‹ Le dada de Paimboeuf comedie en un acte, melee de coupletsChapitre 13 sur 32 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

tin... Monsieur... je viens chercher le mot de l’énigme que vous avez mise dans ma corbeille de mariage.

Oh! dans un bal... demain...

MATHILDE

Demain! mais, demain, vous aurez repris la fuite, et il me faudra courir encore après vous... Ainsi donc, expliquez-vous, mon cher mari...

Plus bas donc! plus bas!

MATHILDE

Voyons... pourquoi vous êtes-vous sauvé le soir de notre mariage?..

Parce que vous m’avez mis le contrat sur la gorge ; parce que vous m’avez forcé de vous épouser, voilà!

MATHILDE

.A qui la faute?

C est peut-être la mienne...

MATHILDE

Suis-je allée vous chercher? Est-ce que je vous connaissais. Monsieur?

Ni moi non plus, je ne vous connaissais pas...

MATHILDE

Il est vrai que j’ai fait votre connaissance d’une singulière façon... Au milieu de la nuit, entrer chez une jeune fille par la fenêtre... C’est odieux!

Permettez... on n'entre pas toujours comme on veut... J’étais en train de causer politique chez votre voisine, mademoiselle Pirouette, danseuse à l’Opéra, lorsque son banquier, escorté de quelques amis, arrive à l’improviste... Je m’élance sur un balcon limitrophe... jé pousse une fenêtre... Patatras ! je tombe en plein gynécée.

MATHILDE

L’honneur de votre danseuse était sain et sauf... mais moi compromise, perdue de réputation, un mariage seul pou-

j’étais

Comment résister à l’aimable injonction de M. votre oncle... ou tuteur, ne sais pas au juste... une espèce de mohican... qui vient, l’épée et le pistolet au poing, me faire l’offre gracieuse de votre main... Enfin, vous me traînâtes à l’autel!..

LE L1AIU DE PA1MBGEUP.

MATHILDE

Le soir même, tandis que je faisafs les honnenrs de votre maison... sous prétexte. .

De me retirer tranquillement dans ma chambre, je me retirai à Bade., où je serais encore, sans la pressante invitation d’un ami, nommé récemment sous-préfet... Par exemple, si je m’attendais à retrouver quelqu’un cnez lui, ce n’était pas vous; mais enfin, à présent qu’une rencontre a eu lieu, comme on dit pour les accidents de chemins de fer... Voyons, où voulezvous en venir?

MATHILDE

Vous m’aviez compromise, Monsieur, je vous ai forcé à m’accorder votre main... nous sommes quittes... Permettez-vous que j’ajoute : et bons amis?

Qu’entendez-vous par ces paroles?..

MATHILDE

Liberté complète pour vous, esclavage rigoureux pour moi... Je suis devenue votre associée, n’est-ce pas?

En effet... je suis Paimbœuf et vous la compagnie... (a part.) Si je pouvais lui dire : bonsoir la compagnie.

MATHILDE

Eh bien! donnons-nous la main, et soyons amis... Voulezvous?

J’y trouve des inconvénients, (a part.) Oh! les éperons!..

MATHILDE, lui tendant la main.

Eh bien?

Non! c’est impossible, (a pari.) Ces diables d’éperons me trottent dans le cerveau.

MATHILDE

Alors, Monsieur, qu’il soit fait selon vos désirs... je n’aurai pas l’air de VOUS Connaître. (Elle va s’asseoir à gaucbe.)

A la bonne heure! nous commençons à nous entendre, (a part.) C’est dommage, elle est gentille! (Fausse sortie.)

MATHILDE

Ah!., avant de nous quitter, je dois vous remettre cette lettre... d’un de vos amis... un homme fort aimable. M. Godel.

PAIMBOEUF, revenant.

Ah! oui.

MATHILDE

Il a été d’une galanterie... 11 m’envoyait jusqu’à trois bouquets par jour...

PAIMBOEUF, à part.

Godel a marché!

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