MATHILDE, PAIMBŒUF
MATHILDE, à part.
Ahl monsieur mon mari... vous ne savez pas que j’ai lu la lettre de M. Godel ?
PAIMBOELF.
Ah çàl Chère Madame...
MATHILDE
Ah çà! cher Monsieur, est-ce que nous n’avons pas bientôt fini dé jouer aux barres?
PAIMBŒUF
C’est moi qui vous le demande... Voyons... vous distribuez les cordons avec une prodigalité...
MATHILDE
Mais je n’en ai sollicité qu’un seul... pour vous, le voilà!
(Elle le sort de sa poehe.)
PAIMBŒUF
C’est trop fort! Si encore je l’avais gagné, moi!
MATHILDE, voulant lui mettre le rubau A la bouionniète.
Permettez-moi d’orner...
PAIMBOELF.
On sait ce que vous voulez orner, Mademoiselle.
MATHILDE
Le nom de madame Paimbctuf vous agace-t-il les dents?
PAIMBŒUF, avec dépit.
Oui! Paimboeuf et Compagnie...
LE DADA DE PAIMBCEUF
MATHILDE
Eh 1 mon Dieu!., pourquoi ces airs courroucés?.. Coque j’ai fait... c’était pour vous être agréable!
PAIMBCEUF.
Pourquoi pas utile... utile dulci.
MATHILDE
Vous auriez pu me dire tout simplement : « Ma petite femme, voilà ce que j’exige de vous pour arriver à une séparation. »
Me voyez-vous priant Madame de...
, MATHILDE
Mais, enfin, vous l’avez voulu...
Oui, tu l’as voulu, Georges Dandin... (se reprenant.) Georges... Paimbœilf. (il s’assied d’un air désespéré.)
MATHILDE, à part.
Pauvre garçon! (Haut.) Vous ne dites rien.... monsieur Paimhoeuf? (Elle lui touche légèrement l’epauie ) Auriez-vous des remords?
PAIMBOEUF, se levant.
Eh bien! oui ; j’en suis lardé, bourrelé... capitonné...
MATHILDE
Eh bien! n’en parlons plus... Je vous pardonne... pardonnez-moi.
PA1MBŒUF.
Six cordons, ça ne s’est jamais vu...
MATHILDE
Qu’est-ce que ça fait... Ne vous suis-je pas indifférente?
Mais je suis votre mari.
MATHILDE
Oh! vous exagérez!.. D’ailleurs, six cordons! diminuez.
Mettons-en cinq... C’est une consolation... mais elle est insuffisante.
MATHILDE
Non... diminuez encore.
N’y en eût-il qu’un... un c’est tropt..
MATHILDE
A qui la faute?
PAIMBCEUF.
Tenez, je suis un grand monstre... je vous ai traîtreusement tendu des souricières... Je vous ai profondément humiliée dans votre amour-propre de femme, en m’enfuyant le soir môme de nos noces... mais dans qu’elle position ridicule m’aviez-vous mis, en me contraignant à vous épouser pour cacher une intrigue ténébreuse.