VAI'MOOR
Allons, voilà qui est bien ! quand je le saurai, je vous promets de vous le dire. A revoir , monsieur Fleep , et plus de questions indiscrètes , je vous en prie. (JFleep salue et sortJ)
{A Franck ) Franck, mes pistolets sont préparés?
FRANCK
Oui, milord.
WALMOOR.
Dans une heure, (u feras mettre les chevaux : la leçon de politesse que je dois donner au petit Sewood n'est que pour midi.
FRANCK
. Eh quoi , milord , un duel ! . . .
^VALMOOR.
Oh ! ne crains rien , je ne le tuerai pas : six semaines dans sa chanihrei voilà tout. A propos, lu feras porter ces épreuves de mon troisième volume à l'imprimeur; elles sont corrigées.
;, FRANCK
Oui , milord.
WALMOOB.
Voyons, monsieur SIender, si vous avez réussi? SLENDER , s'appruchc/nt.
. Que votre seigneurie daigne examiner.. .
VPALMOOR.
C'est ccla!..iJ'e»pèreque miss Sampson sera contente .'...une couronne de laUrier en or, et, sur chaque feuille, le nom d'un des rôles qui ont établi sa réputation !... Je devais cela à notre première actrice tragique , el j'accomplis un acte méritoire. . Pauvre miss Sampson ! . . . parce qu'elle a quelques années d( trop , peut-être, on la délaisse i tous les vœux , tous les hommages .se dirigent vers sa jeune rivale ! ... eh bien I je veux lu rendre lavogue^^.. ou verra pendant quelques jours lord VV al moor s'occuper d'elle, cela suffira.
Arr. : J'en (guette un petit dr mon n«;c La moric , ht'las î lui devient infidèle : Sur ses sujets une antre vrut régner ; Et le plaisir qui voltigoait près d'elle, De son boudoir commence à s'éloigner.
Vers ses grâces abiiulonnées par, charité mpjielons les amours; Dévouons-nous!.., Ejn lui donnant huit jours , * Je lui retire dix années.
Je suis satisfait, monsieur SIender. . . Franck , celte couronne, ce Aiatih , chez miss Sampson . ( // Tetnet la couronne à Franck. )
StENDEK.
Milord n'a rien de plus à me commander?
•WALMOOR.
Rien pour aujourd hui ; monsieur SIender, à revoir ! (SlenfIersàlueeisoit.)Tr3iùc\il tout est disposé là-dedans?. .
•' • • FRANCK
Oui, raiiôrd, ces messieurs peuvent venir.
WAtMOÔR.
Ohl ils ne larderont pas. . . Apporte un habit, que je sois prêta les recevoir. (^Franck sàrt.) lit Dona Maria aussi viendra ! . .'. oh î la punition sera éclatante !... Jalouse et coquette, etle devait être bien vite à ma discrétion, aussi elle a con-
senti!. •• que pouvait- elle me refuser?. . . Mon indifférence l'avait piquée au jeu. . . elle se HaUe aujourd'hui de m'àtlacher à son char... coquetteries, noirceurs, rien ne lui coûte pour m'enchaîner ! . . . qu'elle y prenne garde!. .. « En cherchant un esclave on peut trouver un maître !. ." Oui, oui, sa conduite mérite un châtiment exemplaire , et cette pauvre Baronne sera vengée ! ( Franck relaient myec l'habit. — // s'occupe de sa toilette devant la psyché.) Eh bien ! Franck, où en sont tes amours?
FRANCK
Mais, milord. . .
WALMOOR.
Ne vas-tu pas faire le discret avec moi ?.. . n'ai-je pas vu que la femme-de-chambre de la Baronne, la petite Marie. . . elle est en vérité charmante.
FRANCK
Ah ! votre seigneurie s'en est aperçue ? . . .
WALMOOR.
Cela t'étonne?
FRANCK
Non , mais cela me fait peur.
WALMOOR.
Sois tranquille ! . . . en ce moment je suis fort occupé.
FRANCK
Oh ! votre seigneurie trouve du tems pour tout le monde. (Pendant ce dialogue , JValmour ajait sa toilette; un domestique est venu parler bas à Franck.)
W ALMOOR.
Qu'est-ce donc , Franck ?
FRANCK
Milord , une femme demande à vous voir seul.
WALMOOR.
Comment i'. . . mais ce ne peut cire encore Dona Maria!... l'heure n'est pas venue ! . . . Allons , sors , et qu'on fasse monter. (Seul un instant.) Quelle est donc cette femme? (Z/ s'avance
vers la porte et reconnaît lu Baronne ; à part.) La Baronne !
quel conlrelems ! . . .