ASPECT DU LIQUIDE. — CHROMO-DIAGNOSTIC
diagnostique, il faut être certain que la coloration du liquide céphalo-rachidien n'est pas due à son mélange avec du sang provenant de la piqûre d'une veine méningée ou d'une veine de la paroi par Taiguille.
1"* Le procédé des trois tubes permet de le décider : quand la coloration du liquide était antérieure à la ponction, le liquide s'écoule également coloré depuis le commencement jusqu'à la fin et a le même aspect dans les trois tubes; au contraire, si le sang vient de la piqûre d'une veine, le liquide est coloré dans le premier tube et clair ou moins foncé dans les deux autres.
2*" En outre le sang qui se mélange au liquide au moment de l'écoulement, le fait ordinairement coaguler, tandis que le liquide céphalorachidien coloré en jaune ne coagule généralement pas.
3° Si on centrifuge immédiatement le liquide coloré, il s'éclaircit et les hématies se déposent dans le cas où le sang vient de la piqûre; il reste jaune dans le cas où sa coloration est due à une hémorragie du névraxe.
4° Le liquide céphalo-rachidien coloré par le sang de la piqûre d'une veine présente une teinte franchement rouge ; dans le cas contraire, il est plutôt jaune brunâtre ou jaune verdâtre.
L'étude leucocytaire du liquide céphalo-rachidien hémorragique, peut servir au pronostic. Au début la proportion des diverses espèces de globules blancs entre eux et avec les globules rouges est la même que dans le sang normal. Plus tard la relation change : quand l'évolution est favorable, et que le sang se résorbe bien, on observe un excès de lymphocytes; dans les cas graves, on observe au contraire de la polynucléose.
La couleur du liquide céphalo-rachidien est plus ou moins foncée : tantôt il est nettement
sanglant, rouge-cerise, tantôt il est simplement rosé ou jaunâtre.
La nalure du pigment qui détermine la coloration du liquide céphalo-rachidien après les hémorragies du névraxe varie suivant les cas. Quand le liquide est nettement sanglant, sa couleur provient du sang épanché et intimement mélangé au liquide; les globules rouges sont décelables par Texamen microscopique ; le pigment est de Thémoglobine.
Quand le liquide n'est plus franchement sanglant, mais se montre, ainsi qu'il arrive dans la majorité des cas, avec une teinte jaunâtre, il ne coagule pas et ne présente ni globules rouges reconnaissables au microscope, ni réactions spectrales de rhémoglobine.
Bard (1) attribuait cette teinte jaune à un piffment dérivé de Thémoglobine et diffusé dans le liquide céphalo-rachidien. Hénocque pense que le pigment est de la lutéine, pigment du sérum sanguin, qui diffuse dans le liquide céphalorachidien grâce aux altérations du névraxe; en effet, Sicard a, dans ces cas, noté des anomalies de la perméabilité méningée. Tuffier et Milian (2) pensent que la coloration jaune est due à la lutéine du sérum sanguin qui persiste dans le liquide céphalo-rachidien après que l'hémoglobine et les globules du sang se sont résorbés ; elle est donc le reliquat d'une hémorragie dans le liquide céphalo-rachidien.
Xaniochromic, — La coloration jaune du liquide céphalo-rachidien, qui se voit après les hémorragies du névraxe et les traumatismos céphalo-rachidiens, s'observe aussi dans les cas d'ictère chronique (Gilbert et Castaigne ; Widal,
(1) Bard. — Le liquide céphalo-racliiclien liémorragique. ^oc. de biologie, G juilhît, 1901.
(2) G. Milian. — Le liquide céplmlo-racliidien hémorragique. Gazette hebdomad. de méd. et chirurgie, 7 août 1902,
PERMÉABILITÉ MÉNINGÉE. "î?
Sicard el Ravaut (1). Celle coloration n'est pas due au pigment biliaire vrai ou à ses principaux dérivés, mais à un pigment de nature encore indéterminée, peut-être aussi la lutéine, plus diffusible que le pigment biliaire.