‹ Le czar Démétrius, tragédie en cinq actes et en versChapitre 12 sur 58 · ACTE Ih se. I. ,g · texte numérisé non relu

ACTE Ih se. I. ,g

Pour vous , de mes malheurs, je redirai l'histoire , Nous attendrons ainsi l'heure de la victoire; Car les arrêts du sort vont être enfin connus, Et du dernier combat les instans sont venus.

Si Moscou tarde encore à m'ouvrir ses murailles^ Nous en appellerons au destin des batailles.

Il restera fidèleâ nos vaillans soldats; Et j'en ai pour garant Dieu, ma cause et vos brast.

Au premier souvenir que trouve ma mémoire , J'étais moine !.., Et traînant ma jeunesse sans gloire, Dans une foule oisive ignoré , confondu , Je vivais dans un cloître , à moi-même inconnu. Déchirant de mes mains la robe du novice , .

Dans leà longs corridors du funèbre édifice , Je marchais, je pleurais, captif, emprisonné. A de plus nobles soins le ciel m'a destiné, Me disais-je; et bientôt dans les champs je m'élance;* Je fuis , bouillant d'audace, enivré d'espérance ; Libre , je touche enfin le sol du Polonais.

(Prenant la main de Sandomîr.)

(iénéreux Sandomir , tu m'ouvris ton palais!

Près de toi , dans l'exil , je trouvai la patrie : Tes bienfaits sont gravés dans mon âme attendrie. •

(Il presse sur son cœur la main du palatin , et continue.) En vain , dans le passé , cherchant un souvenir , Et sans le deviaçr, pressentant l'avenir,

20 LE CZAR BEMÉTRIUS.

Du noble Palatin, soutien de ma jeunesse,

J'osai chérir la fille Étouffant ma tendresse ^

Jamais, jusqu'à l'espoir, je n'élevai mes vœux, Et je gardais pour moi le secret de foes feux. Le prince de Lemberg crut lire dans mon ame ; Superbe, il s'offensa de ma discrète flamnie : De la belle Euphrasie il reeherdiait la main; Il osa m'accabler de son courroux hautain; Jusqu'au dernier outrage il porta l'insolence;*

Je saisis mon épée H s'iiidighe, il s'élance,

Il tombe sur tnon fer;jeleTois chancelen....

Je voulais me défendre et noû pas l'immoler.

Mon malheur fut au comble : étranger, s^ns patrie.

J'avais sur un seigiieur levé ma main hardie ;

J'étais souillé d'un meurtre ; et de mon bienfeiteur.

J'avais ensanglanté le foyer protecteur*

JLiCs lois , pour l'étranger toujours inexorables ,

M'ordonnaient de périr de la mort des coupables.....

J'étais agenouillé devant le bloc fatal ;

Déjà du coup mortel j'attendais le signal : •

Au glaive du bourreau &'offrait lîia tête nue

(Les FoloQ^îa i^^i^M'^nit par reExp^-^ssipo de leur p)ijsioiu)mi^ Tii^térêt qu'ils prennent à ce récit. )

J'avais imc croix d'or à mon cou suspendvie.

Prêt \ me voir ravir le dopx bienfait du jour , Je voulus embrasser ce gage saint d'amour :

J'élevai vers le ciel ma prière brûlante; Et le signe sacré pressa ma lèvre ardente.

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