Voyez Matériaux, etc., t. III, p
A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
d’antiquités à Copenhague proviennent également des fouilles d’Anholt. (Voyez les n°® 2 à 6.)
Ces dépôts sont généralement considérés comme des restes d’anciennes fabriques ou ateliers où l’on taillait le silex, point sur lequel nous reviendrons.
La découverte de stations lacustres en Danemark date de l’été de 1859. Les eaux du lac de Maribo, dans le Laaland, se trouvèrent alors fort basses, et l’on vit apparaître plusieurs îlots, où un grand nombre de silex furent découverts par M. Wichfeld. M. Worsaae, qui visita aussitôt la localité en compagnie de M. Wichfeld, y observa bientôt un grand nombre de pieux ou pilotis^ qui cependant ne semblaient pas arrangés en lignes d’une manière assez régulière pour -qu’on pût présumer qu’ils eussent supporté autrefois des palafittes. Toutefois il semblait probable qu’ils remontaient à une époque fort reculée. Dans l’intérieur du duché de Slesvig se trouvent des lacs tels que ceux de Hostrup et de Juel, où existent un grand nombre de silex taillés, témoignage du campement des habitants primitifs au bord de ces eaux.
Nous allons maintenant dresser^ à l’aide des objets trouvés dans les kioekkenmoeddings et des dépôts analogues, l’inventaire de l’industrie à laquelle étaient parvenues ces peuplades.
A. Habitations. Ces peuplades demeuraient sans doute dans des huttes en bois dont il ne reste aucun vestige. H se pourrait qu’elles aient habité aussi des palalittes (voyez p. 19). Plusieurs débris de cuisine contiennent des restes d’anciens foyers, mais nous ne savons pas si ces foyers existaient à l’intérieur des habitations ou en dehors.
B. Vêtements. Les hommes de ce temps s’habillaient
sans doute de peaux, prises principalement sur les animaux qu’ils tuaient et dont ils mangaient la viande et la moelle.
G. Instruments et ustensiles pour la vie de tous les jours.
1. Haches triangulaires ^ dont la base n’a ordinairement que 0'",06 de longueur moyenne et 0™,08 de hauteur. Le tranchant a été fait par l’enlèvement d’un éclat de chaque côté, mais l’un plus grand que l’autre. La ligne où se rencontrent les deux éclats forme le biseau. Ces haches sont très-fréquentes dans les kioekkenmoeddingsi voyez n°® 9àllet5ià55de l’exposition, et Worsaae, p. 9, n°2. Selon M. Steenstrup, ces objets doivent avoir été des dents de râteaux à l’aide desquels on arrachait les huîtres, ce qui nous paraît moins probable.
2. Haches plus grandes et également de forme triangulaire; la longueur est en moyenne de 0'",20 et la base qui forme le biseau de 0'",10 environ. Les deux côtés sont également aiguisés, de sorte que nous avons trois tranchants.
3. Couteaux formés par des éclats de silex enlevés des nucléus. Ils offrent ordinairement deux tranchants; la longueur moyenne est de 0“*,07; voyez n°® 30 à 35 et 65 à 79 de l’exposition, et Worsaae, p. 15, n° 61. On les rencontre aussi dans les dolmens.
h. Nodules de silex qui ont sans doute servi pour briser les os, etc. Cependant on pourrait aussi les avoir employés à d’autres usages, comme projectiles par exemple pour la chasse. L’existence de ces nodules dans les tourbières et dans les terres cultivées donne au moins assez de probabilité à cette supposition.