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QUATRIÈME PÉRIODE

PREMIÈRE PÉRIODE DU FER A partir de la naissance de Jésus-Christ jusque vers l’an 450.

Gomme nous venons de le dire, le Danemark n’offre pas, ainsi que d’autres contrées de l’Europe, des monuments d’une transition successive et organique du bronze au fer. Aucune découverte ne nous a montré des objets en fer à côté d’objets en bronze de l’ancien style de l’âge de ce métal. Au contraire, lorsque le fer apparaît en Danemark, c’est lui qui y est employé pour tous les objets principaux et qui imprime un caractère particulier à toute la civilisation. Le bronze n’a pas disparu, il est vrai, mais son alliage est tout autre; dans l’âge du bronze il était composé de cuivre (90 pour 100) et d’étain (10 pour JOO); dans l’âge du fer, l’étain a disparu; il est remplacé par le plomb ou le zinc^ ou assez souvent par un alliage de ces deux métaux. On voit en outre apparaître V argent et le verre^ qui étaient presque inconnus dans l’âge du bronze, et pour la première fois on rencontre l’écriture. Une nouvelle série d’ornements se manifeste; bref, les différences entre les deux époques sont nombreuses et profondes.

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Ce brusque avènement du fer porterait à croire qu’il a été introduit par un nouveau peuple^ de même que cela avait eu lieu probablement pour le bronze.

Les monuments qui restent en Danemark de cette première période du fer sont nombreux : ils proviennent en partie de tombeaux, en partie des tourbières et en partie aussi des terres labourées, où ils se trouvent cachés le plus souvent sous de grandes pierres.

Les musées du Danemark possèdent depuis longtemps un nombre assez considérable d’objets appartenant à cette première période du fer ; seulement pendant longtemps aussi, comme on ne savait à quelle époque il fallait les attribuer, on les avait classés avec d’autres objets de l’âge du fer datant d’une époque postérieure à la destruction de l’Empire romain d’ Occident, ainsi qu’on l’a établi aujourd’hui.

Les tombeaux de la première période de l’âge du fer en Danemark ne sont pas, comme ceux de l’âge de la pierre et de l’âge du bronze, des tumulus ou tertres artificiels. Le peuple de l’âge du fer choisissait pour ses inhumations des collines ou buttes naturelles, d’un sol ordinairement sablonneux, endroits d’où l’on retire aujourd’hui du sable par une exploitation régulière. C’était sous des tertres de ce genre que l’on déposait les morts d’une localité d’une façon analogue à celle usitée dans nos cimetières; seulement les défunts étaient enterrés avec leurs parures et leurs armes, conformément à la coutume de presque tous les peuples païens.

Notons aussi que les squelettes sont généralement très-mal conservés, et quelquefois même que ce qu’il en reste consiste en une tache ou une strie noirâtre. De plus, il y a des amas de pierres tout à fait semblables

à ceux qui renferment ordinairement des squelettes, mais qui n’en portent aucune trace et qui paraissent avoir été des espèces de cénotaphes, c’est-à-dire qu’ils n’ont jamais contenu de corps, mais plutôt les restes d’un sacrifice fait en l’honneur du défunt. Une trouvaille de ce genre eut lieu à Ringe, en Fionie : on y découvrit, au-dessous d’un grand tas de pierres, des fragments de bois carbonisé et des cendres, une bague en or enveloppée dans un lambeau de tissu, une fibule en argent, une casserole romaine, munie, sur le manche, de l’inscription : Nigellio f.^ c’est-à-dire Nigellio fecit] puis une autre casserole avec un tamis dans son intérieur; il était rempli de morceaux de tissus assez fins, et la casserole semblait avoir été recouverte autrefois d’une peau; mais nulle part il n’y avait traces d’ossements humains, particularité qui jusqu’ici est du reste assez rare.

En revanche, des squelettes avec des objets de parure et des ustensiles se rencontrent assez souvent ; on en a trouvé un nombre assez considérable pendant ces dernières années, où les fouilles dans les carrières de sable se sont faites ordinairement avec soin et intelligence, ce qui n’avait pas toujours lieu auparavant.

On a découvert ainsi que les morts étaient placés dans la position naturelle du corps, étendus tout de leur long. Quelquefois cependant les jambes sont repliées au-dessous du corps. La tête est ordinairement placée au sud et les pieds au nord, règle qui n’est toutefois pas sans exceptions.

Les corps paraissent avoir été enterrés enveloppés de vêtements, dont on ne retrouve que de rares débris; mais en revanche on rencontre dans les tombeaux une foule d’objets de parure en métal, tels que perles, fibules,

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agrafes, etc., et ceia précisément à la place qu’ils devaient occuper sur les vêtements, ce qui paraît établir que les morts ont été inhumés tout habillés. A côté se trouvent ordinairement des vases en bronze ou en verre, le plus souvent des casseroles, dans l’intérieur desquelles sont placés assez fréquemment des tamis.

Auprès des squelettes de femmes ne se trouvent généralement que des objets de parure, tels que colliers de perles, fibules, agrafes, peignes, épingles, etc., ainsi que des vases de différentes espèces. Les squelettes d’hommes, au contraire, sont accompagnés quelquefois d’épées en fer et d’autres armes. Cependant il faut avouer que les trouvailles d’armes sont très-rares dans les tombeaux de cette époque, et longtemps on n’en connut qu’un seul exemple. Ce fut dans une carrière de sable à Dueaas, dans l’île de Bornholm, que l’on découvrit, à l'",30 au-dessous du sol, quatre squelettes, et à côté d’eux deux épées, un grand couteau en fer, des éperons en bronze et un vase en argile. Depuis, on a trouvé près de Bogense, en Fionie, une épée en fer à deux tranchants avec des squelettes humains; à Rostrup, en Jutland, on a découvert, outre l’épée, un fourreau en bois et une perle en ambre. D’autre part, comme à Aasoe, en Seeland, on a recueilli, non pas des armes agressives, mais des umbons de boucliers avec des débris de leur poignée en bois, ainsi que des fragments d’un carquois. Quant au bouclier, qui devait aussi être en bois, il accompagnait sans doute l’umbon, mais le temps l’aura détruit. A Vigerslev, en Fionie, on ne trouva également auprès du squelette que l’umbon, la poignée d’un couteau ou d’un poinçon et un vase en argile.

Cependant l’usage devait être assez fréquent, à l’épo-

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que qui nous occupe, de déposer les corps des hommes sans armes offensives ou défensives, seulement avec leurs vêtements et leurs parures, exactement comme cela se pratiquait pour les femmes. Cette manière uniforme d’enterrer alors les morts des deux sexes avait, il y a une vingtaine d’années, fait naître la supposition, partagée par plusieurs archéologues danois, que les squelettes de cette période n’appartenaient qu’à des femmes et que les corps des hommes avaient été incinérés et les restes déposés dans des urnes funéraires.

En effet, on trouve dans toutes les provinces danoises de ces urnes contenant des débris d’ossements humains et accompagnées de différents objets en fer, ‘tels que fibules, perles, vases, et quelquefois d’armes, comme à Svanninge : le tout d’une forme analogue à celle des objets trouvés avec les squelettes. L’incinération doit donc avoir été pratiquée en Danemark pendant la première période de l’âge du fer, mais en même temps, comme on en a tant de preuves, on déposait aussi les morts tout simplement dans la terre. Ges deux rites funéraires ne peuvent pas être attribués à des périodes différentes; il n’est nullement permis de voir, comme on pourrait en être tenté, dans l’usage de l’incinération une continuation de ce qui se pratiquait dans l’âge du bronze. Les tertres et les tumulus présentent assez souvent des exemples à la fois des deux modes funéraires, mais dans l’ordre inverse où ils auraient dû être placés selon l’hypothèse précédente; au milieu des collines se trouvent des tombeaux avec des squelettes enterrés avec des objets en fer, et aux alentours se rencontrent des urnes funéraires avec des cendres et des débris d’ossements humains, et également des objets en. fer. Il va

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sans dire qn’ici l’incinération a été postérieure au simple ensevelissement.

Le nombre des objets découverts successivement dans les tombeaux de cette période est assez considérable; ce sont des perles, des bagues, des fibules, des vases et de gobelets, des casseroles et des tamis, des morceaux de tissus, quelques armes, etc. Plusieurs de ces objets sont d’origine romaine, tels que les verroteries, les casseroles et les tamis, les miroirs métalliques, etc. ; il y en a même qui portent des estampilles de fabrique romaine, ce qui prouve suffisamment qu’il existait à cette époque des relations assez étendues entre les peuples de la Scandinavie et les provinces romaines du centre de l’Europe. Les monnaies frappées par des empereurs romains et recueillies, quoique rarement, dans ces tombeaux, viennent encore à l’appui de cette conclusion. Ces monnaies datent ordinairement du i®’" ou du ii® siècle ; ainsi, à Gunnerupgaard, on a trouvé une pièce de monnaie de Lucius Yérus, et à Fraugde une autre de Nerva, chacune avec des squelettes et différents objets en bronze et en fer.

Par le fait de toutes ces découvertes , en partie fort anciennes, il était bien établi que les monuments de l’âge du fer que nous venons de décrire appartenaient, au moins en partie, à une époque où les Romains possédaient le midi et le centre de l’Europe; mais comme les fouilles s’étaient bornées aux tombeaux, on n’avait pas les éléments suffisants pour indiquer approximativement jusqu’à quelle date s’était prolongée cette période. C’est ce qui explique ]’ erreur dans laquelle on était tombé en avançant que les épées particulières à toute notre époque étaient les épées à bouton en forme de trèfle qu’on

trouve ensemble avec des fibules en forme de tortue; or ces deux genres d’objets sont, comme on le sait suffisamment aujourd’hui, les spécimens caractéristiques de la dernière période du fer. Quant aux autres épées dont nous venons de parler plus haut et découvertes à Dueaas, à Bogense, à Rostrup, à Svanninge, etc., épées d’une tout autre conformation, on les considérait généralement comme de vraies énormités. Ces idées étaient entièrement inexactes; mais dans les conditions où l’on se trouvait, on ne pouvait en reconnaître le peu de fondement. Enfin la vérité fut révélée à la suite de fouilles systématiques entreprises dans les tourbières, fouilles qui nous ont fourni en effet les monuments les plus importants et les plus nombreux, et qui nous ont fait connaître toute une nouvelle période à part que nous appelons la première période du fer.

Ce n’est cependant pas d’aujourd’hui qu’en creusant la tourbe on a découvert des objets en fer. Déjà dans le siècle passé on en recueillait plusieurs que l’on serrait avec soin comme curiosités. Une partie même avait été placée au musée d’antiquités de Copenhague. Parmi ces objets, on avait observé des fragments de cottes de mailles travaillées d’après un système particulier que l’on croyait introduit seulement au moyen âge, et sur d’autres on remarquait un ornement se rapprochant de la fleur de lis française. Devant cette similitude on n’hésitait pas à attribuer ces dépôts au moyen âge. Le nombre considérable d’armes recueillies dans ces trouvailles devait faire présumer qu’elles dataient d’une période où le peuple du Danemark se servait assidûment des armes pour faire des conquêtes sur ses voisins : cela n’eut lieu que sous les Valdemars; c’est vers ce temps, croyait-on, que devaient

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être attribués ces dépôts, considérés comme des amas formés par le simple hasard.

Ce fut de iSàS à 1852 que les antiquaires danois commencèrent l’exploration de la tourbière située près du village d’Allesoe, à quelques kilomètres de la ville d’Odense, dans la Fionie septentrionale. Elle se nomme Vie-Mose, c’est-à-dire la tourbière sacrée. Le nombre des objets qu’elle recélait était fort considérable ; on en transporta la majeure partie au musée de Copenhague.

Ce fut au commencement de 1852, ou vers la fin de 1851 , que M. Worsaae, dont nous avons consulté avec tant de profit les savants travaux, et sur l’autorité desquels nous nous appuyons avec tant de confiance, observa que ces objets, bien loin de dater du moyen âge, offraient au contraire les plus grandes similitudes avec les objets en fer découverts mêlés à des objets de fabrique romaine et quelquefois aussi à des monnaies romaines des premiers siècles après l’ère chrétienne. M. Worsaae n’hésita pas à proposer une nouvelle période qu’il appela la première période du fer en Danemark, dont selon lui la marque caractéristique serait l’influence romaine. Il remarqua en outre qu’un petit objet trouvé dans le Vie-Mose portait une inscription en caractères runiques qualifiés jusqu’alors, peu exactement du reste, de runes anglo-saxonnes. M. Herbst, le savant conservateur du musée de Copenhague, qui avait dirigé les fouilles du Yie-Mose avec une grande habileté, confirma aussitôt la parfaite exactitude de la découverte de M. Worsaae; il fit observer que le musée possédait déjà un objet de parure en or portant une inscription runique gravée avec les mêmes caractères dits anglo-saxons; cet objet avait été trouvé à Straanq:) accompagné d’ossements dans une tombe qui offrait de

grandes analogies avec celles où on découvre les objets de fabrique romaine. Bref, il fut établi que les trouvailles faites dans le Vie-Mose et autres tourbières, telles que celles de Dallerup et de Vingsted, etc., dataient d’une période caractérisée d’un côté par une influence romaine bien marquée, et de l’autre par un alphabet runique assez différent de celui dont on se servait dans la dernière période du paganisme et même après l’introduction du christianisme. Toutes ces remarques furent confirmées par un grand nombre de découvertes subséquentes.

L’attention des savants se tourna aussitôt vers cette nouvelle époque, et on résolut de faire fouiller systématiquement les tourbières qui promettaient une riche moisson. Le feu roi Frédéric Ylï, qui s’intéressait si vivement aux antiquités nationales, se mit à la tête de ces recherches, et ce fut sous ses auspices que l’on commença à explorer les tourbières du duché de Slesvig, tourbières qui avaient déjà fourni à différentes reprises des objets très-curieux en fer et en bois.

Les premières fouilles furent faites dans le district d’Angel situé entre le fjord de Flensbourg et la Slie. Il y a là une petite tourbière qui porte le nom de Thorshjerg- Mose^ mot que les Allemands ont altéré en Taschberg. On commença les recherches vers la Pentecôte de l’année 1856, mais on fut plusieurs fois sur le point de les abandonner, tant les difficultés étaient grandes ; les antiquités se trouvaient à une profondeur des plus considérables et feau pénétrait constamment dans les travaux. Cependant, grâce au généreux appui du ministère du Slesvig, à la tête duquel se trouvait alors M. Frédérik Wolfhagen, on parvint à surmonter ces obstacles. Les fouilles furent continuées jusque dans l’été de 186:1 , où l’on se trouva avoir

atteint de tous côtés les limites de l’emplacement consacré au dépôt de tous ces objets.

Voici ce c[u’on retira de la tourbière (voyez B) : 2 manteaux, 1 jaquette, 2 paires de pantalons, le tout d’un tissu de laine assez grossier, en outre un grand nombre de lambeaux, 3 sandales de cuir et des fragments de plusieurs autres chaussures; puis (voyez G) 5 lames de haches, 15 manches en bois outre des fragments, 8 manches de couteaux, 19 manches d’ alênes, 3 pincettes, 2 cuillers en bois, 60 vases en argile, 15 en bois, 1 boîte en bois, plusieurs restes de paillassons, un fragment de pyrite sulfureuse, des débris de bois carbonisé, etc. On recueillit encore (voyez G et H) 4 arcs, 200 à 300 manches de flèches, plusieurs centaines de hampes de javelots, quelques fragments d’épées à deux tranchants, plus de 100 poignées d’épées, 1 fourreau d’épée, 80 garnitures de fourreaux, 3 ceintures, 160 boucliers outre un grand nombre de fragments de fourreaux, de garnitures, de ceintures, etc., les restes d’une centaine de boucliers tels que hO umbons en bronze, 2 en argent, 1 en bois, 1 autre composé de branches de saule tressées, 75 poignées de boucliers en bois, 50 en bronze; au milieu de cela, des planches en bois provenant de boucliers, des garnitures en bronze ou en argent pour des réparations, des bordures, etc., le tout en grand nombre; de plus 10 cottes de mailles, 10 plaques pour protéger la poitrine, en or, en argent, en bronze et en fer, 1 casque en bronze et 30 aiguisoirs portatifs.

On y découvrit encore (voyez!) des fragments de roues et d’autres parties de voitures, ainsi qu’une paire de guides, 1 éperon, 25 fragments de mors en bronze, 150 garnitures et 200 'ornements de harnais; plus tard

(voyez J) des massues, des râteaux et d’autres instruments d’agriculture. Enfin on y trouva 65 fibules en fer, bronze ou argent, 2 bagues, 3 pendeloques, 12 perles, 9 boutons, des fragments de bracelets, 1 en ambre, et 37 pièces de monnaies romaines.

En 1859 on attaqua une autre tourbière, celle de Nydam^ qui avait été dans les temps reculés une baie du détroit séparant File d’Alsen de la presqu’île de Sundeved;. les fouilles furent continuées jusqu’en 1863. Le roi Frédéric y assistait fort souvent, ainsi qu’à celles de Thorsbjerg. On y découvrit (voyez G) 16 lames de haches, un grand nombre de hampes, 5 haches à douille [celts) exactement de la forme usitée dans Fâge du bronze, plusieurs manches de ces haches, 80 lames de, couteaux, quelques manches, J fourreau de couteau en bois, un certain nombre d’ alênes et 35 manches en bois ou en os, h pincettes, h boîtes en bois, 1 boîte en argent, 8 vases en argile, 18 vases eû bois, des débris de seaux en bois, de paillassons tressés et de paniers en écorces d’arbres, etc. On recueillit encore (voyez G et H) liO arcs en bois, beaucoup de hampes de flèches, 150 pointes de lances en fer, 20 en os, 1 carquois en bois et la garniture d’un autre, 600 pointes de javelots et beaucoup de hampes, 107 lames d’épées de fer, 3 poignées en bois, ili autres en bois avec garniture en bronze et 10 en os, 3 fourreaux, 50 garnitures, 80 boucles, 70 umbons en fer, 2 en bronze, 1 en argent, 7 poignées d’épées en bois, h en fer, 1 en bronze, des garnitures, des bordures et un fort grand nombre de planches de boucliers, 60 aiguisoirs portatifs et quelques restes de casques. On trouva en outre (voyez I) 7 mors de cheval en bronze et en fer, 11 ornements de harnais en bronze et en argent et 7 en fer, et

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enfin 3 bateaux et des débris d’un quatrième; tous ces bateaux portaient encore une grande partie de leurs accessoires; cependant on ne découvrit pas de restes de voitures, comme à Thorsbjerg. Les instruments d’agriculture (voyez J) n’étaient représentés que par 1 faucille. Les objets de parure n’étaient pas rares; on y recueillit 9 fibules en bronze, à pendeloques en bronze et en argent, 15 perles, 2 agrafes et 5 peignes en os, et de plus 3A pièces de monnaies romaines.

Les fouilles des deux tourbières slesvigoises furent dirigées par M. Conrad Engelhard!, professeur au lycée de Flensbourg et conservateur du mmsée de la ville; les objets trouvés furent soigneusement recueillis et classés avec une extrême habileté par cet archéologue distingué, qui publia en 1863 la description des trouvailles de Thorsbjerg, et en 1865 celle des découvertes de NydamL Ces deux mémoires, considérés par tous les savants compétents comme les meilleures sources pour la connaissance approfondie de la première période du fer en Danemark, ont paru tout dernièrement réunis ensemble et traduits en anglais.

Les recherches faites dans les autres provinces danoises amenèrent des résultats non moins intéressants. Deux tourbières de Fionie, le ¥ie-Mose et le Kragehul, furent fouillées presque en même temps que celles du Slesvig; la première notamment en 1859 et 1865, la dernière en 186â et pendant les années suivantes.

Le Vie-Mose fournit des lambeaux de vêtements (voyez B), 16 lames de haches en fer (voyez G) et beau-

l. Thorsbjerg Moscfund, par G. Engelhardt; Copenhague, 1805, etc. (18 planches et plusieurs gravures sur bois dans le texte). — Nydam Mosefund, Copenhague, 1865, etc. (18 planches et plusieurs gravures};

coup de manches, 20 haches à douille et quelques manches, 1 cuiller en bois, 1 en os, 1 paire de ciseaux en fer, 1 aiguille en bronze, 1 lissoir en os, 30 alênes de fer et plusieurs hampes, 8 vases en terre, 40 en bois, différents autres objets en bois, la plupart à l’état de fragments, des paniers d’écorce, 1 briquet et 6 pyrites, 1 mesure, 2 balances et 1 clef. On y recueillit ensuite (voyez D et E) un grand nombre d’objets provenant d’ateliers, tels que billots, enclumes, pinces, forets, ciseaux, repoussoirs, rabots, limes, rivets, etc., etc. — Les armes (voyez G et H) étaient aussi fort nombreuses ; on y découvrit 5 arcs en bois et plusieurs fragments, beaucoup de manches de flèches, 70 pointes de flèches en fer et 60 en os, fragments d’un carquois, un grand nombre de hampes et 1000 pointes de javelots ; de plus, 18 épées à un tranchant et 20 à deux, 41 pointes d’épées, beaucoup de poignées partie en bois, partie en os, partie en ivoire, plusieurs fourreaux, 350 garnitures d’épées, 2 ceintures, 300 boucles, etc. Les débris des boucliers abondaient également ; c’étaient 150 umbons en fer, 1 en bronze, 5 en bois, iOO poignées en fer, 75 en bois, 8 en bronze, 3 en OS; en outre quelques bordures, et un grand nombre de garnitures et de planches de boucliers ; enfin on en retira aussi des lambeaux de cottes de mailles, 3 plaques pour la poitrine, et 40 aiguisoirs portatifs. En fait d’instruments de transport (voyez ï) on découvrit plusieurs roues de voitures, 2 mors de cheval, 1 bride en bronze, 10 garnitures, iOO ornements de harnais, 24 éperons, et . i bateau avec ses accessoires. Les objets d’agriculture (voyez J) étaient nombreux; on recueillit des râteaux, 1 pelle, 8 lames de faucilles, 1 pierre de meule. Les objets , relatifs à la parure étaient aussi assez nombreux; on

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retira 9 fibules, i bague, une vingtaine de pendeloques, 11 perles, 7 boutons, 58 peignes d’os, 1 monnaie romaine, h dés, 80 dames en os, ambre, verre et terre cuite.

La tourbière de Kragehul a donné des résultats analogues, quoique en moindre proportion; seulement il est hors de doute que ce dépôt est assez postérieur aux trois autres. Il ne s’y trouva aucune hache à douille, mais bien 1 hache ordinaire, h couteaux, 1 paire de ciseaux, plusieurs fragments de ces mêmes instruments, des vases en argent, plusieurs boîtes, 1 seau en bronze. Zi pincettes et 5 balances. Les armes étaient nombreuses; on y découvrit 2 arcs, plusieurs manches de flèches, 12 pointes de flèches en fer et 8 en os, 80 pointes et beaucoup de hampes de javelots, 10 épées et des fragments de plusieurs autres, ainsi que des restes de fourreaux, 35 garnitures et 2 boucles de ceinture. En fait de débris de boucliers, on recueillit 1 umbon, 1 bordure, 5 garnitures et beaucoup de fragments de planches ; les aiguisoirs portatifs étaient au nombre de à. — Un siècle auparavant on avait trouvé dans ce même endroit une voiture presque complète, malheureusement elle a disparu; des fouilles plus récentes n’ont amené dans ce genre (voyez J) qu’un ornement de harnais en bronze. Parmi les objets de parure il faut citer 1 bague en argent, 2 pendeloques et d’autres ornements, bon nombre de perles et à- peignes. La trouvaille de Kragehul a été décrite avec beaucoup d’érudition également par M. Conrad Engelhardt, dont l’intéressant travail est accompagné de belles planches ^

Du reste, ces découvertes ne sont pas uniques en Danemark; dans presque toutes les provinces on a

1. Kragehul Mosejïind, par G. Engelhardt; Copenhague, 18G7, etc. (avec 4 planches).

rencontré des dépôts du même genre ; par exemple, à Roemmere, dans l’île de Bornholm, à ^^illestofte, en Fionie, à Yingsted, à Dallerup, à Hedebiskooer, et dans le Trinne-Mose, près de Fuglsang, en Jutland, etc.

On s’est donné beaucoup de peine pour déterminer les motifs qui ont pu amener le dépôt de tant d’objets. Primitivement on était d’accord pour les attribuer au pur hasard. On avait aussi supposé que, des pirates ou des brigands y avaient caché là une bonne partie de leur butin; ou bien encore que c’était par crainte d’une invasion ennemie que les habitants du pays avaient enfoui leurs armes et autres objets, et que, dans ce cas comme dans l’autre, les personnes qui avaient fait ces dépôts avaient été empêchées d’aller les rechercher. Plus tard, lorsqu’on commença à étudier d’un peu plus près les objets fournis parles tourbières, on observa que plusieurs portaient des marques de coups de pique et d’autres armes, et alors on s’imagina généralement qu’une bataille s’étant livrée sur la glace, celle-ci se serait rompue, et que les combattants s’étaient alors sauvés' à la nage en abandonnant leurs armes au fond de l’eau. — Cette explication ne put être longtemps admise; les archéologues qui avaient assisté aux fouilles des tourbières, tels que MM. Worsaae, Engelhardt, Herbst et Strunck, eurent bientôt découvert que le dépôt avait été fait partout avec trop de soin pour qu’il n’y ait pas eu là une intention, et que c’est après un combat, mais avant d’être plongés dans l’eau, que les objets avaient été détériorés. M. Steenstrup, le savant naturaliste, arriva à la même conclusion par un examen attentif des squelettes de chevaux retirés de la tourbière de Nydam ; il remarqua que ces squelettes portaient des traces de 'blessures

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faites par des lames d’épées; mais ces blessures étaient de telle nature, que les animaux ne pouvaient nullement les avoir reçues pendant une bataille. Il remarqua également que les os de ces squelettes portaient des marques de dents de carnassiers; il était donc à présumer que des chiens ou des loups avaient commencé à dévorer les cadavres abandonnés pendant quelque temps sur le champ de bataille avant leur immersion dans l’eau.

Un grand nombre des objets retirés des tourbières étaient fixés au fond à l’aide de pieux; à différentes places sur les bateaux avaient été pratiqués des trous pour faciliter leur submersion, etc., etc. Personne ne pouvait douter que le dépôt n’eût été fait avec intention, très-probablement après un combat. Reste à savoir dans quel but. Rien n’est plus plausible que de supposer qu’il y a eu ici un motif religieux , d’autant plus que cette hypothèse s’accorde avec les témoignages de Strabon, de Jules César, de Diodore de Sicile, de Grégoire de Tours, du scoiiaste d’Adam de Brême et de Paul Orose. Un passage de ce dernier chroniqueur concorde si exactement avec les trouvailles des tourbières, qu’on pourrait penser que l’auteur l’a rédigé ayant ces dépôts sous les yeux.

Quant au peuple qui a fait ces assemblages d’armes et d’objets, personne ne peut douter qu’il était à demeure fixe dans le pays. Rien ne fait présumer en effet que ces objets aient appartenu à des agresseurs étrangers qui auraient été repoussés par exemple par le peuple du bronze. Tout au contraire, les tribus auxquelles ont appartenu ces objets ne peuvent avoir été autres que celles dont nous venons de décrire plus haut les nombreux tombeaux. Il paraît donc que ces dépôts tirent leur origine de guerres intestines dans lesquelles les habi-

tants du pays se seraient attaqués les uns les autres, et où le vainqueur aurait déposé en l’honneur de ses dieux une partie du butin dans les lacs. 11 se pourrait du reste que plusieurs de ces dépôts n’aient pas été faits à la suite d’un combat , mais dans des conditions plus normales et pour satisfaire aux prescriptions du culte. En effet, il ne faut pas oublier que deux des tourbières précitées dont on a retiré le plus d’antiquités sont situées justement aux environs de la ville d’Odense, c’est-à-dire Odins-ve^ le sanctuaire d’Odin, L’une d’elles, la plus remarquable de toutes, porte le nom de Vie-Mose^ la tourbière sacrée.

Revenons aux runes dont l’existence sur plusieurs monuments de l’époque que nous parcourons a été signalée plus haut. La parure de Straamp (p. 97) présente l’inscription O, signifiant probablement : a Lodor le possède. » G es mots paraissent appartenir à une des langues gothiques, idiomes qui, d’après les recherches des savants, se rapprochent plus des langues Scandinaves que des langues germaniques. Un manche de couteau provenant de Kragehul paraît présenter le mot berœ qui pourrait être le danois hœre^ a porter. » Une bouterolle d’épée offre des inscriptions runiques des deux côtés, mais elles sont fort difficiles à déchiffrer. Enfin le 27 octobre 1863, en présence du roi Frédéric ¥0, furent retirées de la tourbière de Nydam plusieurs hampes portant des runes isolées; ces runes étaient probablement, comme le sont aujourd’hui les numéros des shakos de nos soldats, une marque pour distinguer la propriété de chacun. Toutes ces runes, comme nous l’avons déjà dit, suivent un système particulier, presque semblable à celui que présente un collier en or découvert à Petrossa et exposé au palais du

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Champ de Mars, dans la section de la Roumanie; le même alphabet se rencontre aussi sur des objets trouvés près de Dijon. Tout fait présumer que cette écriture a été inventée par les Goths et que d’autres peuples, tels que les Anglo-Saxons, la leur auront empruntée.

La découverte de l’usage de ce genre de runes pendant l’époque que nous étudions ne tarda pas à conduire à une autre découverte assez importante. On examina attentivement les runes qui décorent l’une de nos deux célèbres cornes d’or, et l’on remarqua qu’une de ces inscriptions était gravée exactement selon le système offert par les petits objets que nous venons de nommer. La langue de cette inscription paraît en effet être gothique, ce qui permet d’avancer que la corne est contemporaine de ces monuments et qu’elle date d’une période antérieure à la destruction de l’empire romain d’ Occident, ou au moins du milieu du siècle.

Voici, transcrit en lettres latines, ce qu’on lit auprès de l’embouchure de cette corne. Ek hleva gastim holtingam honia tavido^ c’est-à-dire : « Moi, Hleva, j’ai donné cette corne à mes hôtes qui sont venus de Holte. »

Les deux cornes d’or furent trouvées à Gallelms, près de Moegeltaender, dans le diocèse de Ribe (Jutland). La première, qui était presque intacte, fut mise à découvert en 163à, et l’autre, qui était endommagée, mais qui por= tait en revanche l’inscription runique que nous venons de citer, fut trouvée en 1729, à une distance de 3 mètres seulement de l’endroit où l’on avait rencontré la première en 163A.

Ces cornes d or furent soustraites et fondues en 1802; mais des facsimile^ exécutés d’après les dessins qu’on en avait conservés, se trouvent dans le musée de Gopen-

hague. C’est un don du feu roi Frédéric VII; lin moulage de ce fac-similé est exposé dans le palais du Champ de Mars.

Les deux (?ornes d’or étaient des oliphants ou cornes à boire; elles servaient sans doute dans les festins pour contenir Fhydromel.

Les cornes étaient en or et entourées de plusieurs anneaux également en or partageant les monuments en plusieurs compartiments ornés de représentations partie en relief, partie gravées à la pointe. On en rencontre plusieurs qui paraissent indiquer qu’il existait, lorsque ces cornes furent fabriquées, des relations entre le Danemark et les parties orientales de l’Europe; ainsi on aperçoit des figures d’hommes à tête allongée, sans doute les macrocéphales dont parlent plusieurs auteurs des premiers siècles après notre ère, et qui, suivant eux, doivent avoir habité des contrées de l’Europe orientale. La plupart des autres représentations rappellent au contraire celles que nous rencontrons sur d’autres monuments de ladite époque et qui ont tout le caractère d’être un produit de l’industrie nationale.

Les cornes devaient être de fabrique danoise. L’existence des macrocéphales paraît indiquer que l’on connaissait déjà l’Orient et ses habitants, en d’autres termes qu’il y a eu, à l’époque à laquelle appartiennent ces deux cornes, une influence venant de l’est ou du sud-est. C’est pourquoi nous pencherions à attribuer les deux monuments à la fin de cette période, c’est-à-dire au v® siècle, alors que l’influence byzantine se faisait sentir dans le Nord, comme nous allons l’exposer dans le chapitre suivant.

La corne demeurée intacte avait une longueur de

A L’EXPOSITION ÜNIVECSELLE.

0"’,73; son diamètre à l’un des-bouts était de et à

l’autre de 0"^,06. Son poids était de 3 kil. 205 grammes; l’autre corne, quoique n’ayant qu’une longueur de 0'",Zi5 à partir de l’embouchure jusqu’à l’endroit où elle était cassée, pesait néanmoins 3 kil. 665 grammes.

Aux inscriptions runiques précitées nous pouvons en ajouter d’autres, celle, par exemple, qu’on lit sur une fibule trouvée à Baunshoei (voir Worsaae, 38à), et celle que portait une corne en bois de la tourbière de Kragehul, mais qui par malheur a disparu. Tout porte à croire que les caractères de ces inscriptions étaient les mêmes que ceux dont on s’était servi pour les inscriptions que nous avons rappelées.

Il nous reste encore d’autres inscriptions de cette époque, mais elles ne sont plus du même caractère. Gomme nous l’avons déjà dit, plusieurs objets offrent des inscriptions en lettres romaines et rédigées en latin ; ces inscriptions se trouvent partie sur des monnaies romaines et partie sur un certain nombre d’objets de fabrique romaine. Ainsi le manche d’une casserole de bronze trouvée à Ringe présente la légende Nigellio f. Sur un autre vase découvert à Noerre-Broby, se lit : Disauciis f. Les poignées d’épées offrent assez souvent des marques de fabrique sur la lame ou sur l’âme de la soie; ainsi sur une épée trouvée à Nydam se voit le mot Ricus, sur une autre Riccim^ sur une autre Cocülus et sur une quatrième Umorcd. Une autre lame provenant du Yie-Mose présente le nom de Tasvü. Sur une poignée d’épée exposée dans le palais du Champ -de Mars sous le n° 763, se trouvent deux marques de fabrique romaine; sur l’une se lit Borij comme il a été constaté par le savant directeur du musée d’archéologie du Louvre, M. A. de Long-

ilO

périer; sur l’autre les lettres sont presque effacées.

Un vase très-intéressant en verre, où l’on voit des lions et autres animaux courant au grand galop, exécutés en émail, offre les lettres D. Y. B. P. Ce vase provient de Yarpelev, en Seeland. Enfin sur un umbon, découvert à Tiiorsbjerg, on lit : AeL Aelianm^ nom qui est des plus romains. La Suède possède du reste un objet de fabrique romaine qui est encore plus intéressant que tous les objets que nous venons de citer; c’est un vase découvert en AYestmoreland en 1818, et qui porte une inscription qui nous apprend qu’il avait été dédié à Apollon Granius.

Les tombes et les tourbières nous ont aussi fourni beaucoup d’objets qui, sans porter des marques de fabrique, proviennent certainement d’ateliers romains; ce sont des vases en bronze, des casseroles, des tamis, et ensuite tous les objets en verre; car il est hors de doute que le Danemark ne possédait, pas de verreries à cette époque. Le nombre des objets de ce genre trouvés dans notre pays est fort considérable; plusieurs sont figurés chez Worsaae (n°® 296 à 320) .

Tous, qu’ils soient munis d’inscriptions ou non, doivent provenir de fabriques situées sur un point quelconque de l’Empire romain. Les lames d’épées seulement pourraient faire une exception; plusieurs des noms comme Tasvit, ümorcd, Riccim, Ricus, ne sont pas romains, mais plutôt gothiques; il se pourrait que ces épées provinssent d’un peuple de race gothique fixé sur la frontière de l’Empire et qui aurait subi une influence romaine.

Quoi qu’il en soit, il est de fait qu’un certain nombre de vases , et notamment les objets en verre , sont de provenance romaine. C’est ce qui est hors de* doiile aussi

A L’EXPOSITION UNIVERSELLE

pour une tête de Jupiter trouvée en Slesvig, et une petite figurine de modèle romain découverte à Solroed, en Seeland.

11 est incontestable que le peuple de la première période du fer en Danemark a eu des relations assez fréquentes, soit avec les Romains eux-mêmes, soit avec les populations des provinces les plus rapprochées de l’Empire; mais les monuments que nous venons d’énumérer ne nous fournissent aucune date, même approximative, pour fixer le commencement et la fin de ces rapports : ce qui semblerait nous enlever la possibilité de déterminer chronologiquement la période à laquelle nous sommes arrivé. Heureusement que d’autres monuments, aussi de provenance romaine, nous mettent à même d’établir des jalons chronologiques : ce sont les monnaies dont plusieurs centaines, toutes frappées sous les empereurs, ont été tirées du sol du Danemark.

Ces monnaies proviennent ici de tourbières, là de tombeaux, ailleurs de terres cultivées où elles se trouvent très-souvent cachées sous de grandes pierres. La valeur de ces derniers dépôts est ordinairement importante et semble indiquer que ce sont des trésors cachés dans l’intention de les déterrer plus tard; les autres dépôts paraissent au contraire avoir été enfouis pour toujours, et cela dans un but religieux.

La plupart de ces monnaies datent du lU siècle ou des vingt premières années du ni% quelques-unes aussi du siècle. Ainsi à Thorsbjerg, parmi les 37 monnaies y découvertes, la plus ancienne datait de l’an 60, et la plus récente de 197. 11 y avait lài monnaie frappée sous Néron, 1 sous Vitellius, h sous Yespasien, 1 sous Domitien, 7 sous Trajan, 6 sous Adrien, J sous Aelius, 6 sous

Antonin le Pieux, 1 à l’effigie de Faustine l’aînée, 3 de Marc-Aurèle , 2 à l’effigie de Faustine la jeune, 3 de Commode et 1 de Septime Sévère.

A Nydam furent découvertes les monnaies suivantes: 1 de Vitellius, 1 d’Adrien, 10 d’ Antonin le Pieux, k à Feffigie de Faustine l’aînée, 7 de Marc-Aurèle, 1 à l’effigie de Faustine la jeune, 2 de Lucius Vérus, 2 à l’effigie, de Lucille, 5 de Commode et 1 de Macrin; c’est-à-dire que la plus ancienne de ces 3Zj pièces de monnaie datait de l’an 69, la plus récente de l’an 218. ---A Vie-Mose on n’a recueilli qu’une seule pièce; elle est à l’effigie de Faustine.

Les tombeaux n’ont pas fourni beaucoup de monnaies; nous ne connaissons dans ce genre qu’un solidus en or de Nerva, trouvé à Frangde, un autre en argent de Lucius Vérus découvert à Gumerupgaard, un autre d’ Antonin le Pieux, recueilli à Bennebo, et de plus une imitation barbare d’un quinar en or de l’empereur Géta, qu’on a retirée d’une tombe à Aarslev. Quant aux trouvailles faites dans les champs, l’île de Bornholm en a fourni la majeure partie. Ainsi à Kundsker on découvrit sous quelques pierres 157 deniers en argent dont le plus ancien datait du règne de Néron et le plus récent de celui de Septime Sévère; à peu de distance de là on recueillit 53 deniers également en argent et datant de Trajan à Crispine; enfin dans un autre endroit, près de Kundsker, 7 deniers allant d’ Antonin le Pieux à Commode.

A Lilleborg, toujours dans l’île de Bornholm, on a découvert 16 deniers embrassant les règnes de Trajan à Commode, et dans une fouille faite sur un autre point de la même localité 1 denier de Marc-Aurèle; à Smorenge, 1 denier d’ Antonin le Pieux, de l’an J 53.

De son côté le Seeland a fourni un contingent respectable de monnaies; ainsi à Bagsvaerd ont été trouvés kk deniers du temps de Vespasien jusqu’à Macrin, et à Soelbjerg deniers depuis Tibère jusqu’à Marc-Aurèle.

11 va sans dire que chacun de ces dépôts est postérieur à la date que porte la plus récente des monnaies qu’il contient. Ainsi il est établi d’une manière irréfragable que les objets recueillis à Thorsbjerg ont été déposés après l’an 19/1, ceux de Nydam après l’année 218, ceux de Yie-Mose après la période de ihO à 175; que le tombeau de Fraugde est postérieur à l’an 98, celui de Bennebo à l/i7, celui de Gunnerup à 166, etc. Le trésor de Soelbjerg est postérieur à l’année 180, celui de Lilleborg à 192, celui de Knudsker à 202, celui de Bagsvaerd à 218.

Mais cela n’est pas encore bien précis ; il se peut que ces objets aient été déposés bien des années après la date la plus avancée de toutes ces monnaies; cependant parmi ces centaines de monnaies découvertes sur tant de lieux différents, mêlées à des objets de la première période du fer, il n’en est aucune postérieure à l’an 230. 11 est vrai du reste qu’on a trouvé en Danemark des monnaies datant justement des années qui suivent l’an 230; mais elles se rencontrent accompagnées d’objets d’une forme et d’un style assez différents des nôtres et que nous attribuons à la seconde période du fer. Il est avéré que les relations entre le peuple de la première période du fer en Danemark et les Bomains ont cessé assez brusquement, et cela peu après l’an 230.

Gela peut s’expliquer de deux manières. D’abord nous pouvons supposer que le peuple de l’âge du fer avait eu des relations suivies avec les Romains avant son immi-

gration en Danemark, alors qu’il habitait encore des contrées limitrophes de l’Empire, dans les parties orientales ou centrales de l’Europe, soit la Russie, soit la Hongrie, ou tout autre pays peuplé aujourd’hui par les Slaves. En effet, il est indubitable que ces ancêtres des Scandinaves doivent avoir traversé ces contrées avant leur arrivée dans le Nord. Ce serait au moment où ils auraient quitté leurs stations limitrophes des provinces romaines pour se diriger vers la Baltique, que leurs rapports avec les Romains auraient été interrompus. Cette interruption aurait eu lieu en 220, et, en effet, il se fit à cette date parmi les barbares qui habitaient les pays voisins de l’Empire un mouvement provoqué par la marche en avant des Goths. Le commencement de la première période du fer daterait donc à peu près du milieu du iii® siècle.

11 se pourrait aussi que l’influence romaine, que nous avons signalée comme s’étant exercée dans les pays Scandinaves, ne provienne pas des migrations du peuple de la première période du fer, mais bien des établissements militaires de l’Empire qui ont fait rayonner autour d’eux la civilisation romaine. Alors il faudrait supposer que le peuple de l’âge du fer était fixé déjà en Danemark lorsque ces rapports commencèrent à s’établir. Cette hypothèse est en effet la plus probable. Ainsi nous n’ignorons pas qu’au commencement de notre ère et encore plus souvent dans le siècle suivant, les Romains lancèrent leurs légions assez loin du côté du Nord. Ce mouvement en avant dura jusque vers l’an 220, époque où ils commencèrent à reculer peu à peu. En conséquence, on devrait s’attendre, à j^riori^ à ce que dans les pays limitrophes des provinces romaines on dût retrouver les traces d’uue influence romaine commençant à se manifester bientôt après le règne d’Auguste,

A L’EXPOSITION UNIVERSELLE. il5

influence qui aurait pris insensiblement de l’extension, principalement dans le ii® siècle, et qui se serait enfin affaiblie après l’an 230. Or, à en juger d’après les monnaies romaines, cette influence a dû se produire précisément à notre époque pour le Danemark. La monnaie la plus ancienne qu’on ait trouvée jusqu’ici date du règne de Tibère; mais les monnaies du milieu du siècle n’en demeurent pas moins rares ; à partir de la fin de ce siècle, le nombre en va croissant jusqu’à l’empereur Commode et se maintient pendant quelque temps à peu près au même niveau, néanmoins plutôt dans le sens de la diminution que de l’augmentation; après l’année 230, les monnaies disparaissent complètement. Ces proportions sont exactement celles qui conviendraient à un pays situé comme le Danemark à une certaine distance de l’Empire, et où les légions n’auraient jamais pénétré.

Suivant nous, rien n’empêche d’admettre que c’est lorsqu’il était déjà fixé en Danemark que le peuple de la première période du fer a subi cette influence romaine. Mais ici se présentent deux hypothèses : ou ce peuple venait d’immigrer en Danemark au moment où commencèrent ses relations avec les Romains; ou bien il était déjà fixé dans ce pays depuis des temps reculés, ce qui le ferait descendre directement du peuple de l’âge du bronze.

Cela n’est guère probable, car on ne possède en Danemark aucun monument de la période de transition du bronze au fer; tout fait au contraire présumer que le fer y a été apporté par un peuple tout nouveau. Cependant plusieurs savants ont observé que toute une série d’ornements en usage pendant l’âge du bronze se retrouve sur les monuments de la première période du

fer. Ce sont principalement les cercles concentriques, les enroulements en spirale, les dents de loups et les ornements ayant la forme d’une S. Ces enjolivements se rencontrent en effet sur les monuments des deux périodes, mais avec des différences assez notables, ainsi qu’il est facile de s’en assurer par un examen un peu attentif. Sur les bronzes, par exemple, les ornements présentent un plus grand nombre de cercles concentriques réunis que ceux de l’âge du fer; de plus les enroulements de l’âge du bronze sont rattachés Fun à Fautre par des courbes, ceux du fer par des lignes droites; les dents de loups enfin sont sur les monuments de Fâge du bronze des triangles isocèles; sur ceux de Fâge du fer ce sont des triangles à angle droit. Pour établir que les deux périodes se sont succédé sans transition, on a aussi allégué la coutume, commune à chacune d’elles, de brûler les morts; mais ce fait isolé est loin d’être une raison concluante.

Il ne faut pas perdre de vue que les formes nouvelles sont beaucoup plus nombreuses que les formes qui semblent présenter des analogies avec celles de Fâge du bronze ; le signe nommé, assez peu exactement du reste, signe du marteau du dieu Thor^ apparaît fréquemment sur les objets de Fâge du fer, mais jamais à l’époque du bronze. Ce symbole a été expliqué récemment dans plusieurs mémoires intéressants publiés par M. L. Müller, conservateur du Cabinet des monnaies et médailles à Copenhague.

Toutes ces formes que nous voyons employées pour la première fois lors du commencement du fer en Danemark paraissent en effet apportées à la suite de l’immigration d’un nouveau peuple conquérant. Quant à l’analogie dans l’ornementation dont nous venons de par-

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1er et qui ne peut être contestée, elle se concilie très-bien avec cette supposition d’un cataclysme. Il faut nous rappeler que les caractères de l’âge du bronze offrent dans tous les pays de grandes similitudes. Notre peuple, en effet, qui, pendant son âge de bronze, était encore hors du Danemark, devait employer des ornements ne différant guère de ceux usités dans le Danemark pendant la même période. Lorsque, n’ayant pas encore quitté ses premières demeures, il a passé du bronze au fer, ce peuple a subi une évolution organique plus ou moins lente, pendant laquelle les formes et les ornements d’une foule d’objets en bronze se sont transmis d’un âge à l’autre. Nous avons un exemple d’une semblable transition dans les monuments si curieux du peuple de mineurs dont les restes se trouvent dans les champs funéraires de Hallstadt, en Autriche.

On peut donc admettre que le fer a été importé en Danemark par un peuple nouveau qui s’est rendu maître du pays, et qui entretenait avec les Romains des relations entamées peut-être quelcfue temps auparavant. Cette immigration semble s’être produite dans la première moitié du siècle de notre ère. On peut à la rigueur la faire remonter un siècle plus haut, mais sans aller au delà, car, si nous la reculons encore d’un siècle, notre peuple qui, ainsi que nous l’avons établi, doit avoir apporté le fer avec lui, devrait avoir laissé des instruments perfectionnés avec ce métal, mais sur des modèles indigènes et en dehors de l’influence romaine, et par conséquent d’un style assez différent de celui de tous les objets de notre première période du fer. Gomme le Danemark ne présente nulle part aucun monument de ce genre, il faut bien fixer approximativement l’arrivée du

peuple du fer vers les premiers temps de l’ère chrétienne.

Tout au plus pourrait-on placer entre Fan 130 et Fan 100 avant notre ère le moment où dans sa marche en avant notre peuple s’est éloigné des confins de la république romaine. 11 y eut alors, on le sait, des migrations considérables en Europe. Les Gimbfes aussi se lancèrent sur les possessions romaines. Or il y a véritablement des analogies entre les Gimbres et le peuple de F âge du fer en Danemark. Nous avons vu que ce dernier peuple déposait au fond des lacs et des tourbières un grand nombre d’armes et d’ustensiles, sans doute ses dépouilles opimes ; au dire d’Orose (Y, 16, p. 86), les Gimbres avaient aussi cette même coutume. De plus, d’après l’opinion la plus accréditée parmi les savants, les Gimbres seraient sortis des pays limitrophes de la Baltique ou du Danemark même, théorie qui n’est cependant pas hors de toute contestation. En effet, il se pourrait que les rapports des Gimbres avec le Danemark eussent été tout autres et qu’ils ne se soient jamais beaucoup approchés de ce pays; dans cette dernière supposition ils auraient habité ailleurs, dans le voisinage du peuple qui devint plus tard celui de la première période du fer en Danemark, et qui était de la même souche qu’eux. Vers Fan 120 ils se seraient séparés : les Gimbres, pour se jeter sur les possessions romaines, notre peuple pour se diriger vers le nord. G’ est alors qu’il peut avoir noué avec les provinces romaines ses premières relations , qu’il aura continuées rnême après avoir traversé la Baltique et s’être fixé en Danemark et dans les autres pays Scandinaves.

Quoi qu’il en soit, il se peut que le peuple de la pre-

A L’EXPOSITION UNIVERSELLE

mière période du fer ait été de race gothique, et qu’il soit issu de la même souche que les ancêtres des Scandinaves modernes. Cependant il ne nous semble guère probable que nos aïeux descendent directement du peuple de la première période du fer; nous croyons qu’ils ont conquis le pays sur lui , sans toutefois le faire disparaître complètement.

Plusieurs raisons portent à croire que le peuple de la première période du fer a été une tribu gothique. Ainsi les mots retrouvés sur la corne d’or et la parure de Straarup sont de nature gothique; c’est aussi à la langue gothique qu’appartiennent plusieurs des noms inscrits sur les épées précitées, épées probablement fabriquées sur la frontière de l’Empire romain par un peuple goth qui doit avoir eu de nombreux rapports avec celui de l’âge du fer en Danemark , ce qui permettrait de croire leur origine commune. Ajoutons encore que d’après les relations des auteurs latins les Goths différaient beaucoup des peuples germains. D’après tout ce que nous connaissons sur eux, leur manière de vivre se rapprochait beaucoup de celle des anciens Scandinaves; leur civilisation était bien inférieure à celle des Romains, qu’ils étaient cependant, beaucoup plus qu’aucun autre peuple barbare, susceptibles de perfectionner. Or nous avons vu précisément que le peuple du premier âge du fer n’avait pas hésité à employer les formes industrielles et artistiques en usage chez les Romains.

Les monuments écrits qui appartiennent , il est vrai, à des temps postérieurs, mettent assez souvent, quoique d’une manière indirecte, les Goths en relations avec la Scandinavie; ainsi Jutland se nomme Reid-Gothland; la grande île de la Baltique s’appelle encore aujourd’hui

Gotlîland, qui est aussi le nom actuel d’une province considérable dans le centre de la Suède.

Bref, il nous paraît hors de doute que le peuple de la première période dite du fer est un peuple de race gothique dérivé de la même souche que les ancêtres des Scandinaves, et se fixant en Scandinavie où il a pénétré vers le commencement de l’ère chrétienne. Ce peuple pratiquait la coutume tantôt de brûler, tantôt d’enterrer les morts, et il déposait assez souvent, surtout après ses victoires, des masses d’objets de toute nature soit dans les lacs, soit dans les tourbières.

Terminons ces considérations par la nomenclature des objets de la vie quotidienne et des produits de l’industrie et de Fart en usage chez le peuple de la première période du fer en Danemark. Nous les avons classés dans l’ordre que nous avons adopté pour les autres époques (voyez pages 31 à 35 et à Zi 5 du présent opuscule).

A. Habitations. Construites en bois comme autrefois, elles étaient probablement plus vastes et plus commodes que dans les périodes précédentes. On a recueilli une clef dans le Yie-Mose, mais il est impossible de dire si cette clef appartenait à une porte ou à un fermoir quelconque. Le musée possède un certain nombre de clefs datant toutes de la dernière période de l’âge du fer (Worsaae, n“® Zs65 et A66).

B. Vêtements. Tout porte à croire que l’on portait encore des vêtements de. peau, ou plutôt de cuir; mais la laine jouait certainement un rôle beaucoup plus important qu’autrefois. Nous possédons un certain nombre de fragments de tissus ordinairement fabriqués avec beaucoup de régularité; ils sont munis de bordures et de franges (voyez par exemple n® 855 de

A L’EXPOSITION UNIVERSELLE

l’Exposition, et Engelhardt, Thorshjerg^ pl. 1 et 2).

Voici les pièces d’habillement dont nous possédons les restes :

1. Tuniques. Elles ont à peu près la forme d’une chemise. L’exemplaire le mieux conservé se compose de deux morceaux de tissu cousus ensemble; les manches ont une longueur de 0'",56. La longueur totale de la tunique est de 0'",88, la largeur de 0"’,57 (voyez Engelhardt, Thorsbjerg^ pl. 1).

2. Pantalons. Ce sont, comme pour la tunique, deux pièces cousues ensemble; à l’extrémité de chaque jambe sont attachés par une couture des bas de même étoffe {Thorsbj erg ^ pl. 2).

3. Manteaux. Ils sont formés d’une seule pièce d’étoffe carrée ou rectangulaire; la longueur d’un des plus beaux spécimens que nous possédions est de i‘'^,30, la largeur de plus d’un mètre; on remarque dans le bas des franges longues de 0‘",07. Le manteau se fixait, comme la toge, par une fibule au-dessus de f épaule droite.

h. Sandales. Nous en possédons plusieurs en cuir offrant sur le côté des ornements que la marche rendait apparents [Thorsbjerg^ pl. 3).

G. Instruments pour la vie quotidienne.

1. Haches. On rencontre ici deux types principaux : {a) la hache à douille dans le sens de la longueur, et (è) la hache avec trou pour l’emmanchement dans le sens de la largeur.

Le premier type, prédominant dans l’âge du bronze (p. 70), devient à notre époque de plus en plus rare; mais en revanche nous possédons ces haches entières avec leurs manches en bois assez grossièrement façonnés, et dont la longueur varie de 0'",58 à 0'",85, On voit que le

LE DAP^EMARK

tranchant a toujours été parallèle au manche (voyez Nydam^ pl. 15, et le n° 820 de l’Exposition) .

Le second type se rapproche davantage de nos haches modernes; on y remarque un trou assez profond pour l’emmanchement, pratiqué dans le sens de la largeur. Le biseau a une longueur moyenne de 0‘",17. Il faut comparer du reste les spécimens figurés chez Worsaae, sous le n° 337, et sous le n° 819 de l’Exposition.

2. Couteaux. Ils présentent des formes assez diverses. La lame a ordinairement une soie recourbée à l’extrémité, pour empêcher que le fer ne sortît du manche {Nydamy pl. 15, n""® 6 à 8).

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