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foged. Dans chaque commune, il y a un conseil municipal; à la campagne, il se nomme Forstanderskahj et dans la ville Borgerreprœsentantskab, Le conseil municipal dirige les affaires intérieures de la commune, choisit dans son sein son président et nomme à divers emplois. Chaque commune rurale possède en outre un sognefoged chargé de maintenir le bon ordre.
A côté du bailli se trouve un conseil de préfecture {Amtsraad) qui s’occupe des affaires intérieures qui sont communes à toute la préfecture ; c’est avec lui aussi que communiquent les conseils municipaux.
Le recensement se fait régulièrement tous les cinq ans, mais en 1865 il n’y fut pas procédé par suite de la guerre de I86Z1.
La population du royaume de Danemark était en 1860 de 1,611,969 âmes, non compris les colonies (Island, Croënland, les îles de Fœroë et trois des Petites-Antilles). Plus tard, en 186A, plusieurs districts du Jutland (27 paroisses) ont été cédés, mais en revanche d’autres qui formaient autrefois une partie du duché de Slesvig ont été incorporés au royaume. Cette incorporation eut lieu aussi pour l’île d’Aeroe. D’un autre côté nous savons que dans la période quinquennale de 1855 à 1860 la population s’est accrue de 100,999 individus, c’est-à-dire de 6 2/3 pour 100 pendant ce laps de temps, ou de 11/3 pour 100 par an. Malgré les pertes considérables occasionnées par la guerre de 186/j, l’augmentation pendant ces dernières sept années et demie, si l’on se reporte aux données statistiques publiées par les diveises autorités du royaume, ne peut être jugée inférieure à celle des années précédentes.
Le nombre des habitants du royaume peut donc,
sans exagération aucune, être évalué à 1,750,000 âmes.
Si l’on ajoute aux chiffres qui ont été donnés plus haut les 1^25,000 habitants des colonies danoises, on aura un total de J, 875, 000 âmes pour les sujets du roi de Danemark.
En 1860, il y avait dans les îles danoises 908,156 et dans le Jutland 703,813 âmes. La population des îles s’est accrue, de 1855 à 1860, de Zi3,/i23 et celle du Jutland de 57,576 âmes. On peut donc estimer le total des liabitants des îles à 975,000 et celui des habitants du Jutland à 775,000.
La superficie du Jutland étant de 25,000 kilomètres carrés (voir p. 2), il y a donc en moyenne dans cette province une population de 31 habitants par kilomètre carré; dans les îles, non compris la capitale, on en compte 57,5 par kilomètre carré, et avec Copenhague 70.
En moyenne, sur 1,000 individus, 221 résident dans les villes, et 776 dans les campagnes.
Les villes principales sont, en Seelancl : Copenhague, capitale du royaume, 170,000 habitants; Elseneur, 9,000; Roeskilde et Slagelse, 5,000 environ; Nestved, 1,000; lîolbek, Rallundborg, Rioege, Frédériksborg et Rorsoer, 3,000; Vordingborg etRingsted, 2,000; enFionie: Odense, 11,000; Svenborg, 6,000; Nyborg et Assens, 1,000; Faaborg et Middelfart, 3,000; sur l’île de Laaland : Nakskov, 1,000; l’île de Falster : Nykjoebing, 1,000; l’île de Rornholm : Roenne, 6,000; en Jutland : Aarluis, J 2,000, Aalborg, Randers, Horsens, 10,000; Yiborg, Veile, holding, 5,000; Ribe et Thisted, 1,000; Hjoerring, 3,000, etc.
En 1855, on comptait dans la capitale 113,591 habitants, dans les autres villes 185,020, et dans les rarni)agnes 1,17:1,239; en 1860, à Copenhague, 155,113,
LE DANEMAflK
dans les autres villes 20A,063, et dans les campagnes 1,2a, 3A5.
Sur 1,000 habitants, hommes, femmes et enfants, on estime que vivent de ragriculture, 217 de l’industrie, 150 de travaux journaliers et manuels, AO du commerce, et 28 de la navigation, de la pêche, etc.; 2/1 vivent d’emplois civils, 11 d’emplois militaires, 17 de l’exercice de l’enseignement ou de fonctions ecclésiastiques, 17 de rentes et pensions, 6 de l’art et de la science; 20, par suite de leur indigence, sont à la charge des communes ; enfin le chiffre des détenus pour crimes ou délits est de 1,6 pour 100.
Nous avons cm qu’il ne serait pas sans intérêt d’ajouter aux renseignements statistiques qui précèdent le relevé numérique des personnes subsistant en 1860 du produit des professions ci-dessous, professions exercées soit par les pères, soit par les mères de famille :
En Danemark, 31,000 personnes subsistent du produit du métier de forgeron, 30,700 de celui de tisserand, 25,700 de celui de cordonnier, 25,500 de celui de charpentier, 21,900 de celui de tailleur, 21,000 de celui de couturière, 23,000 de celui de menuisier, 20,000 de celui de maçon, 17,000 de celui de meunier, 12,000 de celui de fabricant de sabots, 10,000 de celui de charron, etc.
On estime qu’il y a parmi ces artisans 85,000 patrons et 13,000 compagnons. Hors de la ville de Copenhague la proportion des compagnons aux patrons est de 1 à 2; mais dans la capitale le nombre des compagnons l’emporte de beaucoup sur celui des patrons.
La proportion entre les deux sexes est de 1,018 pour les femmes et de 1,000 pour les hommes. Le sexe féminin est plus nombreux à Copenhague que partout ailleurs.
A L’EXPOSITION UNIVERSELLE. \1
La mortalité est en moyenne de 2,23 pour 100; à Copenhague elle est de 2,7/i, et un peu plus forte pour les hommes que pour les femmes.
Les recettes et dépenses du budget de l’État pour Fannée 1867-1868 s’élèvent à un total de 6Zi millions de fr. (voyez le tableau I à la fin du présent essai). Nous en donnons ici le relevé pour la période financière du 1^’’ avril 1866 au 31 mars 1867 :
Voici d’abord les recettes : Titres et créances appartenant à l’État 3,892,000 fr., domaines 1,7^1,700 fr., impôts directs Ll, 3â3, 300 fr., douanes, etc,, 20,846,500 fr., impôts indirects divers, 4,524,800 fr., postes et télégraphes 209,000 fr., loterie de l’État 410,700 fr,, revenus des Antilles 145,600 fr., revenus de l’Islande et du Groenland 187,600 fr., apport des duchés pour le payement de la dette nationale 5,823,000 fr., recettes diverses 6,705,000 fr., émission de bons sur le Trésor
11.200.000 fr., somme prélevée sur le fonds réservé 5,633,800 fr., reste de la part incombant au Jutland pour l’impôt de la guerre, 120,000 fr.; ce qui donne un total de 72,783,000 fr.
Les dépenses ont été pendant la même année : liste civile 1,400,000 francs, apanages 740,000 francs, ministères des affaii^s étrangères 433,000 fr., des finances
2.535.000 fr., de la guerre 8,330,000 fr., de la marine 4,4^5,000 fr., de l’intérieur 7,300,000 fr., de la justice
2.823.000 fr., des cultes 1,057,000 fr., traitement des ministres, etc., 135,800 fr., le lUgsdag, 437,000 fr. , pensions 4,840,000 fr., pensions pour invalides, etc.,
932.000 fr. , rente et amortissement 32,556,000 fr., dépenses diverses 3,010,200 fr., total 70,944,000 fr.
Il faut remarquer que le traitement des ecclésiasti-
LE DAMliViAUk
iSO
ques n’est pas compris dans cette énumération ; il y est pourvu à l’aide de la dîme et de propriétés foncières affectées à cet usage.
Les instituteurs primaires sont rétribués d’une manière analogue; ils touchent un traitement de la commune et ont l’usufruit de terres appartenant à l’école.
Le budget de Copenhague est de Zi, 318, 000 fr., dont 3 millions i /*2 sont couverts par des impôts directs. Le total des recettes de toutes les autres communes était en 1863 de 15,820,000 francs, dont O millions 1/2 environ provenant d’impôts directs.
La dette publique s’élève à 365,700,000 fr. Du reste, il faut remarquer que les duchés, depuis la paix de Vienne, sont devenus redevables envers le Danemark de la somme de 81,200,000 francs, dont ils payent les intérêts. Les titres et les créances de l’État se montent à 120 millions environ. La dette reste donc en réalité au-dessous de 165 millions de francs.
La guerre qui vient de finir n’a pas peu contribué à augmenter la dette publique, qui, de 350 millions en 1858, était descendue en 1863 à 296 millions; mais en 186Zi, pendant la guerre, elle s’éleva à 347, et en 1865 à 376 millions de francs.
Le service militaire, l’organisation de l’armée, viennent d’être définitivement réglés; un projet de loi sur cette importante matière a été voté tout récemment par le Rigsdag. D’après cette nouvelle loi, tous les citoyens reconnus aptes au service sont appelés à prendre part à la défense du pays, et personne ne peut être promu au grade d’officier avant d’avoir fait le service et appris l’exercice de simple soldat, et avant d’avoir été officier dans la réserve.
A L’iiXPOsrriON univekselli:.
L’effectif de l’armée sera porté à Z|0,000 hommes. 11 comprendra /lO bataillons d’infanterie, dont 20 de ligne, 10 de réserve et 10 de supplément. Vient ensuite la garde royale, qui comprend un bataillon; un autre bataillon de réserve sera formé en cas de guerre. La cavalerie sera de 5 régiments à 2 escadrons. En cas de guerre, il en sera organisé un troisième. L’artillerie de campagne comprendra 2 régiments (à 8 batteries), et il y aura 2 bataillons destinés à la défense des places; il faut encore ajouter les corps du génie, du train, etc.
L’infanterie sera de 17,200 hommee, la cavalerie, de 1,300; l’artillerie de campagne comptera l,5/i0 hommes, et celle des forteresses 2,4/i0; le corps du génie sera composé de 520 hommes, etc. La réserve comprendra 10,000 hommes, le supplément également 10,000.
La marine royale de guerre se compose de 3 frégates cuirassées, 2 batteries également cuirassées, 1 vaisseau de guerre à hélice, h frégates, 3 corvettes et [plusieurs bâtiments plus petits, tous à hélice. La flotte cuirassée porte 1,700 hommes, 55 canons, et sa force est de 2,095 chevaux-vapeur. La flottille à hélice, armée de 29A canons, a une force de 3,240 chevaux-vapeur et est montée par 3,500 hommes.
Les cadres des équipages permanents, etc., sont de 1,400 hommes (y compris les officiers). Les autres matelots et soldats pour la marine royale sont fournis par les navigateurs, les pêcheurs et la population des côtes en général. Le reste des citoyens est affecté au service ordinaire de l’armée.
Si nous passons aux tribunaux civils et criminels, nous voyons en Danemark trois instances.
Dans les campagnes, le sous-préfet {herredsfoged]^
principal fonctionnaire civil, en même temps qu’il est directeur de la police, constitue à lui seul le tribunal inférieur. Cette organisation est la même pour toutes les villes.
Pour en appeler de ses jugements, on s’adresse à la cour supérieure. Il y a deux cours supérieures : une à Copenhague et une à Yiborg. Dans la capitale, toutes les causes sont portées directement devant la cour sans passer devant les juges inférieurs.
La cour suprême du royaume siège à Copenhague; le roi a le droit de faire grâce aux condamnés et de commuer les peines.
Les procès portés devant les juges inférieurs et devant les deux cours supérieures se traitent en partie par écrit, en partie par la parole; devant la cour suprême, la plaidoirie seule est admise.
La religion que professent la plupart des habitants du pays est la religion protestante (confession d’Augsbourg). On compte environ vingt mille dissidents, tels que catholiques, juifs, mormons.
Le nombre des églises paroissiales est de 1,820. Assez souvent il n’y a qu’un ministre pour deux ou même pour trois paroisses; mais dans les paroisses importantes il y a quelquefois plusieurs pasteurs.
Les ministres sont nommés par le roi.
Le Danemark est divisé en 7 diocèses, dont h en Jutland et 3 dans les îles; à la tête des diocèses se trouvent des superintendants ou évêques.
L’ens.eignement est obligatoire et gratuit. Chaque paroisse a au moins une école primaire, administrée par la commune sous le contrôle de l’État. Le nombre des écoles primaires dépasse 2,600; dans les plus considé-
râbles, il y a deux ou même plusieurs instituteurs, ïl est de règle que dans chaque école où le nombre des écoliers excède 100 on nomme un instituteur adjoint, Le nombre total des instituteurs est de 2,900.
Dès l’âge de sept ans les enfants doivent être envoyés à l’école, qu’ils sont obligés de fréquenter jusqu’à quatorze ans. Pendant les trois premières années ils restent dans la première classe, pour passer ensuite les quatre dernières dans la seconde. Dans celle-ci on réduit pendant la saison d’été de quatre à deux jours par semaine le|temps que l’enfant doit consacrer à l’école, afin que les parents puissent se faire aider par eux dans les travaux des champs. L’été, les enfants de la première classe, au contraire, fréquentent l’école quatre fois par semaine; Fhiver, ils n’y vont que deux fois. Dans la première classe on enseigne à lire, à écrire et les premiers principes de la religion et de l’arithmétique, et dans la seconde l’orthographe et les éléments de l’histoire et de la géographie; de plus on enseigne le chant et les garçons font des exercices gymnastiques. Les examens ont lieu deux fois par an en présence de délégués de la commune. Les écoles sont en outre soumises à l’inspection du pasteur de la paroisse et du prévôt du district.
Les instituteurs primaires reçoivent leur, instruction dans des écoles normales^ celles-ci sont au nombre de cinq. Ils y entrent à dix-huit ans et y restent trois ans; avant d’y être admis, ils doivent avoir été suppléants dans une école publique pendant un certain temps.
Indépendamment des écoles primaires communales, il en existe encore d’autres, tant à la campagne que dans les villes, qui ont été fondées et qui sont entretenues par des particuliers. A Copenhague, les écoles sont
payantes; mais il y en a aussi de gratuites pour les enfants indigents. Le nombre des écoles supérieures fréquentées par de jeunes paysans âgés de plus de dixsept ans est aujourd’hui fort considérable. On y enseigne principalement la littérature et Thistoire nationale, la géographie et les éléments des sciences naturelles.
Dans les villes, on compte d’autres écoles supérieures où l’on reçoit un enseignement plus étendu que dans les écoles primaires; les enfants y entrent à huit ans environ et y restent parfois jusqu’à dix-sept. Quelquesunes de ces écoles sont aux frais de l’État; d’autres sont entretenues par des particuliers.
A Copenhague, il y a plusieurs établissements pour perfectionner l’instruction des élèves sortis des écoles primaires; les leçons y sont données le soir et le dimanche.
Le nombre des lycées est de 13. Le temps des études est de huit ans. On y entre à dix ans. Les élèves qui à dix-huit ans ont passé leur dernier examen sont admis à l’Université. Copenhague possède aussi des gymnases particuliers du même genre.
L’Université de Copenhague, seule, est fréquentée par 1,200 étudiants; 200 élèves nouveaux environ sont inscrits chaque année.
Le nombre des professeurs est : pour la théologie de 5, pour le droit de 6, pour la médecine de 11, pour les sciences philosophiques de 19, et de 10 pour les mathématiques. 11 y a de plus une école polytechnique où 70 jeunes gens étudient la mécanique, la chimie et la physique, etc,; le personnel des professeurs est de 13. Une autre école supérieure, où l’on étudie l’agriculture, les sciences vétérinaire et forestière, etc., compte 16 professeurs et beaucoup d’étudiants.
A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
Les officiers d’état -major, de génie et d’artillerie font leurs études dans une école supérieure militaire à Copenhague ; pour les officiers de la marine , il y a également une école dans cette capitale.
L’Académie des Beaux-Arts se compose de 10 professeurs. A cet établissement est attachée une espèce de Conservatoire pour le perfectionnement des jeunes artisans, qui peuvent en outre apprendre à dessiner, modeler, etc., dans un institut technique spécial. Cette création, qui date de 18/s3, est très-utile à l’industrie danoise.
On compte aussi diverses institutions royales pour les aveugles, les sourds-muets, les aliénés, etc.
Plusieurs des instituts scientifiques que nous venons de citer, notamment F Université, l’Académie des Beaux- Arts et d’autres établissements, possèdent un grand nombre de bourses fondées par des particuliers; ces bourses sont destinées à faciliter aux jeunes gens la fréquentation de ces instituts, et à leur permettre d’aller ensuite se perfectionner à l’étranger.
Le fonds de Claesen possède plus de 5 millions de francs; celui de Beiersen est de 1,300,000 francs. Tous deux sont aOectés aux progrès de l’industrie nationale.
Copenhague possède un théâtre royal qui reçoit une subvention annuelle de l’État.
Les sociétés savantes existent en assez grand nombre : citons l’Académie des sciences de Copenhague, la Société des antiquaires du Nord, la Société royale d’histoire, la Société royale de médecine, etc.
Nommons encore la Société d’encouragement pour l’industrie, la Société royale d’économie rurale, la Société pour la navigation, etc.
C’est principalement à ces deux premières sociétés