‹ Le czar Démétrius, tragédie en cinq actes et en versChapitre 39 sur 58 · ACTE lY, se. h 5g · texte numérisé non relu

ACTE lY, se. h 5g

Si , libre dans son cours , et maudissant ses fers , Ma douleur s'épanchait en pleurs , en cris amers , Si mon front, tout baigné de larmes maternelles , Bétélait de mon cœur les aiigoisséà cruelles, Et si je m'écriais danâ un soudain transport : Nôh , je n'ai plus de fils ! Démétrius est mort !

Tu causerais ta perte, et la mienne, et peut-être

Celle de ce pays, combattant pour un maître.

Mais cet aveu, signal de nouveaux attentats,

De ta bouche prudente il ne sortira pas ;

Ou si quelqu'un ici doit rompre le silence,

C'est à moi de parler*: fort de mon innocence.

Rassemblant les boyards , le peuple , les soldats ,

Je dirai cïans quel piège on enlaça mes pas.

Je le révélerai, cet horrible mystère,

Qui de honte et de deuil couvre ma vie entière.

Je remettrai le sceptre en ta royale main.

Du cloître accoutumé reprenant le chemin ,

Seul avec ma douleur, le front couvert de cendre.

Ouvrant mon âme à Dieu qui daignera m'ehtendre ,

Sous l'ombre des autels abrité sans retour ,

J'irai chercher l'oubli de ma grandeur d'un jour.

MARPHA. Elle se levé.

Non, tu ne fuiras pas! C'est Marpha qui t'arrête! La couronne des Czars doit briller sur ta tête.

6o LE ÇZAR DÉMÉTRIUS.

N'âs*tu pas de ton sang scellé ta royauté?*

Ce trône est ta conquête , et tu l'as mérité !

Quoi ! tu veux me laisser au milieu des alarmes!

Il faut un chef, un maître à la Russie en armes !

Si je pleure mon fils , elle demande un roi.

Si ce n'est pour ta gloire, au moins régné pour moi.

Boris près de son juge a rejoint sa victime;

Celui qui m'^ vengée est un roi légitime

Ne crains pas ma douleur... Rassure ton effroi! Tattendrai pour pleurer qu'on me laisse avec toi,.

Eh ! tien , je régnerai , puisque Marpha l'ordonne ;. Le destin m'a fait roi ! défendons ma couronne ! A vos pieds sans rougir je puis la déposer;

Me l'arracher, malheur à qui voudrait l'oser ! Mais d'un trouble inquiet pardonne la faible;5se;. Marpha , de ta bonté j'implore une promesse ; 11 faut me l'accorder, car ce n'est qu'à ce prix Que j'accepte le rang et le nom de ton filis. Écoute-moi : l'honneur m'est plus clier que la vie;.^ Si ma mémoire un jour devait être flétrie , Si ce fatal secret devait se découvrir , Si l'infamie enfin!.... plutôt vingt fois mourir! Écoute : dans ce temps de discorde et d'alarmes. Qui voit un jour de paix finir au bruit des armes,. La vie est incertaine et la mort sur nos pas; Jure-moi que jamais, même après mon trépas,^

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