il semble parler de plusieurs, et que c'est par anticipation qu'il répète plusieurs fois que la fête de Pâques des juifs était proche, et que Jésus alla à Jérusalem, et par conséquent qu'il n'y a qu'une contrariété apparente sur ce sujet entre ces évangélistes, je le veux bien ; mais 11 est constant qae cette contrariété apparente ne viendrait que de ce qu'ils ne s'expliquent pas avec toutes les circonstances qui auraient été à remarquer dans le récit qu'ils font. Quoi qu'il en soit, il y a toujours lieu de tirer cette conséquence, qu'ils n'étaient donc pas inspirés de Dieu lorsqu'ils Ont écrit leurs histoires.

Autre contradiction, au sujet de la première chose que Jésus-Christ fit incontinent après son baptême ; car les trois premiers évangélistes disent qu'il fut aussitôt transporté par l'esprit dans un désert, où il jeûna quarante jours et quarante nuits, et où il fut plusieurs fois teiitô par le diable ; et^ suivant ce que dit Jean, il partit deux

jours; après son baptême pour "aller eu GalÙée, où U fit fb^-^^^

Srtmièr nnràcle»^eri y >chàng^ via aux noç^; v^â

e^Ganâ, otî il se trouva trois, jours après son Brrry&^cej^^.^^ GàUlée, k plus de trente lieues de Fendroit où il était. ; ^ :'^-| -A l'égard du lieu de sa première retraite après sa softid^ -; ! du désert, Matthieu dit qu'il s'en vint en Galilée; et que, <v laissant la ville de Nazareth, il vint demeurer à Çapharr - :■ naûm, Ville maritime ; et Luc dit qu'il vint d'abord iiNf^C zareth, et qu'ensuite il alla à Gapharnaûm. ' ■ '^■■,^i-:::--^

Ils se contredisent sur le temps et la manière dont les i^^Jr: apôtres se mirent à sa suite ; car les trois premiers disent ;; que Jésus passant sur le bord de la mer de Galilée, il vit 'j Simon et André son frère, et qu'un peu plus loin il vit -^ Jacques et Jean son frère avec leur père Zébédéé, Jean, auv C > contraire, dit que ce fut André, frère de Simon-Pierre, q^ui ; , se joignit premièrement à Jésus, avec uii autre disciple -;■: de Jean-Baptiste, l'ayant vu passer devant eux, lorsqu'ils ~ v^ étaient avec leur maître sur les bords du Jourdain. - . ;-

Au sujet de la cène, les trois premiers évangélistes inar* quent que Jésus-Christ fit l'institution du sacrement de ;;: son corps et de son sang, sous les espèces et apparènces^'^ du pain et du vin, comme parlent noschristicoles romains; >- . et Jean ne fait aucune mention de ce mystérieux sacré- ment. Jean dit ((u'après cette cène Jésus lava les pieds à ^^ ses apôtres, qu'il leur commanda expressément de se faire les uns aux autres la même chose, et rapporte un long dis- "' «ours qu'il leur fit dans ce même temps. Mais les autres ; ^ évangélistes ne parlent aucunement de ce lavement de : pieds, ni d'un long discours qu'il leur fit pour lors. Au contraire, ils témoignent qu'incontinent après cette cènéî il s'en alla avec ses apôtres sur la montagne des Oliviers^ V où il abandonna son âme à la tristesse, et qu'enfin il tomba en agonie, pendant que ses apôtres dormirent un peu plus loin.

Ils se contredisent eux-mêmes sur le jour qu'ils disent qu'il fit cette cène : car, d'un côté, ils marquent qu'il la fit " i« «^:- j^i« ^^ni». j^ TtA «»^~* A. -ï^re le i soir du pre-^

pains sans levain, Lévitique, et dans \ï les Nombres ; et d'un autre côté, ils disent qu'il fut crucifié le lendemain du jour qu'il fit Cette cène, vers l'heure de midi, après que les juifs lui eurent fait son procès pendant toute J a nnit et le matin. Or, suivant leur dire, la lendemain qu'il fit cette cène n'aurait pas dû être la veille^ de Pâques. Donc, s'il est mort la veille de Pâques vers le midi, ce n'était point le soir de la veille de cette fête qu'il \ fit cette cène. Donc, il y a erreur manifeste.

TESTAMENT

■ Ils sé contredisent aussi sur ce qu'ils rapportent des femmes qui avaient snivi Jésus depuis la Galilée ; car les ' trois premiers évangélistes disent que ces femmes, et tous ceuyde sa connaissance, entre lesquels étaient^ Marie" Madeleine^ et. Marie mère de Jacques.et de Joses etla mère "dès enfants de Zébédée, regardaient de loin: ce qui se pas-' sait, lorsqu'il était pendu et attaché à la croixi, Jean dit, au contraire; que la inère de Jésus, et la soeur de sa mère, et Marie-Madeleine étaient debout, auprès de la «roix, avec Jean son apôtre. Là contrariété est manifeste, «ar si ces femmes et ce disciple étaient près de lui, elles n'étaient donc pas éloignées, comme disent les a,u- .tr.és:: . ;

Ils se contredisent sur les prétendues apparitions qu'ils rapportent que Jésus-Christ fit après sa prétendue résurr rection ; car Matthieu ne parle que de deux api>aritioris ; rune, lorsqu'il apparut à Marie-Madeleine et.à une autre femme nommée aussi Marie, et lorsqu'il apparut à ses onze disciples qui s'étaient rendus en Galilée sur la montagne qu'il leur avait marquée pour le voir. Marc parle de trois .apparitions; la première, lorsqu'il apparut à Marie-Ma- .deleine ; la seconde, lorsqu'il apparut à ses deux disciples qui allaient enEmmaûs; et la troisième, lorsqu'il apparut à ses onze disciples, à qui il fit reproche de leur incrédulité. Luc ne parle que de deux apparitions, comme Matthieu ; et Jean l'évangéliste parle de quatre apparitions, et ajoute aux. trois de Marc, celle qu'il fit à sept ou huit de ses disciples, qui péchaient sur la mer de Tibériade.

Ils. se contredisent encore sur le lieu de ces apparitions; car Matthieu dit que ce fut en Galilée, sur une montagne; Marc dit que ce fut lorsqu'ils étaient à table ; Luc dit qu'il les mena hors de Jérusalem, jnsqu'en Béthanie, oiï il les quitta en s'élevant au ciel ; et Jean dit que ce fut dans la ville de Jérusalem, dans une maison dont ils avaient fermé les portes ; et une autre fois sur la mer de Tibériade.

Voilà bien de la contrariété dans le récit de ces prétendues apparitions. Ils se contredisent au sujet de sa prétendue ascension au ciel; car Lue et Mare disent positivement qu'il monta au ciel en présence de ses onze apôtres; mais ni Matthieu ni Jeanne font aucune mention de cette prétendue ascension, bien plus, Matthieu témoigne assez clairement qu'il n'est point monté au ciel, puisqu'il dit positivement que Jésus-Christ assura ses apôtres qu'il serait et qu'il demeurerait toujours avec eux jusqu'à la fin des siècles. « Allez, leur dit-il dans cette préténidue -«apparition, enseignez toutes lés nations, et soyez as-

'^MJé^MiMm^--y ^^:^'^-^'M^'h^W-3^^M

Lue se contredit lui-même sur ce sujet ;;caE daiis sôâ" ; Eyangile^iUdit que ce fut eiLBéthanie qufil ia(iOQta;aù,eiél5^ eia pxésénce,clBl,ses apôtres ; et. dà^ Actes des Âpotrés (s.iippjosé qu'il eh soit l'auteur), il dit que ce fat/ suçla^^^ montagne des Oliviers- Il se Coîitredit eacore'lui-inème^ : dansuùe^autre circonstance dé cette ascension ; car il maèr^ que,, dans son Evangile, que ce . fut le jour même dei sa résurrection, bu là première nuit suivante, qu'il montâaii cief ; et, dans les actes des Apôtres, il dit que ce fût Jqu|if . ràntè jours après sa résurrection : ce qui ne s'accorde ceç taihement pas. " . 7 '

Si tous les apôtres avaient véritablement vu leur màltté ' montèrgloHeusementauciel,commentMattliieuétJeaD^quil'auraieiit yù comme les autres, auraient-ils passé sous. ^îf': lèDce lin si glorieux mystère, et si avantageux à leur lodat-' tre, vu. qu'ils rapportent quantité d'autres circonstaiices „ de sa vie et de ses actions qui sont beaucoup moins çprir; ■ sidérables que celle-ci ? Gomment Matthieu ne fait-ii^pas mention expresse de cette ascensionj et n'explique-t-ilpis^ clairement de quelle manière il demeurerait toujours àve^c^ eux quoiqu'il les quittât visiblement pour monterai! ciëir' Il n'est pas facile de comprendre par quel secret il pouvait : demeurer avec ceux qu'il quittait. 1

Je passe sous silence quantité d'autres contradictions |' ce que je viens de dire suffit pour faire voir que ces livres ne viennent d'aucune inspiration divine, ni même d'aucune sagesse'humaine, et par conséquent qu'ils ne méritent pas qu'on y ajoute foi

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