CHAPITRE XY
»3 l'inutilité ET BE. ; l'IMPOSSIBILITÉ DE CORRIOEK OU" DE:
BÉffoaiaiiaa la superstition, des remèdes EFT'ie^éËs
QÎTÉ l'on PEUT LUI OPPOSER.
De tous les liens ^arattaçlient les hommes à la Religion, rAaSe'ifwcfe est le plus fort ; Té ducation identifié avecàqus ïes opinions les plus étranges, nos premières, idées nous restent communément toute la -vie ; elles ne nous choquent, point dès que nous les avons reçues dans nolir^ enfance, dès que nous lés voyons autorisées par l'exemple, par ropinion publique, parles lois, et surtout lorsque^ nous lès voyons inunies du sceau de Vanti" quîtéi. Ainsi tout concourt àrendrela superstition chère
vertit à la juort;. U en tire des preuves en faveur de sa Religion; mais cette conversion ne prouve rien, sinon qu'un débauché, qui a; fort peu . raisonné- toute sa vie, peut encore moins raisonner à la mort.
1. Est-il un homme parmi nous à qui, dans l'âge de raison, l'on pût persuader qjie. trois ne font qu^un, et qu'it» fait ttois ; que Dieu a pu / «loun'r pour s!apaiser lui-même; que ce Dieu peut se changer eil pom, jetc."?..; Cependant l'éducation parvient tous les jours à mettre de pareilles idées dans l'esprit des* personne» les plus raisonnables d'ail» leurs; et si elles ont de r,enthousiasmâ>,.. elles se feront égorger pour les^ , défendre :' à leur avis, c'est celui qui refuse de croire ces dogines merveilleux, qui liasse pour un insensé. Il y à pourtant -une raison qui rend les • opinions les, plus. follestrës .durables;, c'est qu'on ne les examine point,, et que lors même qu'on les examine, l'esprit n'y trouve jamais que des mots vides' d'e sens ou- des idées qui ne présentent aucun côté direct par ■oîi l'on puisse les attaquer. Les mystères et les dogmes de la Religion , . sont d'une nature aussi fugitive que les Dieux ou les fantômes qui leur ^ servent de base; des Dieux inintelligibles, de purs Esprits, des chimères' doivent enfanter des chimères. Gomme ces Dieu:£ ex:igent des sacrifices» on a;:cru qu'on >^ ne pouvait leur en. faire un plus grand' que celui de- la , raison et dii bon sens, ou bien chacun a dit : Que sctil-on si des Etres que Jeneconçois pag,nepeuvent point agir tPune façon dont je n*ai nutleHéèt ' Voilà, jecrois, .comme on parvient à. croire tous les .mystères.
aux hommes, ou à les maintenir dans une îionieitàë iner- ' tie qui les empêche de rien e:s.RmiD.ev. En matière de Religion presque tout le monde est peuple : les grands et les riches, occupés de leurs affaires où de leurs plaisirs, ne songent pas plus que le vulgaire à examiner les fondements de leurs opinions ; presque personne d'entre eux ne se trouve assez gêné par sa Religion pour se révoiter contre elle, on la quitte et on la reprend suivant que les passions l'ordonnent ; ces spéculations paraissent sacrées à tout le monde, mais l'intérêt le plus faible l'emporte sur elles dans la pratique ; elles n'influent sur la conduite que lorsqu'elles s'accordent avec les passions ou lorsqu'elles les justifient. C'est ainsi que la Religion devient une arme sûre pour nuire aux hommes, sans jamais leur fournir des remèdes utiles. Le Dieu bon les invite à mal faire, le Dieu vengeur et méchant les rend insensés et cruels sans les rendre meilleurs.
Bien des gens sont convaincus de Vuiilitê et de la nécessité d'une Religion, très peu en connaissent /^5 dangers : les souverains, ou superstitieux ou tjrahs, la regardent comme 1' appui de leur pouvoir, sans vouloir s'apercevoir qu'elle devient leur ennemie dès qu'ils refusent de se rendre ses esclaves. Les personnes les plus détrompées d'ailleurs des préjugés religieux ne laissent pas de se persuader que la Religion est nêces" saire -pour contenir le peuple, cependsmt ce peuple . sans avoir rien examiné est toujours prêt à se soulever à la voix de ses Prêtres dès qu'on lui dit en gros que sa Religion est attaquée. En un mot les erreurs religieuses acquièrent une solidité inébranlable, parce que jamais on ne peut les attaquer sans péril, tandis que ceux qui les défendent sont applaudis, honorés, récompensés.
Tout semble donc conspirer pour donner à la Religion des défenseurs ardents et à décourager ses adversaires ; toute innovatio7i, toute opinion hasardée, toute cérémonie changée devient un monstre auoo yeux despeu^ pies, ils se figurent que les foudres du ciel vont tomber
quls- spôculiM;éurSw Si^q^
des Baalhieurs dans lesquels la supers tition:i'aploiigéei Jamais eWe «'a we ASSEZ de lumière ni de courage pourl remonter JUsqu-à leur source et pour. DÉr TRVÏREi le levain qui tôt ou tard produira de nouvelles fermentations. Les hommes ne font que diYfersifier leurs folies religieuses ; ils ne quittent une superstition dont les abus les dégoûtent que pour en adopter une nouvelle, qu'il faut toujours acheter au prix du sang, et qui souvent devient encore plus funeste que la première. Ce sont des Dieux atroces et déraisonnables, formés sur le modèle des plus méchants des hommes, ce sont leurs attributs insensés et contradictoires, ce sont leurs oracles trompeurs annoncés par le fanatisme et l'imposture, qui ont inondé l'univers de crimes et de misères: c'est le trône de ces idoles malfaisantes, ce sont ces fantômes dangereux qu'il fautR'm- VERSER TET DÉTRtriRE, si Voh vcut tarir la source des maux dont le genre humain est inondé.
En effet les mortels ont-ils beaucoup gagné aux changements successifs que leurs Religions ont éprouvés ? Hélas ! ils n'ont fait qne changer de délire,' ils n'ont été ni moins esclaves, ni moins insensés, ni ïnoins disposés à se nuire. Il n'appartient qu'à la vérité pure d'être toujours la môme et de procurer pour toujours la liberté, le calme et la concorde. Les ouvrages décousus du mensonge et de l'enthousiasme se détruisent d'eux-mêines : le temps n'a point respecté ces Dieux, qui pendant une longue suite de siècles ont fait trembler les nations et usurpé leur encens. Lés Osiris, les Bêlus, les Jupiter, autrefois si redoutés, sont aujourd'hui la risée de quelques peuples bien fiers de s'être détrompés de ces Divihités futiles ; ils les ont néanmoins remplacées par d'autres plus ridicules encore. Notre Europe a-t-elle donc lieu de se vanter d'avoir quitté les Dieux des Celtes et des Romains pour un vil artisan de Judée, mis à mort
dtteaTQag«^<>«r«ès disciple^ fo^ ■ f^
Que lea mortéis ne iious|>arl«Bt point ^èl[*à^tiq^^^^ de leuts cultes ; ils n'ont àdof é dans tous lès t«mps>qiiô -les mêmes fantômes, haMliésdiversemënti^uifanflèinss -besoins, leurs eaprices, les fantaisies de ieiirs modoà,. de leurs opinions, de leuïs folies. Toujours leurs Tàihès idoles régnèrent par les m<êmes voies; leur trôné fut é tabli sur la crainte et sur la crédulité; ©'ailleurs Tancienneté d'une erreur ne sera jamaisuntitre'valâble aux yeux de la raison: les témoignages successifs et Multipliés de la crédidité et de l'imposturej les traditions du mensonge ; des fables et des merveilles racontëes de père ènfils pendant des milliers de siécleSj ne pourront jamais rendre des folies respectables. Le Philosophe verra toujours dans les Dieux des nations, des génies malfaisants, qui, semblables à ces lueurs trompeuses que le voyageur égaré a l'imprudence de suivre, n'ont servi •qu'à faire quitter aux hommes la route de la félicité. "^^ En effet ces systèmes religieux apportés aux nations par leurs législateurs, les ont-elles rendues plus heureuses? Ces révélations merveilleuses que l'on a fait descendre du ciel, ont-elles soulagé les peuples des maux dont ils étaient accablés ; ces changements successifs, que leurs circonstanoes ont obligé de faire à leurs Bieligions, ont-ils amélioré leur sort? Non, sans doute ; tous ces pompeux mensonges, toutes ces rêveries diversifiées, loin de les guérir, n'ont fait que multiplier et diversifier leurs infortunes, eombiner des erreurs nouvelles avec des erreurs anciennes i^L'homme qui se crut
1, Toutes les Heligiona du monde sont des lamas confus de dogmes, de mystères, de rites anciens, amalgamés avec des inventions modernes. En remontant à la source de la plupart des usages et des opinions du Christianisme, on les trouvera chez les Egyptiens, les Chàldéens, les Phéniciens, les Grecs, les Romains et les Celtes. Cette Religion est un chaos dans lequel on aperçoit des vestiges de toutes les extravagances anciennes. Les nouvelles révélations qu'on annonce aiis hommes, sont toujours ^greffées sur des révélations antérieiwes; les cultes se fondent
JjçistPttit-P^itr kl Piywitë,,même n'e^ fut ^ue-plus malbear-, ^ Feux; r.ûv^opUHLçe^ii'ii fat-^ligé de mlsUcê à des apinions et à des prétendofi devoirs e^ fit ^ouTent ua 'être très da^g^T^u% pour Ini-^ême «t pour d'antres. Jjes' Dieux ue semi>lent s'être révélés va la ierre <pie pouar rendre plus fâi3h«ux le sort de ses haMtants ; ilsse^œcui-- ' trère^ipartoiLt comme des Conquérants, qiui ne laissent sur leur ^s^sage pie les signes de la désolation^ ou pomme ces météores terribjies, doni le souyenir ne se perpétua que par les traces des ravages qu'ils ant causés,. . :. , :--:.,' ;'
l^es sociétés Jiumaines furent communément sauvages, igULorantes, dépourvues de lumières et da connaissance» dans les temps où leurs législateurs leur donnèrent des^ Dieux, des cullies at des lois;?, à mesure que les moeurs^ les circonstances^ et les ibeseiBS des nations changèrent^: : leur^ idées religieuses durent aussi souffrir des chaugements ; le Dieu de Thommë social, policé, plus raisonnable, ne peut être le même que celui de Thomme errant, stiipide et féroce : ainsi rhomme civilisé et plus éclairé sur ses'' intérêts doit peu à peu se dégoûter de la ReU-^ gion, lorsqu'elle est devenue trop contraire à ses mœurs adoucies, aux idées qu'il a pu acquéidr^ à sa raison plus^ cultivée. 'Voici pourquoi l'on voit souf eut les peuple» secouer le Joug de leurs Dieuœ surannés j^ow en adôp- ' ter d'autres dont ils attendent plus de bonheur : fatigués de leur tyrannie ou de celle de leurs Prêtres, détrompé» des erreurs et des fables qu'on leur débite, ils adoptent quelquefois des nouveautés avec empressement^ou du
les uns sur les autres comme les langues, et sont, comme elles, sujets à des variations continuelles. La plupart des dogmes et des mystères des- Chrétiens sont éridemment empruntés de Pythagore et de Platon, qui ont été priser Ipur doctrine chez les Prêtres Egyptiens : d'où l'on voit que les opinions les plus respectécis parmi nous ne sont que des rêveries da quelques. Pailaps enthousiastes ou trompeurs. Pailavicini convient que sans Aristote, VSglisd n'aurait point eu plusieurs de ses articles; dà Foi. . ,.
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moins ils ^rêteot l'oreille à rèeùxl|ûiîeur^]^
leur anGienneHeligion sous une fdriue nbaTélleVmbin^
contraire à leurs idées présentes.
Cependant les changements dans laRéligionnè se font point tranquillement; c'est toujours par dès ^werrè^, dés rêvolulions, à.eB massacres que les hommes sont forcés d'apprendre ce qu'ils ont à penser sur cette matière. La Religion ancienne, ayant communément pour elle la possession, le grand nombre et le pouvoir, opprime et persécute les novateurs qui lui disputent «es titres, à force de mauvais traitements elle irrite leur opiniâtreté et les oblige de s'armer pour repousser les violences qu'elle leur fait. Ainsi la guerre s'allume, et la force décide de la secte qui demeurera maîtresse du champ.de bataille. Chez les hommes ce ne sont jamais que des passions et des folies qui combattent d'autres passions et d'autres folies : le délire le plus impétueux oblige le plus faible à lui céder la place. Au milieu de ses tumultes la raison ne peut se faire entendre, des combattants également acharnés ne sont point en état de l'écouter ; vainement cette raison, d'accord avec leurs intérêts véritables, leur crierait-elle qu'ils se battent pour des chimères indignes de les occuper ; vainement leur montrerait-elle la futilité des objets qui les divisent, de cette Religion qui donne lieu à leurs disputes ; les fanatiques sont sourds^ ils s'obstinent à se détruire pour soutenir la cause de leur entêtement.
Dans les disputes religieuses jamais on ne songe à discuter le fond, personne ne doute de sa bonté ; c'est toujours de ^a/brme dont les combattants sont occupés*.
ci- .y-.-.i-.y
li Rien de plus utile à l'Église que les hérésies, un Apôtre l'a dit : les querelles des Novateurs absorbent communément les plus grands génies d'un pays, qui prennent parti pour ou contre. Ainti, les hommes capa:bles d'attaquer les erreurs de l'esprit humain et de la^ superstition, au lieu d'ôtre utiles, âevienn«nt des chefs de parti et perdent l«ur temps en
couler DES EiiOTSMî SÀNCt, ïesi:nfrfiona n'eitsoiM^p guéries de leurs fbliesï; W/ô$?«w^^ - LA. RAXîlNB Wun mol qui tôt ou tard produira ] de noiur velles calamités. Ce sont les idées funestes de la Diyinité quHl faut éteindre chez les hommes, si l'on veut ■. \ leur ôteppoup toujours le prétexte de se nuire : la.raistfn ne pourra jamais se faire entendre d'eux tant qu'on leur dira de la soumettre à l'autorité de ces Dieux qui n!est que celle des interprètes de leurs décrets; ceux-ci ne leur font parler. que le langage de leur propre délire ou de leur propre intérêt. -
Ce n'est pas non plus la raison, ni l'amour. de la vérité , ni le désir sincère de soulager les peuples et de leur procurer le bien-être, qui arment quelquefois les Princes contre la Religion : s'ils font divorce avec elle, c'est lorsqu'elle s'oppose à leurs passions, à leurs intérêts, à leurs caprices. Ce ne fut pas l'idée de rendre plus heureux nos ancêtres qu'il tyrannisait qui détermina Henri j VIII à secouer le joug de la Religion Romaine, devenue depuis tant de siècles si fatigante pour eux. Ce fut le désir de jouir d'une femme que cette Religion lui défendait d'épouser. La nation Britannique débarrassée d'une superstition onéreuse crut en vain respirer en faisant des changements à ses opinions religieuses toujours entées>sur le système ancien; la Religion parmi nous se partagea en des sectes différentes qui donnèrent lieu par la suite à de nouvelles guerres, qui nous coûtèrent des torrents de larmes et de sang. C'est pat le Dieujaloux et dévorant que Ton doit commencer la re-
tapâtes futiles. Quels biens n'auraient pas fait nos Réformateurs^ si, au lieu d'attaquer quelques dogmes ridicules de l'Eglise Romaine, ils eussent employé leur génie, à démolir, le Ghristianishb, qui, depuis tant de siècles, fait le malhewr des nations Européennes ! Quels services, n'auraient pas pu rendre à la raison humaine des hommes tels que Luther, Calvin, Mélanchton, Erasme, etc., etc.?
^-IV-iî^/r-iig
îprrae de la^Réii^ion ; taatt^aiç i«^ «Â telDieu comme rarHti^e dôlëtHr^oi^ Uâ^«?eiio<:ët(-^ peroat nécessairement, lenr rOSprit fermènteéa sur. son compte, ils en dispiiteront sans ^ù, îiiB se Mttront pour leurs opinions, ^ju'ilis croiront imposantes.
On conviendra, peut-être, que dans toutes les Rell^ gions, les Prêtres n'ont donné que des idées absurdes et fausses de la DiTinîté ; mais qui peut se flatter d'eh^ avoir des idées véritables? Qui pourra se vanter de connaître son essence ? le parti le plus sage ne ^erait^îi donc pas de n*en jamais parler ? Ne voit-on pas que les hommes ne cesseront jamais de se quereller sur un objet dont ils n'auront jamais dès idées m précisés ni uniformes? Que sera-ce s'ils se persuadent qu^un Dieu s'intéresse à leurs arguments ridicules, et se fâché contre ceux qui raisonnent mal de ce qu'il ne leur «st point donné de savoir?
La Théologie sera toujours une science de conjectures sur lesquelles les mortels nepenventêtred'accord; s'ils veulent parler des Dieux, ils devraient au moiira les supposer assez sages pour né point sô mêler de leurs disputes insensées, assez grands pour ne point s'alarmer de leurs opinions enfantines, assezjustes pour né point leur savoir mauvais gré d'avoir déraisonné sur dés objets impossibles à comprendre *.
Faute de sentir la nécessité des maux q^e le Bteu M^zarre de notre superstition moderne devait né c es^irement produire, les spéculateurs, qui en dès temps différents ont prétendu la réformer bu la* rapprocher du boa sens, n'ont fait qu'élaguer et rajeunir un vieil arbre, prêt à reproduire en tout temps des rejetons funestes et des fruits empoisonnés ; ils ont greffé sur des mensonges un
1. « C'est assez, dit Théophraste, de permettra . au peuple d'être eot^ < saïas souffrir qu'il devienne une hête féroce.. . Que l'on donne cours à-sa folie, mais qu'on s'oppose à sa fureur. > Dans toutes les rérolutioas et •les séditions causées par la Religion, on neToit que desdéviots imbéciles. conduits par des fripons hypocrites.
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d«SHâi|^éi!ieiiies sarcle» dispulferânt sur des à^os^el^^^ (fEtestioits aecessoiçéSy sur- des soplôsmea^ des céc^méf^nieSf des détadls. ridicalea. Baminés. eQX-xaÔmes^ par deS: passions et des intérêts étrangers à ceux de la aociéte* (MI tropavfluglespour s'élever jusqu'à la yérité, ilsTa*:ôiirent communément pour objet que de nuire ^àlears^ ad- ; versaires, de s^élever sur leurs raines, de JEaire valoir lenrapropresopznions, et de décrier celles des Tliéoït>giens qui ne pensaieiat pas . comme eux. Le sae^erdoce^ sous quelque forme qu'il se soit montré^ n'eut jamais queses îatérêtsenyae. L'orgueil, la jalousie, l'avarice et l'ambition diviseroint toujours les membres d'uik corps dont rexistence ne se fonde que sur ii^'AVBt]!6L^iENT dés nations f dont ils séi disputent les dépouilles.
Ainsi les différentes réformes que l'on £t dans la Heligion ne firent que multiplier les querelles, les combats / et les misères des peuples : les prétendus re/brm0£eMr^, âers d*aYoir découvert quelques abus, quelques erreurs, quelques fra^udés grossières, les retranchèrent et Mtirent des systèmes nouveaux sur desfbndements ruineux. ^ Au lieu d'examiner dea révélations miensongères,. au lieu de rejeter avec mépris des livres sacrés ou ce» recueils de fables révérées, de dogmes contradictoires, de mystères^ incompréhensibles, d'ordonnances opposées ~ à la nature et à la raison, ces vains, spéculateurs ue s'occupèrent que de commentaires^ de distinctions, de suHa-' tHités ; et les nations n'en furent qu e plus malheureuses par les dissensions nouvelles^ les persécution^ les tyrannies auxquelles ces idées discordantes donnèrent lieu à chaque pas. Quelles que fassent ses opinions, le Prêtre trouva toujours, soit dans les souverains, soit dans les sujets, des esprits disposés à entrer dans sa ~ querelle; ses décisions importantes furent toujours soutenues par le fer et par le feu. Se trouva-t-il opprimé, faible, persécuté ? Il prêcha Idciolérance^ldi douceur^ la liberté de conscience. Devint-il le plus fort pout avoir
; :inis les puissaacès <ie sôni^côté^? "ïliiéipaodaLqm^dêzèj^i^ -; de VENGEANCE et d'exterminer les ennemis du Setigneur *i
' Par un aveuglement qui tient da prodige, ses iriconséquences les plus marquées ne furent jamais senties ; ses passions furent toujours écoutées ; le repos des nations lui fut sacrifié.
Si dans ces combats des sectes les unes contre les au- ^ très le masque de l'imposture fut quelquefois forcé dèr tomber, les peuples ne s'en aperçurent jamais. Le han-: deau de l'opinion recouvrit bientôt leurs paupières^.
PARCE QUE JAMAIS L*0N n'eUT LE COURAGE DE l'ÉCARTER
TOUT A FAIT. Malgré les révolutions continuelles dontla Religion iai le germe, elle fut. toujours militante et triomphante^ elle eut toujours le crédit de faire immoler ses ennemis à son Dieu ou à sa propre sûreté ; elle) infesta les Rois, elle enivra les sujets, elle porta l'incendié et le trouble dans le sein des Etats. Si les nations rougissent quelquefois des frénésies de /ewrs awcêtres, elles ne voient pas qu'à chaque instant elles sont elles-mêmes prêtes à tomber dans des excès également dangereux: elles ne sentent pas que l'éducation fana^tique qu'on leur donne, l'aveuglement et l'ignorance de la morale où on les tient, les préjugés qu'on leur inspire, les haines religieuses dans lesquelles on les nourrit contre tous ceux qui ne se conforment point à leurs: cultes, les injustices et les mépris que l'on fait éprouver aux sectaires, les richesses et le pouvoir immense: qu'on accorde partout à des imposteurs autorisés à; in- , fester les peuples et à dominer les consciences, enûn : les passions toujours indomptées des Prêtres, peuvent . à tout moment faire éclore de nouvelles extravagances . et de nouvelles tragédies.
1. Dans tous les schismes et démêlés sur la Religion, les parties disputantes ont ordinairement le secret d'avoir tort de part et d'autre. To\i*a secte est rampante quand elle est faible; et quand elle est forte, elle veuf .tout envahir.
clanoaéiipliïs w^6ihs#>rtenaènt 'côn i^ àhui^'ei'^l0jf^ ; «a;cdsdè la supèfstition^mais tréspèuion/^o^^ DiLNS SA SOURCE ; ôt d'aiUéups qaô^ poirvàit leur îàiJyîè " voix contre les cris du sacerdoce, lefs menaces de là TP^ '^ rannie, les préventions de là multitude toujours escîàW de l'habitude et du préjugé. Gomment proposer des re^ mèdes à des malades parvenus à chérir leurs maux; à lespegardep comme utiles et nécessaires, et prêts à dé^/ truiré leurs médecins ? Les i^risons, là. ciguë, les hû- V chèps furent communément les récompensés dont^ on paya le zèle de ceux qui voulurent rompre le charme: leurs concitoyens, semblables à ces oiseaux de nuit pour qui le jour est incommode, s'élancèrent avec furie sur les mortels bienfaisants qui leur présentaient deis lumièrers peu faites pour des yeux accoutumés aux ténèbres.
L'Autorité souveraine fut elle-même obligée de reeû- Ver cent fois devant les forces de la superstition. Lès Princes éclairés qui lui ont marqué de l'indifférence et ~ du mépris, en furent communément punis par le fanatisme irrité, qui ne veut point qu'on dédaigne les objets de sa vénération. C'est en vain que des Rois sages, fatigués des excès de la superstition, ont voulu réprimer et dompter ce monstre, il trouva le moyen d'éluder, leurs coups, l'hydre montra toujours des têtes renaissantes; semblable à cet insecte étonnant qu'on voit se, multiplier sous le couteau qui le divise, la chimère mutilée produisit de nouvelles chimères. Cela devait, sans doute, arriver ; temporiser avec le mal ce n'est point le détTuiré, Il n'est qu'un remède CONTRE l'erreur, c'est la VÉRITÉ. Mais les Tyrans, ainsi que les Prêtres, en furent toujours les ennemis ; les souverains lès mieux intentionnés crurent cette vérité dangereuse à leurs peuples, ils ne s'aperçurent point qu'elle ne peut nuire à leur pouvoir quand ils voudront ne remployer qu'à faire des heureux ; l'erreur sacrée et ses prestiges ne
sont nécessaires qu'aux imposteurs ou aux Princes îgao-
' çk.:(ÏE^SO]STr:JtBa?;?t^ '
'miif?m'^n
raiits ettp eryers . qui Yeul^nt^ iroimpec les bomiaes et lès assieirTir à l^rs passions ; mais céa passionsr deTleiine^: tôt ou taf d fatales à des mcansidérésv qui sont conainur néntônt les premières victimes; de la stupidité des peaplesi Mul Prince n'est intéressé à dei7enir Tyran^ - . ; ; Souverains des nations 1 régnez par la justice, la mor raie et les lois, et vous régnerez sans les Prêûres^^Yona. n'aurez pas besoin des secours du mensonge pour jgour verner des hommes, que vos soins vigilants rendront véritahlement heureux. Vous n'aurez point à .eiaindre gne la vérité soulève des sujets, à qui la râison.£era senr tir le prix, de vos , bienfaits. Soyez grands, actifs, bienfaisants, équitables, re.çjjec^e^ la., ubeuté et les possessions ,du citoyen ; ne souffrez point qu'on l'opprime en votre nom; donnez-lui des lois utiles et sages;; faites > qu'on lui forme le cœur ^ qu'on lui inspire de bonne heure des talents et des vertus réelles ; récompensez fidèlement ces talents et ces vertus; que le vice soit déshonoré et le crime puni partout où ils se trouveront, et bientôt votre Empire, fondé sur des idées véritables, sera plus solide que celui qui se fonde smv des mensonffes et sur de . vains préjugés. Princes ! soyez citoyens. Citoyens, choisis par les autres pour les guider, que votre cœur soit plus flatté de la gloire si douce de commander à' des amis, à des hommes libres, à des patriotes actifs, industrieux, éclairés et vraiment vertueuxt^. qi3^k des ennemis aigris par la captivité, engourdis par la misère, dépourvus de lumières et de mœurs, dont Vunique vertu est d'obéir aveuglément à des Prêtres iaYA.vx de votre pouvoir. Armez-vous enfin d'une juste défiance contre des hommes altiers dont les intérêts ténébreuo} n© seront jamais les vôtres. Tremblez à la vue des avantages inouïs dont jouissent des citoyens qui ont fe droit dese révolter et de^ nuire aw nom du ciel; arrachezî de leurs mains ces armes si souvent dangereuses à vos pareils ; faites rentrer les nations dans ces possessions depuis tant de siècles usurpées par la fraude\c^& les RICHESSES d& l'imposture si longtemps employées à.
n'apfreiiaônt plus à se Ikaïp, à's'ëgorger, à s© soulevéi* poût" des oèimois^. Qu'ils apprennent à être justes;:humains, bienfaisants, modérés ; ^'ils apprennesii àv servir la Patrie et les ehefs qait la rendront heureuse. Qu'ils apprennent dé bonite heurô à respecter lariadson et la nature qui jamais ne leur conseilleront d'êtr&'Sédi' tiéux et méchants.
Si la force â;e Thabitudé a rendu les illusionsr chères à vos peuples, permettez au génie courageux de ^opey* Tempire du fanatisme; tenez une balance égale len^re les sectes; n'entrez jamais dans leurs querelles indiffé-^ rentes, que le poids de rautorité rendrait trop sénenses. Souffrez que chaque Citoyen spécule a sa manière pourvu qif'il agisse toujours conformément à la raison.' Ainsi les Oouvernements seront les vrais guides des peuples; ces peuples seront soumis pour leurs propres ' intérêts à un pouvoir que tout leur prouvera nécessaire à leur bonheur. Législateurs ! gouvernez bien dés hommes heureux et libresy et les Dieux seront toujours propices à vos sujets : quelles que soient leurs opinions,eltes ne seront dangereuses que lorsqu'on voudra l^ésgêner*.
Pour vous, Tyrans aveugles et méchants! qui, dépourvus de raison, d'énergie, de vertus, ne vous sentez point capables de régner sans le sec&urs des Prêtres, et dé leurs illusions; vous ! dont le lâche cœur ne sait
i. Un Gourernement sensé ne peut pas. se proposer de guérir tout d'om coup une nation de ses préjugés religieux; mais il peut, et il- doit empêclier que ces préjugés ne demeanent nuisibles : il y parvien<&ft sûrement' en ne se mêlant jamais ni des disputes des Prêtres, m des opinions .des citoyens, et en punissant quiconque troublera le. repus des autres soùs prétexte de leurs-opinions. Quand; la fâ^on de penser sur la R^igion aéra ^ussi libre que la fa-con de penser, sur les Sciençee,. telLss. quèflaPhjsiq^e ou la Géométrie, l'on n'aura point à craindre que la Théologie excite dans- l'État des secousses plus dangereuses qie les disputes 'istir «es objet», qui jamaisji'lntéressent la tranquillité publique!^
commander qu'à c?ès esclaves abrutis; yoïlsI dont la puissance, ainsi que celle de la superstition, n'est fondée ^ que sur la crainte, Topinion et le prestige, gardez-vous de permettre que le moindre rayon de lumière vienne éclairer vos Etats engourdis : tenez vos peuples ensevelis dans de profondes ténèbres, dans une léthargie perpétuelle; redoublez, s'il se peut, la nuit de leurs préjugés, que la liberté soit bannie même de leur pensée; que la vérité, toujours funeste pour vous et désolante pour eux, ne leur soit jamais montrée; qUë la raison enchaînée, que la science proscrite, que.la sagesse persécutée, n'élèvent point leurs importunes voix pourtroubler le silence de vos tristes contrées. Réprimez un courage qui ose discuter les droits de vos Dieux; craignez qu'il ne respecte pas plus vos tifres usurpés. Appelez donc la Religion à votre secours ; ({uù ses Prêtres ordonnent à vos sujets de plier sous votre joug et de baiser vos chaînes ; mais songez que les oracles de leurs Dieux seront toujours plus forts que vos lois arbitraires. Cette Religion, dont vous empruntez l'assistance, tournera quelque jour contre vous-mêmes ses armes terribles et sacrées; vous n'aurez de pouvoir qu'autant qu'elle le voudra ; vos sujets, rendus vos ennemis par vos vexations, n'hésiteront point entre elle et vous ; ses Prêtres vous précipiteront du trône auquel ils vous auront élevés, dès que vous refuserez d'être leurs premiers esclaves...
La Tyrannie et la Superstition sont deux monstres auxquels la félicité de nul Empire ne peut jamais résister quand ils combinent leurs efforts ; mais si leurs intérêts se séparent, la superstition triomphera tôt ou tard du Tyran son ouvrage. Régente impérieuse elle ne permet aux Princes d'être méchants, qu'à contiition de les tenir en tutelle et de diriger leurs coups : sans cela, bientôt marâtre, elle méconnaît ses enfants.
Les Tyrans sont des enfants capricieux, gâtés par la superstition : uniquement occupés des vains jouets de leur enfance, ils sacrifient à leurs fantaisies passagères
lew 5v;raie glojur^ iionteup sôlidèj leur? propre ,
stietéi ils^èïdeiitfqiiaieura s^^ dés par des^Prôtrës àyeugles, Jjqni condaîrbnt toujoûtài et Jle Souyerain et le Peuplé dans des abîmes dangereux..-. ':'.'.''■ -■"■■^■' ■ '.■..,■.:■.. ■. -V'^
C'est pour se rendre heureux dans le monde actuel que les hommes se. sont mis en société; c'est pour j vivre tranquilles et sûrs qu'ils ont choisi des cliefSi formé des Gouvernements, reconnu l'autorité des Lois qui les forçassent de conformer leur conduite à la raison, à rintérôt général de leurs Associés. Ils n'ont Jamais pu, ni vqulu soumettre leur pensée A l'autobitjb depersonne ; vouloir l'en chaîner ou la rendre luniformej c'est de tous les attentats le plus extravagant ; lapent sée sera toujours aussi lihre que l'air, aussi incoercible que les vents. .
La justice, la raison, la vertu, les talents peuvent seuls affermir les trônes des Souverains et la prospérité des Empires, i^ans j'ms^ic^, point de sûreté pour les Gouvernements, ni de liberté pour les tîitoyeas : SANS LIBERTÉ, point de raison, ni de lumières, ni d'activité; sans raison, point de mœurs; saiïs lumières et sans mœurs un Etal ne peut être ni lieureux nipûissant. .'