ASPECT DU LIQUIDE. - CHROMO-OIAGNOSTIC
Clair comme de l'eau de roche à l'élat normal, le liquide céphalo-rachidien peut conserver cet aspect dans certains états pathologiques. 11 en est ainsi dans l'hydrocéphalie, dans les affections chroniques du système nerveux, et quelquefois même dans les méningites aiguës, où l'examen cytologique seul peut y faire découvrir des caractères anormaux.
Trouble ou purulent^ il indique une inflammation aiguë des méninges (méningites tuberculeuse, pneumococcique, streptococcique, etc.).
Hémorragique^ il possède une valeur diagnostique sur laquelle on a beaucoup discuté.
L'aspect sanglant a été noté dans les hémorragies méningées intradure-mériennes, crâniennes, rachidiennes, dans l'hématomyélie, dans Thémorragie cérébrale (Fiirbringer, Konig, Tuffier, Bard), dans la contusion cérébrale, dans les fraclures du crâne ou du rachis [Tuffier et Milian (1), Rendu et Géraudel, Tesson, Poirier, Régnier et Guinard]. On l'a vu aussi au cours des méningites cérébro-spinales aiguës (Bard, Widal, JXetter) et même des méningites chroniques (Sicard).
Ce symptôme a été souvent — mais non constamment — noté au cours des affections que
(1) Tuffier et Milian. — Ponction lombaire et fiacturedu crâne. Sqc. de biologie, 25 mai 1901,
74 LIOllIDE CÉPHALO-RACHIDIEN.
je viens de ciler; de sorte que, si sa constatation peut avoir une valeur diagnostique importante, pour distinguer par exemple une hémorragie d'un ramollissement cérébral, une hémorragie méningée intradure-mériennne d'une hémorragie extradure-mérienne, ou pour affirmer l'existence d'une fracture du crâne après un traumatisme, son absence n'a pas de valeur absolue, et ne permet pas d'exclure l'idée d'une hémorragie ou d'une fracture. D'ailleurs la valeur diagnostique de ce signe à l'égard des traumatismes crâniens et des hémorragies, admise par Tuffier et Milian, est discutée par Sicard.
La coloration du liquide varie suivant le moment auquel estpratiquéelaponctionlombaire. Peu de temps après un traumatisme suivi de fracture, le liquide est généralement clair; puis l'hémorragie méningée se faisant peu à peu, le liquide prend une temte de plus en plus foncée ; souvent ce n'est que douze à vingt-quatre heures après que le liquide est d'aspect franchement hémorragique; plus tard le liquide redevient clair et prend une temte rosée, puis jaunâtre qui finit elle-même par disparaître.
Après une hémorragie cérébrale, la coloration du liquide apparaît d'autant plus vite que l'hémorragie a été plus abondante et que son siège est plus voisin des ventricules latéraux. Souvent elle est très rapide ; parfois au contraire elle n'apparaît qu'au quatrième ou au septième jour (Sicard).
La coloration dépend aussi du siège de l'hémorragie ; un hématome extradure-mérien ne permet guère la diffusion du sang dans le liquide céphalo-rachidien. Elle dépend enfin de l'abondance de l'hémorragie. Son intensité est en rapport avec le nombre des globules rouges trouvés dans le liquide céphalo^achidien.
Pour que l'aspect hémorragique ait une valeur