‹ Le dandyChapitre 11 sur 27 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MARIE, WALMOOR.

WALMOOP..

Ah! Marie, le voiià!... qu'elle est jolie!... qu as-lu donc ?

MARIE

Nous sommes seuls?. . . .

WALMOOR.

Sans doute.

MARIE

C'est que. . .

Eh bien ! achève ; qu'y a-t-il ?

MARIE

Tout à l heure , vorre seigneurie élail au bali'

WALMOOR , lui baî.anl la main.

Oui.

MARIE

Mais écoulez-moi donc , milord.

WALMOOR.

\'a , je l'écoute , mou ange : j'étais dans le bal ; eh bien ?

MARIE

Eh bien , pendant ce lems , une femme qui sans doule vous aime en secrel.. .

WALMOOR , souriant.

Bah I . . . si tu voulais que ce fût toi ? . . .

MARIE

Pour Dieu, milord, écoulez- moi !.. . Cette femme cachée sous un domino rose.. .

WALMOOR.

Ah !.. .

MARIE

Par méchanceté, par jalousie peut-élre, . . . j'ai tout entendu

WAIMOOR.

Que j'aime tes yeux noirs et tes cheveux blonds !..... mais pourquoi donc êlre si sévère ?

MABIE.

Pour me distinguer peut-être?

WALMOOR.

Depuis long-tems je suis amoureux de toi.

MAfeiE , a\:>ec un mouvement d'impatience. Milord !

WALMOOR.

Allons , voyons , qu'as-tu entendu ?

MARIE

Milord, cette femme savait tout elle a tout révélé à

M. le Baron.

WALMOOR, «l'fc insouciance.

Quoi donc révélé i'

MARIE , le regardant fixement.

Mais. . . que craiguez-vous, milord , qu'on révèle k. M. le Baron ? . . .

WALMOOR.

11 se pourrait !.. .la malheureuse ! ... et tu sais qui est cette femme i*

MARIE

Je le soupçonne.

WALMOOR.

Moi , j'en suis cerlain ! C'est Dona Maria , cette belle

Italienne. . . Sais-tu si elle a pu fournir quelque preuve ?

MARIE

Je ne le pense pas : car M. le Baron était dans une agitation , dans une inquiétude . et je l'ai entendu s'écrier : « Si

j'étais sûr ?»....( Walmoorfait un mouQem.ent de joie.) Si vous l'aviez vu , milord I. . . il m'effrayait.

WALMOOR, souriant Vraiment ! ... Il avait donc l'air bien terrible ?

MARIE

Quel calme est le vôtre , milord ! vous ne croyez donc

pas i* . . .

WALMOOR.

Je te crois tout-à-fait, Marie, et je te dois même des remerciemens.(///ui/?r^n£/ la main .) Mais pourquoi veux-tu que je m'effraie?... . Le Baron n'a pas de preuves, et, dès-lors, il ne peut rien reprocher à sa femme . . .tous les tourmens sont donc pour lui . . . seulement il faudra nous imposer l'obligafion de nous voir moins souvent.

( 17 ) MARIE , qui semble deviner sa pensée.

Ah !.. .

WALMOOR.

Mais nous pourrons nous écrire. . . Tu te chargeras bien de m'apporter les lettres de ta maîtresse ?

MARIE

J'entends, milord.

WALMOOR, lui prenant la taille.

N'est-ce pas , cher ange , que tu viendras ?.. Ah î maudites soient les épingles I . . .

MARIE

Quand elles n'auraient été inventées que pour vos péchés , ii faudrait bénir l'invention.

WALMOOR.

Démon ! ... tu veux donc que je t'aime tout-à-fait?

MARIE

Non pas, milord

WALMOOR.

Si tu étais coquette , Marie , tu saurais que tu joues parfaitement ton rôle.

MARIE

Je ne suis pas si savante.

WALMOOR.

Et tu as raison! . . . moins une femme en sait, et plus elle nous en apprend. v

MARIE

J'entends du bruit; je vous quitte.

WALMOOR.

A revoir!

MARIE

Songez au repos de ma bonne maîtresse.

WALMOOR.

Je songe à la venger ! . . . Es-tu contente de moi :'

MARIE , faisant un mouvement pour sortir. Non , milord.

WALMOOR, la retenant.

Ah ! ne me quitte pas ainsi. . . un baiser du moins.

MARIE

Je vous le souhaite.

WALMOOR.

Et moi je le prends. (// V embrasse . Elle se sauve.)

( Le Baron , Dona Maria , Johnson , Broivn , Astermaim et une foule de danseurs et de danseuses arrivent par le fond.) WALMOOR , sur le devant de la scène.

Ah ! monsieur le Baron I vous avez une maîtresse, et vous êtes

jaloux de votre femme !... Ah ! Dona Maria ! poar occuper votre amoureux de quarante-cinq ans et punir celte pauvre Clarisse des soins que je ne vous donne pas, vous imaginez de troubler la cervelle du mari , et de détruire le bonheur de la Baronne ! . . . je rae vengerai.

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