‹ Le czar Démétrius, tragédie en cinq actes et en versChapitre 20 sur 58 · ACTE n, se. IV · texte numérisé non relu

ACTE n, se. IV

DÉMlêTRIUS.

Ce guerrier m'est connu ; Et son nom jusqu'à nous est souvent parvenu... On le dit jeune, fier?...

PIÉTROVITZ.

Dans la fougue de l'âge, Il n'a 'pu maîtriser son imprudent courage.

Pour Boris, aujourd'hui , seul il arma son bras :

Son glaive a défié le fer de nos soldats

Prince , il est jeune encor ! Pardonnez-lui son crime !

( Il se jette aux genoux du czar.)

LES AIJTRES Cif^Sf étonnci et à toîx basse.

Il se perd !

Lève-toi, vieux soldat; je t'estime.

Je n'ai jamais puni le respect des sermens.

Et je l'honore, autant qu'un l>râve aux cheveux blancs.

( n lui serre la Tiiain. )

Calme, pour ton ami, le trouUe qui t'agite; Mais... de Boris s^n^ doutp il partage la fuite? Je promets ma clémence à sa fidélité.

Quel que soit son asile, il sera respecté.

Boris seul...

PÉTROVITZ.

Il est mort.

3o LE CZAR DÉMÉTRIUS.

Mort ! Justice suprême !.

Qui donc osa sur lui lever la main?

PÉTROVITZ.

Lui-même.

Quand il vit a sa cause échapper tout appui , Peuple, boyards, soldats, tout s'éloigner de lui, Et la hache homicide à tomber toute prête, A la fureur du peuple il déroba sa tête ; Il se perça le cœur... Ce moment fut affreux : il n eut pas un ami pour lui fermer les yeux !

A-t-on sauvé les jours de sa fille Axénie?

PÉTROVITZ.

Une main protectrice a veiHé sur sa vie.;.

Au saint couvent d'Hélène elle a porté ses pas,-

Et fui le déshonneur, pire que Iç trépas.

Parlez; qui lui prêta ce secours tutélaire?

piÉTROVITZ.

Prince, est-il donc besoin de nomihèr vôtre mère?

Ma mère!... Que dit-il? Vieillard, ex'plique-toî! * Ma mère dans Moscou ! Ma mère auprès de moi ! Répondez ; du malheur le funeste ravage A-t-il éteint sa force , abattu son courage?

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