SCÈNE Ville MARIE, LA BARONNE
MARIE
Qu'avez-vous , madame?
LA BARONNE
Suis-les î. . . vois ce qu'il fait.. . écoute ce que lui dit cette femme. . . et reviens , reviens vite !. . . non , non ! . . . cours auprès de Walmoor, dis-lui tout!. . .
MARIE
Quoi, madame':'.... qui dois-jc suivre?.... qui dois-je écouter 't . . .
LA BAEONIVE.
Tu ne mè comprends pas?- . . le Baron est par-là!. ... un masque lui parle de Walmoor.. . de moi!. . .
MARIE
Ah je devine!. . .
LA BARONNE
Avertis-le. . . tâche de le retrouver ! . . . Va , ma chère Marie.. . tu vois comme je souffre!. .. en ce moment peut-être je suis perdue!. . . va et compte sur ma reconnaissance!. . . oui, tout, tout ce que tu voudras.
MARIE
Rien , madame , rien! . . . vous servir et voilà tout.
{Elle sort vii>emeni.)
SCtlSE IX.
LA BARONNE, ASTERMANN, puis WALMOOR.
LA BARONNE , Seule.
Et rougir encore devant elle! . . . dépendre de ses gens!. . . ah ! je fus bien coupable !. .. mais je suis bien punie ! .. malheur, malheur sur moi ! . . . On vient de ce côté. . • oui , j'oubliais le bal. . . la fête ! . . . je donne une fête?. . . Allons donc, soyons gaie. . . faisons les honneurs. . . Je donne une fête 1 . . et toutes les femmes de Londres envient la baronne de Walbell...
{Un groupe de danseurs , au milieu desquels se trouvent Johnson,
Broivn et Astermann, s'est ai>ani:é et s'arrête dans le Jond; la
Baronne va les rejoindre.)
ASTERMANN.
Nous sommes bien heureux, madame, de vous avoir rencontrée; voire absence se faisait vivement sentir.
LA BARONNE
Que rien n'interrompe les plaisirs de celte soirée : suivezmoi par ici, messieurs. {A part.) 'SS d\xnoov ii e.sl pas avec eux; Marie le trouvera-l-elle? [Haut.) KWonsl
{Au moment où ils s 'éloignent , W^almoor parait de t autre côté , et semble attendre qu'ils soient partis.)
WALMOOR , seul.
Bon.. . je serai du moins libre un instant! . . .Voici Clarisse qui s'éloigne. . . et je n'ai pas walsé avec elle ! . . . Clarisse ! . . .
.le est bien jolie ! mais il y a trois mois que je la trouve
jolie !. . . Ah! il est je crois quelque chose de plus pénible que les rigueurs de la femme qu'on aime, c'est l'amour opiniâtre de celle qu'on a aimée ! . . . mieux voudrait êlre mort ou
\ iR lie Tènlers.
Vers les plaisirs iVnnc ancienne victoire , il faut tenter un ennuyeux retour:
Moi, je voudrais qu'on perdît la me'moire Au même instant que l'on perd son amour.
Dans l'âge heureux de rinconstance.
Vers le p;issi' , que sert de revenir ? C'est quand le cœur est mort à l'espérance
Qu'on peut aimc-r un souvenir.