XX PREFACE
Voici la découpure de ÏAt^g-us à laquelle M. Rostand fait allusion. Elle a été détachée du numéro de V Aurore du 1 1 juin dernier :
Très amusant, dans la Revue de France, l'article de M. Emile Magne, « la Documentation erronée de Cjyrano de Bergerac f>. Avec une rare érudition, l'auteur relève toutes les petites inexactitudes, tous les anachronismes commis par M. Rostand. Citonsen un. Le premier acte se passe à une représentation de la Clorise.
Tene';, dit un spectateur, j h prcini':re dit Cid j'étais là.
La Clorise étant de l63l et le Cid de l636, si ce spectateur pouvait supposer que cinq ans plus tard serait joué au même théâtre l'inimitable chefd'œuvre du grand Corneille, il devrait mettre sa phrase au futur et dire :
Tt-iie-, j la /rremière du Cid je serai là.
Tandis que ce spectateur prophète se perd dans la foule, un peu respectable bourgeois, qui mené son fils au milieu de la canaille du parterre, après l'avoir initié aux coutumes théâtrales, lui parle ainsi :
Vous verre^ des acteurs très illustres. . . Bellerose. l'Epy, la Beaupré, Jodelet...
Ce bourgeois me parait fort mal instruit sur le mouvement théâtral de son époque. L'Epy et Jodelet n'était pas à l'Hôtel de Bourgogne en l63l. Us faisaient partie de la troupe de Mondorj', au Marais. La troupe de l'Hôtel de Bourgogne, sous la direction de Bellerose, étant insuffisante, quelques acteurs du Marais se joignirent à elle en 16?4, par ordre du roi. Ce furent l'Epv, Le Noir, Jodelet, La France ou Jacquemin, Jadot et la Le Noir. Cette révélation rend assez baroque l'apparition de Jodelet et son énergique ; « Tas de veaux !. . . »
M. Rostand a dû se croire rajeuni en lisant cet article. 11 a dû penser qu'il était de retour à Stanislas et qu'on lui corrigeait son devoir.