‹ Le Dahomey: à l'assaut du pays des noirsChapitre 6 sur 13 · HYGIENE AU DAHOMEY · texte numérisé non relu

HYGIENE AU DAHOMEY

Habitations et couchage. — Nourriture. — Aliments végétaux. — Légumes. — Conserves alimentaires. — Fruits. — Boissons. — Limonades.

Les renseignements que nous donnons à la suite de ce livre sont rédigés diaprés des documents absolument nouveaux et authentiques, fournis par un de nos missionnaires les plus autorisés de la Côle des Esclaves, un de ceux qui ont été les ouvriers de la première heure pour l'établissement du vicariat apostolique d'Agoué. Ils peuvent servir, comme guide pratique à suivre par tous les Européens appelés à séjourner plus ou moins longtemps au Dahomey : résidents,

qu'une bonne nourriture ; il la faut hygiénique et non pas luxueuse. La maison à étage, entourée d'une véranda extérieure, est la meilleure ; on évite ainsi les miasmes telluriques, dont Tinfluencé se fait sentir après les pluies et occasionne la malaria; on est en outre garanti, par la véranda, contre les rayons du soleil, toujours très ardent dans ces contrées, et Thumidité des pluies.

Les maisons carrées offrent plus de résistance aux tornados (ouragans) que les maisons oblongues, mais n'ont aucun des avantages de ces dernières. Elles doivent comporter une salle à manger au milieu et quatre chambres à coucher : une à chaque angle ; les deux qui seront au sud-ouest, c'est-à-dire du côté opposé à la brise, ne la recevront ainsi qu'indirectement, imparfaitement, et seront, par cela même, plus chaudes et moins faciles à aérer que les autres ; ce qui est un inconvénient.

grande échelle) ; le canard, qui est, dit-on, d'origine danoise ; le pigeon, qu'il faut manger avant son premier vol, et que l'on conseille contre l'appauvrissement du sang; la poule, qui est échauffée, peut occasionner la dysenterie ; son bouillon ne rend.a.ueun service aux malades. Il faut n'en nianger que lorsqu'il devient impossible de se procucer d'autre nourriture. Son œuf, qui n'^st pas plus gros que celui d'un pigeon, est préférable et peut rendre quelques services -en voyage.

Les élevages de lapins ne réussissent pas au Dahomey. La gale les envahit avant qu'ils n'atteignent leur degré de croissance.

2* Aniviaux indigènes. — Quoique la faune de ces contrées ne soit encore qu'imparfaitement connue, nous citerons parmi les animaux indigènes dont la nourriture peut être recommandée, la gpaca, de la famille des rongeurs, dont la chair tient le milieu entre le porc et le lièvre. Les noirs de rinlêrieur en forment la base de leur

drix {tétras), qui a le plumage de nos perdrix grises, les pattes de la rouge^ et dont la chair est inférieure à celle des perdrix d'Europe ; la poule d'eau (fulica, chloropus) ; une espèce de râle que Ton nomme le jacana (/jarra jacona) ; l'hirondelle de mer (stermà hirundo) ; le pélican ordinaire (pelicanus onocrotalus) et la bécassine {scolopax gallinago).

Les reptiles, à part le varan du Nil^ ou fouette-queue, dont les noirs du Brésil vantent la queue, ne peuvent servir de viande de table, si ce n'est dans les voyages, lorsque Ton manque de vivres et que Tappétit domine le sens du goût ; car le crocrodile, le caïman (alligator), à cause de son odeur de musc, et le serpent, à cause de sa coriacité, ne sont point une nourriture agréable.

La tortue de mer est bonne ; son goût rappelle celui du veau. Les poissons, tant de mer que des lagunes, sont un aliment sain, délicat et propre aux estomacs fatigués. Les écrevisses et surtout les crevettes, qui font leur apparition deux fois Tan dans les la-

essentiellement de provenance leuropéenue, et n'arrive dans le pays qu'en farine ou en biscuit. Le maïs, base de la nourriture bro* matologique du noir, vient d'Amérique ; et le riz parait y avoir été importé, venant de la Chine.

Le maïs (zea maïs) tient la tête des céréales cultivées par les indigènes du Dahomey, tant à cause de l'expansion de sa culture qu'à cause de ses qualités (nutritives.

L'abbé Courdioux, dans son livre sur la Flore médicale et industrielle de la côte des Esclaves^ donne une méthode de panification de la farine de mais pouvant rendre de grands services à l'Européen, quand il est dépourvu de farine de blé. Ce procédé consiste à enlever, par un système de mouture particulier, dû à l'invention de M. Betz-Penot, à Ulay (Seine-et-Marne), la partie vitale du grain, c'est-à-dire l'embryon qui est huileux et constitue un corps gras, et qui, mêlé à la farine, l'altère et la rend acre au goût.

Les noirs ont différentes manières de pré-

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neux, occupe le premier rang. Ce tubercule, que les noirs appellent atpi, et qui a été importé de TAmérique du Sud par les esclaves brésiliens, rend de très grands services, soit bouilli, soit réduit par la râpure en grosse farine dont on extrait par pression le tapioca, — quand elle est encore humide et fraîche. La farine est séchëe sur des plaques en tôle ou dans des plats en terre exposés à un feu doux. Les noirs la mangent telle quelle, ou délayée dans de Teau, ou encore mêlée à la sauce de leur ragoût. Les Européens en font une pâte très substantielle, en y ajoutant du jus de viande.

Cette préparation, appelée piras par les Portugais de la côte, et qui doit être mangée chaude, est ordinairement le complément obligé d*un plat connu sous le nom de mocoto (pieds et tripes de bœuf et de mouton cuits ensemble).

La culture du manioc est très facile et ne demande aucun travail.

L'igname (dioscorea-alata) vient après le manioc. Les noirs s*en nourrissent coupée

L* Européen n'en est pas non plus très friand. Cependant^ la nourriture en est saine.

U arbre à pain {artocarpus inasa) ne se rencontre que sur les côtes, dans les cultures des esclaves brésiliens. Le fruit» arrivé à maturité, atteint la grosseur d*unenoix de coco, avec le brou ; mais il est rond. Cuit à l'eau, comme la pomme de terre, son goût rappelle, un peu celui de l'artichaut, il faut le manger chaud.

Les indigènes pourraient certainement cultiver cet arbre avec succès et avantage dans rintérieur du pays.

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