‹ Le dada de Paimboeuf comedie en un acte, melee de coupletsChapitre 29 sur 32 · MATHILDE, PAIMBŒUF · texte numérisé non relu

MATHILDE, PAIMBŒUF

MATHILDE, à part.

Ahl monsieur mon mari... vous ne savez pas que j’ai lu la lettre de M. Godel ?

PAIMBOELF.

Ah çàl Chère Madame...

MATHILDE

Ah çà! cher Monsieur, est-ce que nous n’avons pas bientôt fini dé jouer aux barres?

PAIMBŒUF

C’est moi qui vous le demande... Voyons... vous distribuez les cordons avec une prodigalité...

MATHILDE

Mais je n’en ai sollicité qu’un seul... pour vous, le voilà!

(Elle le sort de sa poehe.)

PAIMBŒUF

C’est trop fort! Si encore je l’avais gagné, moi!

MATHILDE, voulant lui mettre le rubau A la bouionniète.

Permettez-moi d’orner...

PAIMBOELF.

On sait ce que vous voulez orner, Mademoiselle.

MATHILDE

Le nom de madame Paimbctuf vous agace-t-il les dents?

PAIMBŒUF, avec dépit.

Oui! Paimboeuf et Compagnie...

LE DADA DE PAIMBCEUF

MATHILDE

Eh 1 mon Dieu!., pourquoi ces airs courroucés?.. Coque j’ai fait... c’était pour vous être agréable!

PAIMBCEUF.

Pourquoi pas utile... utile dulci.

MATHILDE

Vous auriez pu me dire tout simplement : « Ma petite femme, voilà ce que j’exige de vous pour arriver à une séparation. »

Me voyez-vous priant Madame de...

, MATHILDE

Mais, enfin, vous l’avez voulu...

Oui, tu l’as voulu, Georges Dandin... (se reprenant.) Georges... Paimbœilf. (il s’assied d’un air désespéré.)

MATHILDE, à part.

Pauvre garçon! (Haut.) Vous ne dites rien.... monsieur Paimhoeuf? (Elle lui touche légèrement l’epauie ) Auriez-vous des remords?

PAIMBOEUF, se levant.

Eh bien! oui ; j’en suis lardé, bourrelé... capitonné...

MATHILDE

Eh bien! n’en parlons plus... Je vous pardonne... pardonnez-moi.

PA1MBŒUF.

Six cordons, ça ne s’est jamais vu...

MATHILDE

Qu’est-ce que ça fait... Ne vous suis-je pas indifférente?

Mais je suis votre mari.

MATHILDE

Oh! vous exagérez!.. D’ailleurs, six cordons! diminuez.

Mettons-en cinq... C’est une consolation... mais elle est insuffisante.

MATHILDE

Non... diminuez encore.

N’y en eût-il qu’un... un c’est tropt..

MATHILDE

A qui la faute?

PAIMBCEUF.

Tenez, je suis un grand monstre... je vous ai traîtreusement tendu des souricières... Je vous ai profondément humiliée dans votre amour-propre de femme, en m’enfuyant le soir môme de nos noces... mais dans qu’elle position ridicule m’aviez-vous mis, en me contraignant à vous épouser pour cacher une intrigue ténébreuse.

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