CRYOSCOPIE
L'étude de la concentration moléculaire des sérosités pathologiques, au moyen de la méthode cryoscopique(y.pucç, froid ; cxoTueiv, voir) qui consiste à rechercher les points de congélation, a donné quelques renseignements intéressants au point (le vue physiologique, mais non utilisables en clinique.
Les premières recherches entreprises sur ce sujet par Koranyi (1) et Tauszk ont porté sur la cryoscopie comparée du sérum sanguin et du liquide pleurétique. Ces auteurs avaient distingué les transsudations mécaniques dans lesquelles le liquide pleural serait hypertonique par rapport au sérum sanguin, des exsudais inflammatoires qui seraient au contraire hypotoniques. Les recherches de Lesné et Ravaut ont montré que cette distinction n'était pas légitime.
Castaigne (2), observant les modifications du rapport entre la concentration moléculaire du liquide pleural et du sérum sanguin aux difl'é-
(1) Koranyi. — Recliorohos physiolof»iqiios ot cliniquos sur la tension osmoti(|uo dans h)s ricjuidos do l'oi-jj^anisnio. Zeitsch. f. klin. MecL, 1897 et 1898.
(2) Castaigne. — Étude phvsiolop^ique de la plèvre malade. Soc. méd. des hOpilaux, G juillet lUOO.
rentes périodes de l'évolution d'une pleurésie séroGbrineuse, admet que la période d'augment est caractérisée par une différence entre la tension osmotique du sérum et du liquide pleural, ce dernier étant hypertoniquepar rapport au sérum ; le moment où cessent les phénomènes inflammatoires réactionnels est caractérisé par Tisotonic du sérum et du liquide pleural.
Lesné et Ravaut (1) ne croient pas que la cryoscopie comparée du liquide pleural et du sérum sanguin puisse servir à apprécier le stade de la pleurésie. Us attribuent une importance
plus considérable au rapport urinaire j^^-tti qui
existe entre le point de congélation de l'urine du pleurétique et sa teneur en chlorure de sodium et concluent que : danstoule pleurésie en voie d'augmentation, le chlorure de sodium diminue et le
rapport ^ p. augmente; dans toute pleurésie sta-
tionnaire, ces chiffres ne varient pas ou varient peu; enfin dans toute pleurésie en voie de régression, le chlorure de sodium augmente dans l'urine et le rapport diminue.
Achard et Lœper (2) constatent aussi que la cryoscopie comparée des épanchements et du sérum ne peut fournir aucune indication sur la nature, ni l'évolution des épanchements séro- Gbrineux ; ils montrent en outre le rôle important joué par le chlorure de sodium dans les échanges qui se font entre certains tissus.
|1) Lesné et Ravaut. — Renseignements fournis par la cryoscopie et le dosage des chlorures sur l'évolution des pleurésies sérofibrineuses. Presse médicale, 20 février 1901.
(2) Achard et Lœper. — Sur la concentration relative du sérum sanguin et des sérosités pathologiques. Soc. de biolor/ie, 8 juin 1901. — Achard et Lœper. — Sur la cryoscopie dos éi)anchements pathologiques et ses rapports avec leur nature. Soc. de biologie, 8 juin 1901^
PERMÉABILITÉ PLEURALE. 17