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FIBRINE

La fibrine, ou plutôt la matière fibrinogène, existe en quantité plus ou moins grande dans tous les épanchements. Les uns dontiennent en outre le ferment coagulant de la fibrine ou plasmase et se prennent, en un temps variable de un quart d'heure à quarante-huit heures, en une masse gélatiniforme. Ils sont spontanément coagulables ; tels sont les épanch-ements sérofibrineux de la pleurotuberculose primitive, des congestions pulmonaires cardiaques, des pneumopathies à pneumocoques. Les autres ne contiennent pas de plasmase, et ne coagulent pas spontanément ; mais si on vient à leur ajouter une petite quantité d'un liquide contenant de la plasmase, la coagulation se produit ; tels sont la plupart des liq^uides d'hydrocèle et d'ascite, et certains hydrothorax.

Dans un liquide sérofibrineux coagiilable spontanément, la coagulation est fractionnée ; si l'on enlève le premier coagulum, il s'en fait un second, et ainsi plusieurs fois de suite.

Il suffit d'observer la coagulation d'un exsudât pour apprécier la quantité de fibrine qu'il contient : la rapidité de la coagulation, le volume du coagulum sont en rapport avec la quantité de

FIBRINE. Il

fibrine. Pour mesurer exactement la dose de fibrine, il faut la peser après dessiccation; en clinique, cette recherche précise n'est pas nécessaire.

La recherche de la quantité de fibrine est utile pour distinguer les épanchements inflammatoires qui en contiennent beaucoup, des épanchements mécaniques qui en contiennent très peu.

Elle donne surtout des indications pronostiques. Méhu et la plupart des auteurs ont admis que le pronostic d'une pleurite sérofibrineuse aiguë était d'autant plus favorable que l'épanchemeut contenait plus de fibrine.

Ravaut (i) pense que la recherche de la quanlité de fibrine est plus importante pour le. pronostic que pour le diagnostic de la nature d'un épanchement; il a étudié à ce point de vue la quanlité de fibrine dans les diverses pleurésies.

Les pleurotuberculoses primitives donnent les rxsudats sérofibrineux les plus riches en fibrine ; la quantité de cette substance augmente avec révolution de la maladie, atteint son maximum à la période d'état, et reste ensuite stationnaire. Au contraire, les pleurésies secondaires des phti-îiques ne contiennent que des quantités minimes de fibrine.

Les hydrothorax des brightiques contiennent très peu de fibrine, et la proportion va diminuant avec l'ancienneté de l'épanchemeut.

Les épanchements des cardiaques renferment au contraire beaucoup de fibrine.

Les épanchements sérofibrineux consécutifs à une inflammation septique de la plèvre (pneumocoque, streptocoque) sont au début très fibrineux; si la pleurésie tend à devenir purulente, la fibrine ne forme plus que des grumeaux et diminue; quand le liquide est purulent, il ne contient plus de fibrine.

{[) Ravaut. — Le diagnostic, .de la nature des épancliernenls sôrjlibrineux île la plèvre. Thèse de Paris, 11)01.

Dans les épanchements très fibrineux, on trouve généralement des leucocytes bien conservés ; au contraire, dans les épanchements pauvres en fibrine, les leucocytes sont ordinairement en voie de destruction.

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