SCENE II
MARPHA , OLDINSKI , EUPHRASIÊ.
OLDINSKI, à Marpha.
Yolre fils At vainqueur.
Héritier du grand Czar , il en à la valeur.
Pour le voir triompher l'altier boyard respire. Démétrius deux fois a conquis son empire;
Menacé par le crime, il règne en l'étouffant; On l'amène. en ces lieux, blessé , mais triomphant
EUPHRASIE, avec terreur.
Blessé, grands dieux !
MARPHA.) avec joie»
Vainqueur!
EIJPHRASIE , à Marpha.
Vous n'êtes pa$ sa mère !
MARPHA
Que dis-tu ?
EUPHRASIE. '
C'en est trop , et je ne puis n^e taire.
Eh! quoi, lorsque la mort menace un fils chéri, A ta douleur de mère il n'échappe aucun cri.
Ta voix n'a point de plainte, et ton œil point de larmes! Ah ! je puis deviner à mes vives alarmes , A mon trouble, à ce cœur plein d'un effroi mortel , L'angoisse et les tourmens de l'amour maternel. Quand peut-être à ses yeux la lumière est ravie , Vous songez à sa gloire et non pas à sa vie ! Vous ne le voyez pas , faible , baigné de sang , La pâleur sur le front , le poignard dans le flanc ! Vous parlez de victoire à son heure dernière ! Je vous le dis encor, vous n'êtes pas sa mère!