BACTÉRIOSCOPIE
La recherche des microbes est faite par les trois méthodes ordinaires : coloration, culture, inoculation.
Coloration. — Quand le liquide est purulent, il contient en général des germes nombreux et l'on
(1) Concetti. — Rapport sur les méningites non tuberculeuses. Congrès international de Paris, 1900.
(2) Councilmann, Mallory et Wright. — Épidémie de méningite cérébro-spinale. Boston, 1898.
(3) FtiRBRiNGER.— Ber/m. klin. Woch., l»»- avril 1895.
(4) WiDAL, Sicard et Lesnk. — Toxicité de quelques humeurs de l'organisme inoculées dans la substance cérébrale. Soc. de biologie, 23 juillet 1898, et Presse médicaley 1898, no 62.
(5) Sicard. — Le liquide céphalo-rachidien. Encyclopédie des aide-mémoire Léauté.
peut se contenter pour les déceler d'examiner directement une gouttelette de pus étalée sur une lame et colorée.
Quand le liquide est clair, il faut le soumettre au préalable à la centrifugation et faire porter Texamen sur le culot de centrifugation.
Les méthodes de coloration appropriées permettront ainsi d'y reconnaître l'existence des microbes pyogènes, du pneumocoque, du bacille d'Eberth, du colibacille, du bacille de Pfeiffer, du bacille pyocyanique, du streptocoque de Bonome, du méningocoque de Weichselbaum, et même du bacille de Koch.
Les auteurs allemands prétendent avoir fréquemment dénoncé le bacille de Koch dans les méningites tuberculeuses par ce procédé. Denigès et Sabrazès Tout trouvé 3 fois sur 6 cas en très grande quantité: il s'agissait de tuberculose aiguë; par contre, dans la tuberculose en plaques, la recherche directe estle plus souvent infructueuse.
Cultures. — Le procédé des cultures, avec ou sans centrifugation, donne surtout de bons résultats pour les microbes pyogènes qui poussent facilement sur les milieux ordinaires. Il peut aussi servir à l'isolement des autres germes, à condition d'employer les milieux de cultures qui leur sont le plus favorables (Voy. p. 25). L'isolement du bacille de Koch devenu possible grâce à la gélose sanguine, sur laquelle Bezançon et Griffon ont réussi à cultiver le bacille dans plusieurs cas de méningite tuberculeuse, reste toujours un procédé de laboratoire très délicat et très lent qui ne peut être employé en pratique.
Le même milieu est très favorable à l'isolement du méningocoque de Weichselbaum qui cultive avec difficulté sur les autres milieux.
Inoculation. — L'inoculation à des animaux sensibles, dans les mêmes conditions que pour les sérosités pleurales, constitue la méthode la plus
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simple et la plus rigoureuse en ce qui concerne le bacille de Koch, le pneumocoque et les méningocoques.
Cependant les résultats de l'inoculation du liquide dans les cas de méningite tuberculeuse sont très variables; certains auteurs indiquent une proportion considérable de résultats positifs ; Widal, sur 9 cas, a eu 9 résultats positifs (1). Marfan considère au contraire que le procédé est souvent en défaut ; dans plusieurs cas de méningite tuberculeuse vérifiés à Tautopsie, les inoculations ont été négatives.
De plus, il ne s'agit pas encore. là d'un procédé rapide, et même quand le résultat de Tinoculalion est positif, la réponse n'est fournie qu'après la mort du malade ou bien à une période de la maladie oii l'évolution ne laisse plus aucun doute sur la nature du mal.
L'inoculation du liquide à une souris permet de reconnaître la présence du pneumocoque, ou du streptocoque de Bonome, qui sont pathogènes pour cet animal en injections sous-cutanées ; par contre, le méningocoque de Weichselbaum ne tue pas la souris, à moins qu'on ait fait une injection intrapleurale.