ACTE n, se. IV. 3i
Comment résiste- t-elle à vingt ans de douleur? Ses traits sont-ils empreints d'angoisse et de langueur? Mon triomphe est-il doux à sa longue misère?
Que dit-elle? Ah! parlez , parlez-moi de ma mère!
PÎÉTROVITZ.
Près de Boris mourant elle a voulu s'asseoir,
Et jouir lAi instant de tout son désespoir.
Mais bientôt s'enfermant au fond de sa demeure ,
Prince, elle vous attend, elle vous nomme , et pleure.
Son cœur semble accablé de noirs pressentimens.
DÉftnÉTRltJS.
Ils se dissiperont dans nos embrassemens.
( A ses soldats. ) ' \
Marchons ! Voici Moscou! Son peuple nous appelle.
Allons montrer spn Czar à la cité fidèle.!
* Mais après tant de joui's d'épreuve et. de combats,
* Au pied des saints autels portons nos premiers pas;
* Et que l'hymne brûlant de la reconnaissajace,
* Du fond de tous les cœurs, grand Dieu, vers toi s'élance.
* Ta grâce achèvera ce qu elle a commencé !
* Qu'elle éloigne de nous ce délire insensé,
* Dont l'orgueil trop souvent s'attache à la victoire ,
* Et par de longs revers paie un seul jour de gloire!
* Compagnons , de mon trône intrépides soutiens ,
* Songez que les vaincus sont vos concitoyens !
* C'est à mes droits sacrés que Moscou s'est soumise;
* Ne voyez pas en elle une cité conquise.
32 LE CZAK DBlVfÉTBflUS.
Vous allez déposer le glaive du gtterrier ; Mais pour vous désœrmais s'offre Un autre laurîer : Défendre des sujets la vie et la fortune , Proté^r noblement la liiserté commune; Cette tâche est la vôtre , et par de tels bienfaits v Le soldat trouve encor la gloire dans la pai^i.
( Aux Polonais. )
* Pour vous, de la Pologne élite glorieuàfe,
* Vous, dont k dévoûment, Ik valeur généreuse^
* Du trpne paternel me fraya le chemin ,
* Qui les premiers enfin m'avez ten^u la main j
* Je dois (c'est un besoin pour ma reconnaissance) ^
* A vos cœiîrs trop ardens commander la prudence.
* L'amour de la justice et de la vérité
* Arma seul votre zèle et votre loyauté*
* Ces nobles sentiniens, cjuê rien ne les démente;
* Opposez vos vertusj à la haine impuissante;
* "Prouvez que les forfaits d'un despote abhorré
* Ont seul conduit vos pas sur notre sol sacré.
* N'aggravez pas encor les trop justes alarmes
* Qu'inspire à iios cités la gloire de vos armés!
* Songez que la Russie est féconde en guerriers,
* Et qu'un peuple est bien fort au sein de ses foyers î
0>mpagnons, c'est demain qu'un heureux hym^ée A la noble Ëuphrasie unit ma destinée.
Elle est digne de vous et du trône des Czars.;. Mais Moscou nous attend : franchissons $es remparts !